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Le patrimoine : le centre historique de Paris

Paris, « Ville lumière ». Le surnom donné à la ville à la fin du xixe siècle évoque à la fois son éclairage public abondant, mais aussi l'idée que la ville illumine le monde par le rayonnement de ses arts et de sa culture. C'est dire l'importance du patrimoine de la ville dans la place qu'elle occupe aujourd'hui parmi les grandes métropoles mondiales. Le patrimoine parisien, dans sa diversité, permet de voir comment, à chaque époque, la ville a été façonnée par son rôle de capitale royale puis républicaine.
Comment le patrimoine de Paris nous permet-il de lire et de comprendre l'histoire de la ville ?
1. Lire l'affirmation d'une capitale dans son patrimoine
Une ville née de son fleuve
• Quand Paris s'appelait Lutèce
La ville de Paris occupe le site de l'ancienne Lutèce gallo-romaine. Cette cité est née de la présence d'un point de passage sur la Seine. La ville est donc née du fleuve, dans un site qui permettait la rencontre des routes terrestres et fluviales. Les Romains ont aménagé la ville sur un site sans doute déjà habité par les Gaulois. Ils lui donnent le nom de Lutèce, qui devient la capitale du peuple gaulois des Parisii, qui laissèrent leur nom à la ville à la fin de l'Antiquité. La ville comporte l'île de la Cité, qui abrite le centre du pouvoir et un vaste ensemble urbain avec un forum sur la rive gauche. On voit toujours les vestiges des thermes dits « de Cluny » et de l'amphithéâtre, appelé « arènes de Lutèce ».
Exercice n°1
• La ville se structure
Après l'an mille, la ville s'organise en trois grandes parties. Au centre, l'île de la Cité abrite le pouvoir politique avec le Palais, et le pouvoir religieux avec la cathédrale. La rive gauche est appelée quartier de l'Université, avec ses collèges. La rive droite abrite l'activité marchande avec les Halles et le port de la place de Grève, aujourd'hui place de l'Hôtel-de-Ville.
La plus grande ville d'Occident
• Paris devient une capitale
À la fin du xiie siècle, le roi Philippe Auguste installe les institutions monarchiques – justice, finances – de façon fixe à Paris. Il reste encore des vestiges des grands aménagements qu'il entreprend : une enceinte, complétée à l'ouest par la forteresse du Louvre, dont les vestiges sont visibles dans les parties souterraines du musée actuel. Au xiiie siècle, Saint Louis entreprend de reconstruire le palais de la Cité. Il s'agit d'inscrire le pouvoir du roi dans le patrimoine parisien. Il fait construire une grande salle pour abriter le Parlement, ainsi que la Sainte-Chapelle afin de recueillir les reliques de la Passion du Christ, ramenées des croisades. Ses vitraux illustrent le pouvoir du roi en faisant référence aux rois bibliques et au Christ.
• L'art gothique, un art parisien
Paris est à cette époque la ville où s'affirme l'art gothique, qui rayonne sur tout l'Occident. La cathédrale Notre-Dame est commencée en 1163 et achevée en 1325. Des églises nombreuses sont bâties, comme Saint-Séverin, ainsi que de vastes couvents.
Exercice n°2
Aux temps modernes : une ville pour la monarchie absolue
• Un patrimoine au service du pouvoir
À l'époque moderne, les rois entreprennent de renouveler le patrimoine de Paris. Au xvie siècle, l'art de la Renaissance s'impose. François Ier entreprend en 1546 de reconstruire le Louvre dans ce style. Au xviie siècle, c'est l'art classique français qui triomphe face au baroque, comme en témoigne la colonnade du Louvre. Cela permet à Paris d'affirmer sa place en Europe comme capitale des arts, face à Rome notamment. Même si le roi réside à Versailles à partir de 1682, le patrimoine de la ville continue d'être enrichi. Des « places royales » glorifient le souverain : place des Vosges sous Henri IV, place Vendôme et place des Victoires sous Louis XIV, place de la Concorde sous Louis XV. Les nobles font construire de somptueux hôtels particuliers, au xviie siècle dans le quartier du Marais, puis au xviiie, dans les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré. Il en reste l'hôtel Carnavalet ou l'hôtel Biron.
• Un patrimoine au service de la réforme catholique
De grands édifices religieux sont également entrepris. Aux Invalides, Louis XIV fait réaliser un vaste ensemble comportant un hôpital et une église royale dont le dôme doré domine la ville. Au xviiie siècle, la nouvelle église Sainte-Geneviève, devenue ensuite le Panthéon, témoigne de la naissance du style néoclassique.
