L'utilisation des isotopes en sciences de la Terre, sujet de métropole, juin 2026, exercice 1
Énoncé
Exercice sur 7 points
Depuis sa formation, la Terre a connu de profondes transformations géologiques et climatiques. Pour en reconstituer l'histoire, les scientifiques disposent d'outils variés. L'étude des isotopes stables ou radioactifs, présents dans des objets géologiques tels que les roches, les sédiments et les glaces, offre à la fois des repères temporels et des indices sur les environnements anciens.
QUESTION :
Expliquer comment l'étude de rapports isotopiques permet de retracer des variations climatiques passées et de dater des objets géologiques.
Vous rédigerez un texte argumenté. On attend des expériences, des observations, des exemples pour appuyer votre exposé et argumenter vos propos.
Depuis sa formation, la Terre a connu de profondes transformations géologiques et climatiques. Pour en reconstituer l'histoire, les scientifiques disposent d'outils variés. L'étude des isotopes stables ou radioactifs, présents dans des objets géologiques tels que les roches, les sédiments et les glaces, offre à la fois des repères temporels et des indices sur les environnements anciens.
QUESTION :
Expliquer comment l'étude de rapports isotopiques permet de retracer des variations climatiques passées et de dater des objets géologiques.
Vous rédigerez un texte argumenté. On attend des expériences, des observations, des exemples pour appuyer votre exposé et argumenter vos propos.
Corrigé
Attention à l'écriture correcte des indices et exposants, des lettres en police Symbol et des traits de fractions sur les 2 formules : δ18O, δD, 87Rb, 87Sr, 40K, 40Ar, 14C, 12C.
L'avis de la professeure de SVT : Il s'agit d'un sujet qui fait appel à deux thèmes différents du programme de spécialité SVT de terminale : celui sur les variations climatiques passées et celui sur la datation en géologie. L'énoncé indique clairement le plan de la réponse. Il s'agit dans une première partie de montrer que l'étude des rapports isotopiques permet de restituer les variations climatiques du passé. Puis, dans la seconde partie, il s'agit d'expliquer comment, dans le cadre de la datation absolue, l'étude des rapports isotopiques permet d'attribuer un âge à des objets géologiques. L'objectif est de fournir une réponse structurée qui met en relation les connaissances avec des arguments (observations, expériences ou exemples).
Conseils
1. Identifier le problème scientifique posé par l'énoncé ainsi que la structure générale de la réponse.
2. Élaborer au brouillon un plan détaillé qui présente les connaissances issues du cours, mises en parallèle avec des arguments. Prévoir, si besoin, la présence d'illustrations comme un schéma.
3. Vérifier que la réponse construite permet de répondre au problème posé. Vérifier qu'il n'y a ni hors-sujet, ni oubli d'une partie de la réponse.
4. Prévoir la présence et la position d'au moins un argument dans la réponse.
5. Rédiger directement sur la copie, en présentant la réponse sous forme d'une introduction (exposant le sujet, la problématique et le plan de la démarche de résolution), d'un développement structuré en différents paragraphes et d'une conclusion (présentant la réponse au problème et une ouverture).
6. Ajouter, si le sujet s'y prête, des schémas suffisamment grands, en couleurs et accompagnés d'un titre : cela n'est pas indispensable, mais un schéma peut remplacer avantageusement une partie du texte. Il est conseillé que le texte reprenne l'idée essentielle illustrée par le schéma.
7. Relire la réponse pour vérifier la qualité de l'exposé, c'est-à-dire l'utilisation d'un vocabulaire scientifique approprié, la qualité de la schématisation, de la rédaction et de l'orthographe.
L'avis de la professeure de SVT : Il s'agit d'un sujet qui fait appel à deux thèmes différents du programme de spécialité SVT de terminale : celui sur les variations climatiques passées et celui sur la datation en géologie. L'énoncé indique clairement le plan de la réponse. Il s'agit dans une première partie de montrer que l'étude des rapports isotopiques permet de restituer les variations climatiques du passé. Puis, dans la seconde partie, il s'agit d'expliquer comment, dans le cadre de la datation absolue, l'étude des rapports isotopiques permet d'attribuer un âge à des objets géologiques. L'objectif est de fournir une réponse structurée qui met en relation les connaissances avec des arguments (observations, expériences ou exemples).
