Dans les dernières années de la Révolution, le gouvernement est souvent obligé de recourir à l'armée pour se maintenir au pouvoir. Le rôle croissant des militaires dans les affaires politiques permet au général Bonaparte d'établir un régime dictatorial. Quelles sont les principales caractéristiques du Consulat, ce régime transitoire qui conduit à l'Empire ?
I. Un général révolutionnaire à la conquête du pouvoir
• Né en 1769, à Ajaccio (un an seulement après que la France a acheté la Corse à la République de Gênes), dans une famille nombreuse de petite noblesse, Napoléon Bonaparte fait ses études en métropole grâce à une bourse. Il intègre l'École royale militaire de Paris et devient lieutenant dans l'artillerie. Il a vingt ans en 1789 et se rallie immédiatement aux idées révolutionnaires, aux côtés des Jacobins.
• En 1793, Bonaparte se distingue pendant le siège de Toulon, qu'il contribue à reprendre aux Anglais. Il est alors promu général, à l'âge de 24 ans. C'est à lui que le Directoire fait appel pour réprimer l'insurrection royaliste de 1795 (13 Vendémiaire). Grâce aux intrigues de son épouse, Joséphine de Beauharnais, il prend le commandement de l'armée d'Italie en 1796. Bonaparte est à la tête de troupes peu nombreuses et mal équipées, mais c'est un formidable meneur d'hommes : « Soldats ! Vous êtes nus, mal nourris. Je veux vous conduire dans les plaines les plus fertiles du monde. Vous le voulez, vous le pouvez. Partons ! » Il remporte contre les Autrichiens victoire sur victoire. Parvenu aux portes de Vienne, il conclut, de sa propre initiative et sans l'autorisation du Directoire, le traité de Campoformio (17 octobre 1797), qui octroie à la France la Belgique et le Milanais.
• En France, le jeune général jouit d'une forte popularité. Pour l'éloigner de la capitale, le Directoire inquiet le charge de couper la route des Indes britanniques. Bonaparte mène l'expédition, militaire et scientifique, d'Égypte. La flotte française est cependant détruite à Aboukir et les troupes sont stoppées en Syrie. Bonaparte décide de laisser son armée à ses généraux et rentre en France en octobre 1799.
II. Un nouveau régime proche du despotisme
• En son absence, le Directoire s'est de plus en plus discrédité : seuls de multiples coups d'État lui permettent de se maintenir au pouvoir. Le pays souffre d'une double crise, sociale et financière. Aux frontières, les armées subissent de nouveaux revers.
• À Paris, les derniers Jacobins cherchent à sauver encore la Révolution. Ils tentent un coup d'État et confient à Bonaparte la direction de l'insurrection armée. Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le jeune général profite de la situation pour prendre le pouvoir.
La Constitution de l'an VIII organise un nouveau régime, le Consulat. L'essentiel du pouvoir est entre les mains de Bonaparte, nommé Premier consul. Il est assisté dans sa tâche par deux autres consuls, Cambacérès et Lebrun, qui n'ont cependant qu'un rôle consultatif. Les assemblées ont un rôle très limité puisque seul le Premier consul détient l'initiative législative (le pouvoir de proposer des lois).
• Pour légitimer ce pouvoir autoritaire, Bonaparte a recours au plébiscite, à la consultation directe du peuple. En 1802, les Français valident la Constitution de l'an X : Bonaparte devient consul à vie.
III. Le retour à la paix
• Le Premier consul organise une politique de réconciliation nationale. Pour rétablir la paix religieuse entre les Français, rompue depuis la Constitution civile du clergé, il signe avec le Pape le Concordat de 1801. Il pacifie les territoires insurgés de l'Ouest de la France (les Chouans), principal foyer de la contre-révolution, et autorise les « émigrés » (des nobles exilés pour fuir la Révolution) à rentrer en France.
• Pour établir durablement certains principes de 1789, Bonaparte met en place ce qu'il nomme les « masses de granit ». Des lycées publics, essentiellement réservés à la bourgeoisie, sont créés dans tous les départements français. Il institue l'ordre de la Légion d'honneur, en 1802, fondé sur le mérite. Enfin, en 1804, un recueil de lois est publié : le Code civil, qui garantit la libre entreprise et la propriété, ce qui lui assure l'adhésion de la bourgeoisie.
• Pour assurer son pouvoir et l'efficacité de ses réformes, Bonaparte dispose d'un outil remarquable : les préfets, des fonctionnaires entièrement dévoués à sa cause. Nommés dans chaque département, ils récoltent l'impôt, organisent la conscription et sont chargés de surveiller ceux qui pourraient menacer le pouvoir du Premier consul. À ce titre, les préfets symbolisent pleinement la prise de contrôle de Bonaparte sur l'ensemble du territoire.
• Enfin, la paix d'Amiens signée en 1802 avec l'Angleterre met fin, momentanément, à dix ans de guerre en Europe. Les conditions de la prospérité sont de nouveaux réunies. Bonaparte crée la Banque de France et une monnaie stable : le franc germinal (1803). La bonne marche de l'économie permet à une nouvelle bourgeoisie de se développer.
À quel âge Napoléon Bonaparte est-il promu général ?
Cochez la bonne réponse.
24 ans
37 ans
42 ans
16 ans
Bonaparte se distingue, en 1793, pendant le siège de Toulon. Il contribue à reprendre la ville aux Anglais, c'est ce qui entraînera sa promotion.
Avec qui Napoléon signe-t-il le Concordat en 1801 ?
Cochez la bonne réponse.
Charles X
le pape
les Anglais
Napoléon, pour rétablir la paix religieuse en France, pacifie les territoires insurgés de l'ouest de la France (les Chouans), principal foyer de la contre-révolution, et autorise les « émigrés » (des nobles exilés pour fuir la Révolution) à rentrer en France.
Dans cette liste, qu'est-ce qui n'a pas été instauré par Napoléon Bonaparte ?
Cochez la bonne réponse.
le Concordat
la légion d'honneur
la Déclaration des droits de l'homme
le franc germinal
le Code civil
Bonaparte, pour établir durablement certains principes de 1789, met en place ce qu'il nomme les « masses de granit », notamment la Légion d'honneur et le Code civil.