Sujet national, juin 2026, exercice 2

Exercice sur 4 points
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
1. 
L'espace est muni d'un repère orthonormé (O\, \textit{;}\, \vec{i},\, \vec{j},\, \vec{k}).
On considère :
• la droite (d) dont une représentation paramétrique est :
\left\{\begin{matrix}x\, =\, t \\y\, =\, -\, 1,5\, -\, t \, \, \textrm{o}\grave{\textrm{u}} \, \, t\, \in \, \mathbb{R} \\z\, =\, 2\, -\, 2t \\\end{matrix}\right. ;
• les points A (3 ; 0 ; 2) et B(2 ; 1 ; −3) ;
• le plan (P) d'équation : −xy − 5z − 0,5 = 0.
a. Affirmation 1 : Le plan (P) est orthogonal à la droite (AB), et passe par le milieu du segment [AB].
b. Affirmation 2 : Les droites (d) et (AB) sont sécantes.
c. On considère le point C de coordonnées (1,5 ; −3 ; −1).
Affirmation 3 : La mesure de l'angle \widehat{ACB}, arrondie à 10−1, est égale à 70,5°.
2. 
Titouan et Clotilde participent à un escape game. Ils se retrouvent dans une salle possédant deux portes de sortie, A et B, chacune protégée par un digicode équipé de 8 touches portant des symboles différents :
• le digicode de la porte A utilise un code de 3 symboles différents devant être saisis dans l'ordre ;
• celui de la porte B utilise un code de 4 symboles différents qui peuvent être saisis dans n'importe quel ordre.
N'étant pas parvenus à obtenir d'indices, ils décident de procéder au hasard à la saisie des codes. Clotilde choisit un code pour la porte A, et Titouan choisit un code pour la porte B.On considère que les choix des codes sont équiprobables.
Affirmation 4 : Titouan a plus de chances d'ouvrir sa porte que Clotilde.

Corrigé

1. a. 
Soit E le milieu de [AB]. On a :
E\left ( \frac{x_{A}\, +\, x_{B}}{2}\, ;\, \frac{y_{A}\, +\, y_{B}}{2}\, ;\, \frac{Z_{A}\, +\, Z_{B}}{2} \right )
E\left ( \frac{3\, +\, 2}{2}\, ;\, \frac{0\, +\, 1}{2}\, ;\, \frac{2\, +\, (-3)}{2} \right )
E\left ( \frac{5}{2}\, ;\, \frac{1}{2}\, ;\, -\frac{1}{2} \right )
Vérifions si E appartient au plan (P) ; cela revient à vérifier si les coordonnées de E vérifient l'équation cartésienne proposée pour (P).
On a : -x_{E}\, +\, y_{E}\, -\, 5z_{E}\, -\, 0,5\, =\, -\frac{5}{2}\, +\, \frac{1}{2}\, -5\, \times \, (-\frac{1}{2})\, -\, 0,5\, =\, 0.
Donc on a bien E\, \in \, (P).
Vérifions maintenant si (P) est orthogonal à (AB).
On rappelle que si (P) a pour équation cartésienne ax + by + czd = 0 alors \vec{n}\begin{pmatrix}a \\b\\c\end{pmatrix} est un vecteur normal à (P).
Un vecteur normal à (P) est donc \vec{n}\begin{pmatrix}-1 \\1\\-5\end{pmatrix} car (P) : −x + y − 5z − 0,5 = 0.
La droite (AB) est dirigée par le vecteur \overrightarrow{AB}. Déterminons les coordonnées de \overrightarrow{AB} :
\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}x_{B}\,-\, x_{A} \\y_{B}\,-\, y_{A}\\z_{B\,-\, z_{A}}\end{pmatrix}
\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}2\, -\, 3 \\1\, -\, 0\\-3\, -\, 2\end{pmatrix} ; \overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}-1 \\1\\-5\end{pmatrix}
On observe que \overrightarrow{AB}\, =\, \vec{n} ; ces deux vecteurs sont égaux et donc colinéaires.
