La Chine et le monde depuis 1949

Devenue communiste en 1949, la Chine s'est progressivement affirmée comme une puissance majeure dans les relations internationales. D'abord alliée de Moscou, elle s'en est ensuite émancipée sans pour autant renoncer au communisme. Le paradoxe de cette affirmation progressive tient au fait que la stature de la Chine n'a cessé de croître depuis 1949 alors même que le communisme est entré en déclin depuis l'effondrement de l'URSS en 1991.
1. De l'alliance à la rupture avec Moscou (1949-1976)
Les difficiles débuts de la RPC
• Sortis victorieux de la guerre civile qui les oppose aux nationalistes du Kuomintang depuis 1946, les communistes chinois, emmenés par Mao Zedong, proclament en 1949 la République populaire de Chine (RPC). Ils contrôlent l'ensemble du pays à l'exception de l'île de Taïwan où se sont repliés les nationalistes qui y maintiennent l'existence de la République de Chine jusqu'à nos jours.
• L'existence de cette Chine concurrente est pour Mao une source de problèmes : en effet, à l'exception de la Grande-Bretagne, soucieuse de conserver son influence sur Hong Kong, l'ensemble des puissances occidentales ne reconnaissent pas la légitimité de son gouvernement et s'accordent pour faire en sorte que ce soit le gouvernement taïwanais qui conserve le siège de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU.
• Dans ces conditions qui s'expliquent bien sûr par le contexte de guerre froide, Mao n'a d'autres solutions que de chercher un appui du côté de l'URSS. Fort du soutien soviétique, Pékin se lance dans une politique expansionniste, envahissant le Tibet en 1950. Mais les relations avec l'URSS se détériorent rapidement, surtout après la mort de Staline en 1953.
La rupture avec Moscou
• Rejetant le modèle soviétique dont il perçoit déjà toutes les limites notamment sur le plan économique, Mao livre sa propre version du communisme qu'il résume dans le Petit livre rouge. D'allié, il devient donc un rival de Moscou, chacun des deux pays prétendant désormais exercer le leadership sur le monde communiste.
• La rupture est consommée en 1960, date à laquelle Moscou cesse toutes ses politiques d'assistance à l'égard de la Chine. En 1964, Pékin se dote de l'arme atomique, signant par là son émancipation définitive à l'égard de Moscou. Les deux pays sont même au bord de la guerre en 1969 à propos d'un différend frontalier.
• Cette division qui affecte le bloc communiste est évidemment immédiatement mise à profit par les États-Unis. En 1972, le président Nixon se rend en visite officielle à Pékin. L'année précédente, la RPC s'était vue remettre le siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU qui était jusqu'alors resté la propriété de la République de Chine taïwanaise.
L'âge d'or du maoïsme
• Les années 1960 constituent pour la Chine un premier âge d'or en termes de rayonnement international. Largement discréditée par les révélations qui se succèdent sur sa face sombre, l'URSS ne fait plus rêver grand monde. De nombreux communistes reportent donc sur la Chine de Mao leurs espérances.
• En Occident, de nombreux mouvements de jeunesse se revendiquent ainsi du maoïsme : c'est par exemple le cas en France durant les événements de mai 1968. Dans les pays du tiers-monde, comme au Cambodge ou en Albanie, c'est désormais la Chine qui sert de modèle à ceux qui entendent ne pas s'aligner sur les deux Grands que sont les États-Unis et l'URSS, renvoyés dos à dos.
• Mais ces succès du modèle chinois sont plus symboliques que réels : certes le pays rayonne sur tous les continents et y suscite des adeptes, mais sa situation intérieure n'est guère plus reluisante que celle de l'URSS. Des réformes s'imposent qu'il revient à Deng Xiaoping d'opérer à partir de la fin des années 1970.
Exercice n°1Exercice n°2Exercice n°3Exercice n°5
2. Une puissance en voie d'autonomisation (depuis 1976)
La conversion au libéralisme économique…
• Arrivé au pouvoir en 1978, Deng Xiaoping engage la Chine dans une profonde réforme. Sans remettre en cause le caractère autoritaire du régime sur le plan politique, ni même son affiliation à l'idéologie communiste, il engage un basculement radical vers le libéralisme économique. La propriété privée des biens de production est autorisée.
• Surtout, il incite les investisseurs du monde occidental à venir faire des affaires en Chine. Pour cela, il crée le long du littoral pacifique des zones économiques spéciales (ZES), qui offrent des conditions fiscales avantageuses aux investisseurs. Désireux d'intégrer les circuits de l'économie libérale mondialisée, il conduit à son terme le processus d'intégration de la Chine à la Banque mondiale (1980), puis à l'OMC.
• Cette stratégie s'avère payante : alors que l'URSS s'enfonce peu à peu dans un marasme économique qui la conduit à son effondrement, la Chine commence à récolter les fruits de sa politique économique réformiste.
…ne permet pas la libéralisation politique…
• Le virage opéré par Deng Xiaoping est cependant loin de faire l'unanimité parmi les Chinois. Beaucoup lui reprochent d'avoir limité ses élans libéraux au seul secteur économique, sans se soucier de libéraliser également la vie politique, en autorisant par exemple la création de partis politiques rivaux du parti communiste et l'organisation d'élections libres.
