Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

Le Moyen-Orient est une des régions du monde où les tensions et les conflits sont les plus nombreux. C'est le paradoxe d'une région qui compte un héritage culturel d'une extrême diversité et d'une grande richesse, et qui dispose de ressources stratégiques clés comme le pétrole. Ces atouts potentiels se sont pourtant transformés en sources de conflits car la situation géopolitique de la région depuis la fin de la Première Guerre mondiale est devenue extrêmement complexe.
Quels sont les conflits qui ont marqué le Moyen-Orient ? Quels en sont les causes et les enjeux ?
1. Une région bouleversée par les puissances européennes (1918-1948)
Une mosaïque de peuples et de cultures
• Une multitude de peuples
Le Moyen-Orient abrite une grande diversité de peuples. Les Arabes sont présents de la péninsule arabique jusqu'aux rives de la Méditerranée, ainsi qu'en Égypte. On trouve aussi des Turcs sur le territoire de l'actuelle Turquie et des Perses en Iran. Par ailleurs sont également présents des Kurdes. Chacun de ces peuples possède sa propre langue et ses propres traditions.
• Une mosaïque religieuse
La région est majoritairement marquée par la religion musulmane. Cependant, les divisions religieuses sont nombreuses. Elles sont parfois différentes de celles des peuples. Ainsi, la majorité des Arabes et des Turcs appartient à l'islam sunnite et la majorité des Persans est chiite. Cependant, une partie des Arabes est chiite (au sud de l'Irak, sur les rives du golfe Persique et dans certaines régions du Liban) et certains Turcs sont alévis (une branche du chiisme). Les chrétiens sont également présents. Ils sont les héritiers des cultures et des langues présentes au Moyen-Orient avant l'arrivée des Arabes au viie siècle. Minoritaires, ils sont aussi très divisés en différentes Églises, parmi lesquelles on peut mentionner les coptes en Égypte, les chaldéens en Irak ou les syriaques en Syrie. Le judaïsme est également présent dans les grandes villes de la région et l'immigration de certains juifs d'Europe en Palestine a commencé à la fin du xixe siècle, motivée par le mouvement sioniste.
• Des enjeux stratégiques
Dès le xixe siècle, les ressources en pétrole du Moyen-Orient sont un enjeu. Les Anglais installent des points d'appui, comme au Koweït, et contrôlent la route stratégique du canal de Suez.
Un partage sur les ruines de l'Empire ottoman
• Un empire multiculturel
Toute la région est dominée jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale par l'Empire ottoman, vaste empire multiculturel dirigé par un sultan turc qui porte le titre de calife (commandeur des croyants) car l'Empire contrôle La Mecque.
• Les espoirs des peuples
Lors de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman s'engage aux côtés de l'Allemagne. Les Anglais suscitent alors en 1916 une révolte des populations arabes en leur promettant de retrouver leur indépendance.
• Le système des mandats
En réalité, les Européens, essentiellement les Français et les Anglais, envisagent de mettre la région sous tutelle et d'établir un partage. C'est l'objet des accords Sykes-Picot signés en mai 1916. En 1918, l'Empire ottoman s'effondre. Le traité de Sèvres établit son partage en 1920. La France et l'Angleterre reçoivent des mandats de la Société des nations pour administrer les territoires. Syrie et Liban pour la France, Irak, Jordanie, Palestine pour l'Angleterre. L'Arabie Saoudite reçoit la région de La Mecque, et son roi contrôle désormais les lieux saints de l'Islam.
Exercice n°1Exercice n°2
Vers les premières indépendances
• Diviser pour régner
Les Européens tracent des frontières qui ne respectent pas toujours la répartition des différents peuples. Ils répriment les révoltes et les volontés d'indépendance.
• Vers l'autonomie
Cependant, dans les années 1930, les Anglais comprennent la nécessité d'accorder une certaine autonomie aux territoires qu'ils contrôlent. L'Égypte, sous tutelle britannique depuis le xixe siècle, est indépendante en 1922. En 1932, l'Irak accède à l'indépendance. En 1943, la France donne l'indépendance au Liban, puis en 1946 à la Syrie.
• La constitution d'un « foyer national juif »
Depuis la fin du xixe siècle, il existe parmi les juifs d'Europe un mouvement sioniste, fondé par Theodor Herzl, qui souhaite le retour des juifs en Palestine. En 1917, une déclaration de Lord Balfour, ministre des affaires étrangères britannique, accepte la constitution d'un « foyer national juif » en Palestine. L'immigration juive s'intensifie.