Ainsi la droite (AB) est orthogonale au plan (P) ou encore le plan (P) est orthogonal à (AB).
L'affirmation 1 est donc vraie.
b. Déterminons une représentation paramétrique de (AB) :
(AB):\, \left\{\begin{matrix}x\, =\, x_{A}\, +\, x_{\overrightarrow{AB}}\, \times \, k \\y\, =\, y_{A}\, +\, y_{\overrightarrow{AB}}\, \times \, k,\, k\, \in \, \textrm{R}\\z\, =\, z_{A}\, +\, z_{\overrightarrow{AB}}\, \times \, k\end{matrix}\right.
(AB):\, \left\{\begin{matrix}x\, =\, 3\, +\, (-1)\, \times \, k \\y\, =\, 0\, +\, 1\, \times \, k, \, k\, \in \, \textrm{R}\\z\, =\, 2\, +\, (-5)\, \times \, k\end{matrix}\right.
(AB):\left\{\begin{matrix}x\, =\, 3\, -\, k \\y\, =\, k,\,k\, \in \, \textrm{R}\\z\, =\, 2\, -\, 5k\end{matrix}\right.
Pour déterminer si (AB) et (d) sont sécantes, on résout le système :
\left\{\begin{matrix}t\, =\, 3\, -\, k \\-1,5\, -\, t\,=\, k\\2\, -\, 2t\, =\,2\, -\, 5k\end{matrix}\right.
Par substitution, on va remplacer t par 3 − k dans la deuxième et la troisième équation :
\left\{\begin{matrix}t\, =\, 3\, -\, k \\-1,5\, -\, (3\,-\, k)\, =\, k\\2\, -\, 2(3\, -\, k)\, =\, 2\, -\, 5k\end{matrix}\right.
\left\{\begin{matrix}t\, =\, 3\, -\, k \\-1,5\, -3\,+\, k\, =\, k\\2\, -\, 6\, +\, 2k\, =\, 2\, -\, 5k\end{matrix}\right.
\left\{\begin{matrix}t\, =\, 3\, -\, k \\0k\, =\, 4,5\\7k\, =\, 6\end{matrix}\right.
L'équation 0k = 4,5 n'admet aucune solution, donc les droites (AB) et (d) ne sont pas sécantes.
L'affirmation 2 est donc fausse.
c. 
Un outil utilisé pour déterminer une mesure d'un angle géométrique dans l'espace est le produit scalaire.
L'angle \widehat{ACB} est l'angle formé par les vecteurs \overrightarrow{CA} et \overrightarrow{CB}.
On a : \overrightarrow{\mathbf{CA}}\mathbf{.}\overrightarrow{\mathbf{CB}}\, =\, \left\| \overrightarrow{\mathbf{CA}}\right\| \, \times \, \left\| \overrightarrow{\mathbf{CB}}\right\| \, \times \, \mathbf{cos\mathrm{}}(\widehat{\mathbf{ACB}})
Déterminons les coordonnées des vecteurs \overrightarrow{CA} et \overrightarrow{CB} :
\overrightarrow{CA}\begin{pmatrix}3\, -\, 1,5 \\0\, -\, (-3) \\2\, -\, (-1)\end{pmatrix} ; \overrightarrow{CA}\begin{pmatrix}1,5 \\3 \\3\end{pmatrix} ; \overrightarrow{CB}\begin{pmatrix}2\, -\, 1,5 \\1\, -\, (-3) \\-3\, -\, (-1)\end{pmatrix} ; \overrightarrow{CB}\begin{pmatrix}0,5 \\4 \\-2\end{pmatrix}
On peut en déduire le produit scalaire de ces deux vecteurs grâce à la formule analytique :
\overrightarrow{CA}.\overrightarrow{CB}\, =\, x_{\overrightarrow{CA}}\, \times \, x_{\overrightarrow{CB}}\, +\, y_{\overrightarrow{CA}}\, \times \, y_{\overrightarrow{CB}}\, +\, z_{\overrightarrow{CA}}\, \times \, z_{\overrightarrow{CB}}
\overrightarrow{CA}.\overrightarrow{CB}\, =\, 1,5\, \times \, 0,5\, +\, 3\, \times \, 4\, +\, 3\, \times \, (-2)\, =\, 6,75
On calcule ensuite les normes des vecteurs :
\left\| \overrightarrow{CA}\right\| \, =\, \sqrt{x_{\overrightarrow{CA}}^{}2\, +\, y_{\overrightarrow{CA}}^{}2\, +\, z_{\overrightarrow{CA}}^{}2}
\left\| \overrightarrow{CA}\right\| \, =\, \sqrt{1,5^{2}\, +\, 3^{2}\, +\, 3^{2}}\, =\, \sqrt{20,25}\, =\, 4,5
\left\| \overrightarrow{CB}\right\| \, =\, \sqrt{0,5^{2}\, +\, 4^{2}\, +\, (-2)^{2}}\, =\, \sqrt{20,25}\, =\, 4,5
Cela n'est pas demandé mais le triangle ACB est donc isocèle en C car CA = CB.