Conseils
1. Identifier le problème scientifique posé par l'énoncé ainsi que la structure générale de la réponse.
2. Élaborer au brouillon un plan détaillé qui présente les connaissances issues du cours, mises en parallèle avec des arguments. Prévoir, si besoin, la présence d'illustrations comme un schéma.
3. Vérifier que la réponse construite permet de répondre au problème posé. Vérifier qu'il n'y a ni hors-sujet, ni oubli d'une partie de la réponse.
4. Prévoir la présence et la position d'au moins un argument dans la réponse.
5. Rédiger directement sur la copie, en présentant la réponse sous forme d'une introduction (exposant le sujet, la problématique et le plan de la démarche de résolution), d'un développement structuré en différents paragraphes et d'une conclusion (présentant la réponse au problème et une ouverture).
6. Ajouter, si le sujet s'y prête, des schémas suffisamment grands, en couleurs et accompagnés d'un titre : cela n'est pas indispensable, mais un schéma peut remplacer avantageusement une partie du texte. Il est conseillé que le texte reprenne l'idée essentielle illustrée par le schéma.
7. Relire la réponse pour vérifier la qualité de l'exposé, c'est-à-dire l'utilisation d'un vocabulaire scientifique approprié, la qualité de la schématisation, de la rédaction et de l'orthographe.
Exemple de plan détaillé à construire au brouillon
| Titre des grandes parties | Connaissances | Arguments |
|---|---|---|
| 1. L'étude des rapports isotopiques permet de retracer les variations climatiques passées | δ18O et δD (²H/¹H) de la glace, δ18O des sédiments carbonatés : indicateurs de la température existant au moment de la formation de la glace ou des sédiments | Résultats des études des rapports isotopiques au quaternaire depuis 800 000 ans |
| 2. L'étude des rapports isotopiques permet de dater les objets géologiques | La datation absolue :
| Datation absolue avec différents couples : 87Rb/87Sr, 40K/40Ar, U/Pb ou 14C/14N |
Exemple d'argumentaire attendu selon le plan ci-dessus
Retracer l'histoire de la planète Terre nécessite de disposer d'indices pour déterminer l'évolution de la planète, que cela soit l'évolution géologique ou l'évolution climatique. Or, l'histoire de la Terre ayant débuté il y 4,6 milliards d'années, la très grande majorité des témoins de ces évolutions ont été perdus. Mais il reste des indices, notamment ceux conservés dans les roches, qui peuvent dater de plusieurs milliards d'années. Les glaces polaires constituent également des archives climatiques intéressantes des derniers millions d'années. Cependant, l'étude de ces indices n'est pas toujours évidente et nécessite une méthodologie rigoureuse. Pour étudier ces témoins du passé, les isotopes d'éléments chimiques peuvent apporter des informations pertinentes. Les isotopes d'un élément chimique sont les atomes d'un même élément chimique, qui ne diffèrent que par leur nombre de neutrons. C'est principalement l'étude des rapports isotopiques, c'est-à-dire les rapports entre des quantités d'isotopes, qui permet de restituer l'évolution climatique terrestre et de dater des objets géologiques. Comment l'étude de rapports isotopiques permet-elle de retracer des variations climatiques passées et de dater des objets géologiques ? Nous présenterons dans un premier temps comment l'étude des rapports isotopiques permet de restituer les variations passées du climat, puis nous présenterons le principe de la datation absolue, qui permet grâce à l'exploitation de la radioactivité naturelle, de donner un âge à un objet géologique.1. L'étude des rapports isotopiques permet de retracer les variations climatiques passées
L'étude des carottes forées dans les glaces polaires permet de reconstituer les variations climatiques des 800 000 dernières années en mesurant les concentrations en isotopes stables de l'oxygène. Les isotopes de l'oxygène utilisés sont les isotopes 18O (isotope lourd) et 16O (isotope léger). Au niveau des carottes forées dans une superposition de couches de glace, il est possible pour chaque couche d'estimer les proportions relatives de 18O et de 16O. Le rapport isotopique 18O/16O permet alors de calculer un indicateur isotopique, le δ18O. Les scientifiques sont également capables de dater les différentes couches superposées de glace. Or, le δ18O