2. Les aléas du conflit israélo-arabe
Le contexte de la création de l'État d'Israël
• Le désengagement britannique
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux juifs d'Europe, rescapés de la Shoah, souhaitent s'installer en Palestine, ce qui pose le problème de l'indépendance de ce territoire, où cohabitent difficilement Arabes et Juifs.
• Les plans de partage et leur échec
En 1947, l'ONU réalise un plan de partage de la Palestine qui prévoit un État juif et un État arabe de superficies égales. Jérusalem, ville sainte des trois monothéismes, devait avoir un statut international.
• La guerre
Ce plan ne sera jamais appliqué. Le 14 mai 1948, lorsque les Anglais se retirent, les Juifs proclament la naissance de l'État d'Israël. Le lendemain, les États arabes voisins attaquent Israël. Ils sont vaincus et Israël occupe 78 % du territoire de la Palestine. Le reste est annexé par les États arabes.
Des conflits nombreux pendant la guerre froide
• La crise de Suez
Le conflit israélo-arabe est marqué par la guerre froide. Les États-Unis soutiennent plutôt Israël et l'URSS, plutôt les pays arabes. En 1956, la crise de Suez marque la fin de l'influence française et britannique.
• La guerre des Six-Jours
Le conflit israélo-arabe s'intensifie par une guerre en 1967. Menée en quelques jours, l'attaque israélienne conduit à l'occupation des territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, les « territoires occupés », ainsi qu'à celle du plateau du Golan.
• La guerre du Kippour
En 1973, les États arabes passent à l'offensive pendant la fête juive de Kippour, mais sont battus.
Exercice n°3
Un processus de paix en demi-teinte
• La lutte des Palestiniens
Les Palestiniens en exil dans les pays voisins créent en 1964 une organisation de libération de la Palestine, dirigée par Yasser Arafat.
• Une radicalisation depuis les années 1980
Depuis la fin des années 1980, des mouvements plus radicaux sont apparus. Du côté palestinien, des mouvements islamistes radicaux comme le Hamas tentent de faire de cette question nationale une question religieuse. Du côté israélien, des mouvements religieux orthodoxes et la droite radicale lancent des entreprises de colonisation dans les territoires occupés.
• Les tentatives de dialogue
Depuis les années 1980, souvent sur initiative américaine, un processus de paix a été cependant engagé. En 1981, l'Égypte reconnaît l'existence d'Israël. En 1993 sont signés les accords d'Oslo entre Israéliens et Palestiniens qui prévoient la création d'une autorité palestinienne. Malgré cela, les violences se poursuivent.
3. Une région sous tension
Les enjeux identitaires
• Des États divisés
Ailleurs dans la région, certains États sont très instables compte tenu de leur division en plusieurs peuples ou religions. C'est le cas de l'Irak depuis 2003. Le Nord, peuplé de Kurdes, a acquis une indépendance de fait. Le Sud est frappé d'une guerre civile entre Arabes chiites et sunnites, et les chrétiens sont persécutés et conduits en exil. Le Liban est très instable depuis la guerre civile, qui a duré de 1975 à 1990. Le pays est composé de chrétiens, de musulmans sunnites et chiites, et d'autres minorités comme les Druzes.
• Islam et politique
La région est par ailleurs marquée par l'émergence de l'islam politique. Dans les monarchies du golfe Persique, la charia (la loi islamique) est strictement appliquée. En Iran, depuis 1979, la Révolution islamique a porté au pouvoir le clergé chiite, avec la figure de l'ayatollah Khomeini. Le régime développe un discours anti-occidental et antisioniste. Dans les autres pays de la région existent des mouvements radicaux, parfois terroristes. En Turquie cependant, c'est par des élections que les islamistes modérés du parti AKP sont arrivés au pouvoir.
Exercice n°4
Les enjeux stratégiques
• Le contrôle du pétrole
Dans ce contexte, la maîtrise des ressources en pétrole est fondamentale. Les États-Unis ont donc implanté dans la région un réseau de bases pour contrôler les routes stratégiques. Ils soignent leur alliance avec l'Arabie Saoudite, principal producteur. Cela les conduit à s'opposer à l'Iran. De 1980 à 1988, ils soutiennent l'Irak dans la guerre Iran-Irak. Aujourd'hui, ils ont engagé un bras de fer diplomatique avec l'Iran, soupçonné de tenter d'acquérir l'arme nucléaire.