On a : \overrightarrow{CA}.\overrightarrow{CB}\, =\, \left\| \overrightarrow{CA}\right\| \, \times \, \left\| \overrightarrow{CB}\right\| \, \times \, \textrm{cos}(\widehat{ACB})
En remplaçant par les valeurs déterminées, on a donc :
6,75\, =\, 4,5\, \times \, 4,5\, \times \, \textrm{cos}(\widehat{ACB})
6,75\, =\, 20,25\, \times \, \textrm{cos}(\widehat{ACB})
20,25\, \times \,\textrm{cos}(\widehat{ACB})\, =\, 6,75
On divise les deux membres de l'égalité par 20,25 :
\frac{20,25\, \times \, \textrm{cos}(\widehat{ACB})}{20,25}\, =\, \frac{6,75}{20,25}
\textrm{cos}(\overrightarrow{ACB})\, =\, \frac{1}{3}
On cherche donc une mesure d'angle dont le cosinus est égal à \frac{1}{3}.
En utilisant la fonctionnalité Arccos de la calculatrice (avec un réglage en degrés) on a :
Arccos\left ( \frac{1}{3} \right )\, \approx \, 70,5
Ainsi \widehat{ACB}\, \approx \, 70,5^{\circ}.
L'affirmation 3 est donc vraie.
2. Soit E = {touche1 ; … ; touche8}. On a card(E) = 8.
Le nombre de digicodes à tester pour ouvrir la porte A est le nombre d'arrangements de 3 éléments de E c'est-à-dire le nombre de 3-uplets d'éléments distincts de E (car l'ordre est pris en compte et la répétition non autorisée).
Ce nombre est égal à :
\frac{8!}{(8\, -\, 3)!}\, =\, \frac{8\, \times \, 7\, \times \, 6\, \times \, 5\, \times \, 4\, \times \, 3\, \times \, 2\, \times \, 1}{5\, \times \, 4\, \times \, 3\, \times \, 2\, \times \, 1}\, =\, 8\, \times 7\, \times \, 6\, =\, 336
Le nombre de digicodes à tester pour ouvrir la porte B est le nombre de combinaisons de 4 éléments de E (car l'ordre n'est pas pris en compte et la répétition non autorisée).
Ce nombre est égal à
\binom{8}{4}\, =\, \frac{8!}{(8\, -\, 4)!\, \times \, 4!}\, =\, \frac{8\, \times \, 7\, \times \, 6\, \times \, 5\, \times \, 4}{4!\, \times \, 4!}\, =\, 70
Le choix des codes étant équiprobable, la probabilité que Clotilde ouvre sa porte est égale à \frac{1}{336} et la probabilité que Titouan ouvre sa porte est égale à \frac{1}{70}.
On a \frac{1}{70}\, > \, \frac{1}{336} donc Titouan a plus de chances d'ouvrir sa porte que Clotilde.
L'affirmation 4 est donc vraie.