• Ces contestations se cristallisent en 1989 dans un mouvement de protestation étudiante qui se traduit par l'occupation de la place Tian'anmen de Pékin par les jeunes manifestants. En choisissant d'envoyer l'armée réprimer les manifestations au prix de milliers de morts, les autorités chinoises montrent qu'elles n'entendent céder en rien de leurs convictions.
• Cette violente répression, suivie dans le monde entier par la télévision, suscite un puissant mouvement de condamnation internationale. Des sanctions sont prises par de nombreux pays qui placent la Chine sous embargo, notamment pour les ventes d'armes. Tous les efforts consentis par le pays pour tisser des liens avec le monde occidental sont remis en question.
Exercice n°4
…mais fait de la Chine une puissance devenue incontournable
• Pourtant, cette période de froid entre Pékin et les puissances occidentales est de courte durée. Progressivement, les sanctions sont levées et les affaires reprennent. Il faut dire qu'avec sa main-d'œuvre docile et bon marché, la Chine fait figure de « paradis » pour les grandes entreprises occidentales qui y délocalisent massivement leurs unités de production à partir des années 1990.
• La centralité économique de la Chine devient éclatante à partir de 2001 lorsqu'elle intègre l'OMC. Elle devient alors l'« atelier du monde », c'est-à-dire le plus grand pôle de production industrielle de la planète. Le pays s'enrichit considérablement au point de détenir aujourd'hui le deuxième PIB du monde. Fort de ces succès économiques, la Chine engage une politique de modernisation de son appareil militaire destinée à symboliser son nouveau statut.
• Se montrant de plus en plus belliqueuse à l'égard de ses voisins avec lesquels elle nourrit de nombreux conflits frontaliers, notamment en mer de Chine, elle suscite de plus en plus d'inquiétudes. C'est en effet le dernier défi qui reste à relever pour la Chine : si elle est désormais un pays qui compte et dispose d'une grande puissance, elle pâtit d'une image globalement mauvaise en raison de son caractère autoritaire en interne (répression des opposants, oppression du Tibet) et agressif à l'extérieur (conflits frontaliers).
Dominée par le Japon au milieu du xxe siècle, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale au début du XXIe siècle, devant le Japon qu'elle a relégué en troisième position. Grâce à cette prospérité, mais aussi à son poids démographique, elle a su se rendre incontournable dans les négociations internationales. Reste pour elle à stabiliser cette stature si vite acquise. Le principal danger vient surtout de l'intérieur car l'élévation du niveau de vie des Chinois ne manquera pas d'accroître les revendications en faveur de plus de démocratie.
En quelle année la Chine populaire obtient-elle un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU ?
Cochez la bonne réponse.
1945
1949
1951
1961
1971
La République de Chine fait partie des membres fondateurs de l'ONU en 1945. Dès cette date, elle possède un siège permanent au Conseil de sécurité. Mais lorsque le pays se divise entre communistes et nationalistes en 1949, ce sont ces derniers, réfugiés à Taiwan, qui conservent le siège. La Chine populaire doit se contenter d'un siège à l'Assemblée générale.
Ce n'est qu'en 1971, à la faveur du rapprochement avec les États-Unis, que la Chine populaire remplace Taiwan au Conseil de Sécurité.
Parmi ces organisations internationales, laquelle ne compte pas la Chine populaire parmi ses membres ?
Cochez la bonne réponse.
ONU
OTAN
G20
OMC
L'OTAN, alliance militaire centrée sur l'Atlantique nord, ne concerne pas la Chine.
Quel mouvement politique – et dans quel pays – a tenté, une fois arrivé au pouvoir, de mettre en pratique une politique inspirée du maoïsme ?
Cochez la bonne réponse.
le mouvement du Sentier lumineux au Pérou
le FLN en Algérie
le Front Polisario au Sahara occidental
les Viêt-cong au Vietnam
les Khmers rouges au Cambodge
En 1975, les Khmers rouges dirigés par Pol Pot prennent le pouvoir au Cambodge et lancent une expérience de communisme intégral qui fait près de deux millions de victimes, soit un quart de la population. Le Vietnam, communiste mais prosoviétique, envahit le Cambodge en 1979 pour chasser les Khmers rouges du pouvoir.
Quel homme politique chinois décide d'amorcer l'ouverture économique du pays après la mort de Mao ?
Cochez la bonne réponse.
Li Biao
Deng Xiaoping
Li Peng
Jiang Qing
Zhou Enlai
Deng Xiaoping accède au pouvoir après la mort de Mao, en 1976. En 1979, il décide d'ouvrir la Chine vers le commerce mondial grâce à des zones économiques spéciales ouvertes aux investisseurs étrangers.
Quel territoire a été restitué à la Chine en 1997 par le Royaume-Uni ?
Cochez la bonne réponse.
Macao
Singapour
Taïwan
Hong Kong
Shenzen
La concession britannique de Hong Kong avait été accordée par la Chine en 1842 par le traité de Nankin. À l'échéance de la concession, en 1997, la Chine a retrouvé sa souveraineté sur ce territoire, mais celui-ci conserve un statut spécial jusqu'en 2047 ainsi que d'importantes libertés : c'est le principe « un pays, deux systèmes ».