des glaces varie en fonction des conditions climatiques existantes à l'époque où la glace s'est formée. En effet, dans la glace, il est établi que le δ18O varie dans le même sens que la température régnant lors de la formation de la glace. Une augmentation de δ18O mesuré sur un temps donné indique une augmentation de la température sur la période où s'est formée la glace. Inversement, une diminution du δ18O mesuré sur une période donnée traduit une diminution de la température pendant le dépôt des couches de glace. Ainsi, l'étude du δ18O d'une carotte de glace permet de retracer l'évolution de la température et donc du climat sur une période de temps donnée, correspondant à la formation de la carotte de glace.Un autre indicateur isotopique, le δD, peut être mesuré dans les carottes de glace. Le δD estime le rapport isotopique 2H/1H (avec 2H, deutérium, isotope lourd de l'hydrogène et 1H, isotope léger de l'hydrogène). Le δD permet également de retracer l'évolution des températures existant lors de la formation de la glace. Ainsi, l'étude des différents rapports isotopiques des glaces présentes en Arctique et en Antarctique a permis de montrer l'existence, depuis 800 000 ans, d'une alternance régulière de périodes glaciaires et de périodes interglaciaires, selon des cycles (glaciation et période interglaciaire) d'environ 100 000 ans. Enfin, le δ18O peut également être utilisé sur des sédiments carbonatés marins pour reconstituer des variations climatiques lointaines du passé.
L'étude des isotopes stables d'un même élément chimique permet donc de retracer des variations climatiques même lointaines à l'échelle des temps géologiques. L'étude des isotopes radioactifs est utilisée depuis les années 1950 en géologie pour donner un âge absolu à des objets géologiques.
2. L'étude des rapports isotopiques permet de dater les objets géologiques
La datation absolue consiste à donner un âge absolu aux événements géologiques, comme la formation d'une roche ou encore son métamorphisme, par exemple. La datation absolue, ou radiochronologie, repose sur l'utilisation de la radioactivité naturelle des éléments chimiques présents dans les roches.Lors des réactions de désintégration radioactive, les noyaux de l'élément radioactif père se désintègrent de manière continue, spontanée et irréversible en élément fils, dit radiogénique. La cinétique de cette désintégration radioactive obéit à la loi de la décroissance radioactive. Chaque couple élément père/élément fils est caractérisé par sa demi-vie, qui correspond au temps nécessaire à la désintégration de la moitié de la quantité initiale des éléments pères radioactifs. Ainsi pour chaque radio-chronomètre, l'application de méthodes spécifiques permet, à partir de l'estimation des rapports isotopiques d'une roche, de dater celle-ci. L'âge obtenu de l'échantillon étudié correspond au temps écoulé depuis le début de la réaction de désintégration radioactive, c'est-à-dire depuis l'arrêt des échanges de matière entre le système étudié, le minéral ou la roche, et l'environnement (fermeture du système).
Différents radio-chronomètres peuvent être utilisés en géologie. Les couples 87Rb/87Sr, 40K/40Ar et U/Pb permettent de dater des roches magmatiques et métamorphiques. Des restes organiques récents contenus dans les roches sédimentaires peuvent être datés avec d'autres couples d'isotopes radioactifs, comme le 14C/14N. Le choix du couple d'isotopes utilisable dépend de l'âge supposé de la roche à date et de la présence des atomes étudiés dans l'échantillon. Par exemple, l'élément père radioactif 87Rb se désintègre en éléments fils 87Sr, avec une demi-vie de 48,8 Ga. La méthode suivie pour dater une roche magmatique avec le couple 87Rb/87Sr s'effectue selon les étapes suivantes :
- estimation sur plusieurs minéraux de la roche des rapports isotopiques [87Sr]/[86Sr] et [87Rb]/[86Sr] (avec 86Sr, isotope non radioactif de Sr) ;
- tracé de la représentation graphique de [87Sr]/[86Sr] en fonction de [87Rb]/[86Sr], conduisant à l'obtention d'une droite isochrone dont le coefficient directeur A peut être déterminé (A=eλt − 1) ;
- détermination de l'âge de la roche en appliquant la formule suivante :
ou
avec pour le couple Rb/Sr : t1/2 = temps de demi-vie = 48,8 Ga λ = constante de radioactivité = 1,42 × 10−11 an−1