2. La formation de la ville contemporaine
Un patrimoine en révolutions
• La Révolution : un rapport passionnel avec le patrimoine
La Révolution française supprime de nombreuses églises, qui sont souvent démolies. Des symboles de la monarchie sont eux aussi détruits, comme la Bastille. Cependant, pour sauver les œuvres d'art menacées, Alexandre Lenoir crée le musée des Monuments français. En 1793, le Louvre devient un musée. L'église Sainte-Geneviève devient le Panthéon, destiné à y enterrer les « grands hommes ». Les places royales changent de nom et de signification. La place Louis-XV devient « place de la Révolution » – on y installe la guillotine où Louis XVI fut exécuté – puis, dans un souci d'apaisement, est rebaptisée « place de la Concorde ». De nouveaux lieux prennent un sens nouveau, comme le Champ-de-Mars, où est célébrée la fête de la Fédération le 14 juillet 1790.
Exercice n°3
• Le Paris de Napoléon Ier
L'empereur Napoléon Ier souhaite marquer la capitale. Il renforce le grand axe de l'ouest parisien par la construction de l'Arc de Triomphe et modifie le projet de l'église de la Madeleine pour en faire un temple dédié à ses armées.
• Un nouveau sens pour le patrimoine
Les différents régimes politiques du xixe siècle ont tenté de donner un sens au patrimoine hérité. Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe Ier permet le retour des cendres de Napoléon Ier et les fait déposer dans l'église des Invalides. Lors de la Commune de Paris, en 1871, les communards s'attaquent également au patrimoine symbolisant le régime impérial. Ils renversent la colonne de la place Vendôme, dédiée à la gloire de Napoléon.
D'Haussmann à la IIIe République : la grande transformation de Paris
• L'œuvre d'Haussmann
En 1852, Napoléon III charge le baron Haussmann de transformer la ville. Ce dernier perce de nouveaux axes en plein cœur de la capitale et dégage les monuments anciens en les plaçant dans la perspective de larges avenues rectilignes. Les nouveaux édifices sont construits dans un style éclectique, comme l'Opéra ou l'église de la Sainte-Trinité. Une réelle innovation intervient dans le choix d'utiliser des matériaux nouveaux, comme la fonte, et de les rendre apparents. Des édifices de ce type sont édifiés, comme les gares ou encore les grands magasins. Un nouveau modèle d'immeuble apparaît, dit « haussmannien », associant diverses catégories sociales suivant les étages.
Exercice n°4
• Patrimoine et République
La IIIe République poursuit les travaux prévus par Haussmann, mais aménage la ville de façon à montrer l'ancrage de la République. Des monuments exaltant les valeurs nouvelles sont réalisés pour la place de la Nation et celle de la République. Des expositions universelles promeuvent les techniques de construction modernes, avec des structures éphémères, dont l'une, datant de 1889, est devenue durable et emblématique : la tour Eiffel. Au début du xxe siècle, les styles Art nouveau et Art déco triomphent avec Hector Guimard, et le béton armé fait son apparition.
• Le rayonnement de Paris passe également par la présence d'artistes de premier ordre comme les impressionnistes ou encore Picasso, qui, dans les quartiers de Montmartre et de Montparnasse, « inventent » l'art contemporain. La ville est la capitale des arts à la fin du xixe siècle et au début du xxe.
Entre préservation et enrichissement : le patrimoine de Paris aux xxe et xxie siècles
• Un difficile équilibre
Au xxe siècle, l'aménagement de Paris associe création de nouvelles œuvres et préservation de l'héritage. En 1925, dans le plan Voisin, l'architecte Le Corbusier imaginait de raser le centre-ville, remplacé par des tours. Des opérations comme le forum des Halles, dans les années 1970, conduisent à la démolition du patrimoine existant mais, suivant l'impulsion donnée par la loi Malraux de 1962, des secteurs sauvegardés sont mis en place, notamment dans le Marais. Les rives de la Seine sont également inscrites sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco. L'enjeu économique du patrimoine est très important. Il est un élément clé du succès du tourisme à Paris, ville la plus visitée au monde. Les patrimoines immatériels comme la mode ou la gastronomie y contribuent également.
Exercice n°5
• L'enrichissement patrimonial
Sous la Ve République, le patrimoine de Paris est enrichi par l'action des présidents de la République. Parmi les « grands chantiers présidentiels », on peut citer le centre Pompidou ou encore ceux lancés par François Mitterrand : l'opéra Bastille, la Bibliothèque nationale de France et le Grand Louvre. Jacques Chirac fait réaliser le musée du quai Branly. De grands projets sont actuellement en cours, également grâce à l'action de la ville, comme la réfection du forum des Halles.
Ainsi, le patrimoine parisien permet de lire l'histoire de la ville car à chaque époque, des éléments nouveaux ont été créés, mais aussi parce que des éléments anciens, reçus en héritage, ont acquis une nouvelle signification. Le patrimoine de Paris nous montre comment, au fil du temps, la ville a affirmé sa fonction de capitale.
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