• Le contrôle de l'eau
D'autres ressources naturelles peuvent conduire à des tensions, telles que l'eau, rare dans la région, comme en Palestine, ou entre Turquie, Syrie et Irak, pour le contrôle des eaux de l'Euphrate.
• Les interventions internationales
La région a été l'objet d'interventions nombreuses. Les forces de l'ONU – les Casques bleus – sont présentes au Liban. En 1991, les États-Unis prennent la tête d'une alliance sous mandat de l'ONU pour libérer le Koweït, envahi par Saddam Hussein, chef de l'État irakien. Les attentats du 11 septembre 2001 montrent que les tensions du Moyen-Orient peuvent avoir des répercussions dans le monde entier. En 2003, les États-Unis, sans l'accord de l'ONU, attaquent à nouveau l'Irak, sous prétexte que Saddam Hussein tenterait de se doter d'armes de destruction massive. Depuis 2001, l'OTAN est présente en Afghanistan pour lutter contre l'influence des talibans.
Exercice n°5
L'enjeu démocratique
• Les espoirs du printemps arabe
En 2011, le mouvement du « printemps arabe » a conduit à la chute des dictatures en Tunisie et en Libye (qui ne se trouvent pas au Moyen-Orient). L'Égypte est également marquée par le mouvement, et le président Hosni Moubarak est chassé du pouvoir.
• Un avenir incertain
Aujourd'hui, l'avenir est incertain. En Syrie, Bachar El-Assad conserve le pouvoir par une répression féroce. En Égypte, l'armée contrôle le pouvoir. Souvent, des partis islamistes semblent en position de remporter les élections.
Plusieurs facteurs ont donc conduit le Moyen-Orient à devenir une des zones du monde où les tensions et les conflits sont les plus nombreux et les plus violents. La forte croissance démographique de la région et la gestion de ses ressources posent pourtant des questions auxquelles seule une réponse concertée pourrait apporter une solution.
À quelle date et par quel traité l'Empire ottoman est-il divisé en plusieurs États ?
Cochez la bonne réponse.
par le traité de Versailles en 1919
par le traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919
par le traité de Sèvres en 1920
par le traité de Trianon en 1920
par le traité de Locarno en 1925
Le traité de Sèvres entérine la perte des provinces arabes de l'Empire ottoman. Les frontières définitives de la Turquie ont toutefois été revues en 1923 par le traité de Lausanne.
Quels territoires ont été placés sous mandat français en 1919 ?
Cochez la bonne réponse.
Syrie et Liban
Irak et Palestine
Syrie et Jordanie
Arménie et Kurdistan
Chypre et le Dodécanèse
Le mandat confié par la SDN en 1919 attribue à la France la tutelle de la Syrie et du Liban, mais pas de la Mésopotamie centrale, autour de Mossoul, finalement attribuée à la Grande-Bretagne, qui constitue ainsi l'Irak actuel et en reçoit le mandat.
Quelles sont les dates des quatre guerres israélo-arabes intervenues jusqu'en 1973 ?
Cochez la bonne réponse.
1947, 1956, 1967, 1973
1948, 1956, 1967, 1973
1948, 1956, 1968, 1973
1949, 1958, 1969, 1972
1955, 1965, 1969, 1971
1948 : première guerre israélo-arabe ; 1956 : crise de Suez ; 1967 : guerre des Six-Jours ; 1973 : guerre du Kippour.
Dans quel pays a eu lieu la Révolution islamique en 1979 ?
Cochez la bonne réponse.
Arabie Saoudite
Égypte
Iran
Liban
Turquie
En 1979 a lieu la Révolution islamique en Iran. Le clergé chiite, sous la direction de l'ayatollah Khomeini, prend le pouvoir et impose un strict respect des prescriptions religieuses. Le régime mène une politique anti-américaine et anti-israélienne.
Pour quelle raison a été menée la première guerre du Golfe en 1991 ?
Cochez la bonne réponse.
pour lutter contre le terrorisme
pour installer des bases américaines dans la région
pour chasser Saddam Hussein du pouvoir
pour détruire les armes de destruction massive de l'Irak
pour libérer le Koweït qui venait d'être envahi par l'Irak dirigé par Saddam Hussein
À la différence de la seconde guerre du Golfe décidée par les Américains en 2003, la première a été une décision de la communauté internationale à travers l'ONU pour libérer le Koweït de l'invasion irakienne.