Au-delà des chiffres et des explications sur les systèmes esclavagistes mis en place depuis le début de l'histoire, l'esclavage est un domaine où, plus qu'ailleurs, il importe de prendre en compte les trajectoires personnelles et individuelles, vécues par ces millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont perdu, par la violence, la libre disposition d'eux-mêmes.
I. Devenir esclave
• Les esclaves africains sont razziés (enlevés de force) dans les villages de l'intérieur de l'Afrique occidentale, équatoriale ou, plus tard, australe : l'enlèvement est d'une extrême violence, l'agresseur n'hésitant pas à tuer tous ceux qui résistent. Parfois, la réduction en esclavage se fait à la suite d'une guerre perdue. Parfois, encore, on devient esclave pour dettes ou crime. On peut être vendu par sa propre tribu, pour des raisons financières. Il existe également des esclaves de naissance : nés de parents esclaves, ils sont esclaves eux aussi.
• Les captifs sont entravés et ainsi acheminés vers les comptoirs de la côte, pour être vendus aux négriers (marchands d'esclaves) européens. Familles ou amis sont séparés sans ménagement, en fonction de la demande. Ce sont les tribus côtières elles-mêmes qui se livrent à ces pratiques de razzia : on estime que 98 % des esclaves africains ont été livrés aux négriers par d'autres Africains. La mortalité des esclaves est déjà très élevée avant la vente : 10 % étaient tués au moment de la capture, 25 % périssaient lors de leur acheminement et encore 10 à 15 % lors de leur stockage avant vente… soit une mortalité de presque 50 % avant même l'embarquement !
II. La traite
• Arrivés sur la côte, les esclaves sont alors vendus aux marchands européens qui attendent dans des comptoirs, comme l'île de Gorée, au Sénégal. La traite était lucrative pour les tribus négrières : un esclave de sexe masculin pouvait être vendu contre 25 à 30 fusils ou 300 livres de poudre de guerre ou encore 45 pièces de toiles. Une femme était généralement vendue moins cher — de 20 à 50 % de moins — en raison d'une force de travail plus faible, mais elles étaient plus demandées dans la traite orientale et valaient alors plus cher que les hommes. Un esclave avait plus de valeur s'il était jeune et en bonne santé que s'il était vieux et malade. Les prix variaient beaucoup, d'un siècle à l'autre et d'une région à l'autre.
• Les navires négriers embarquaient les esclaves, puis cabotaient vers d'autres comptoirs, souvent sur plusieurs mois. Les conditions de vie à bord étaient difficiles : enchaînés deux à deux, les esclaves étaient entassés soit dans l'entrepont, soit sur des échafauds qui permettaient d'augmenter encore la densité à bord. Puis la traversée de l'Atlantique commençait. Le voyage durait en moyenne 66 jours : un peu plus pour les Antilles, nettement moins pour le Brésil (35 jours). Les esclaves passaient la journée sur le pont, par beau temps, mais restaient consignés à l'entrepont quand les conditions météo étaient mauvaises. Les conditions d'hygiène étaient alors terribles. Les révoltes d'esclaves étaient fréquentes, mais le plus souvent échouaient. Les meneurs étaient généralement exécutés, parfois avec cruauté, voire avec barbarie. Au total, la mortalité des esclaves atteignait en moyenne 15 %.
III. La vente au Nouveau Monde
• À l'arrivée, les esclaves devaient subir une période de quarantaine avant débarquement, cependant souvent réduite par arrangement avec les autorités. Puis, ils étaient vendus par lots aux enchères, le plus souvent à des planteurs. La plupart d'entre eux commençaient par travailler dans les plantations de canne à sucre (45 %), de café (18 %), de coton (4 à 5 %), de cacao (2 à 3 %) ; 9 % dans les mines ; 18 % d'entre eux, souvent des femmes, étaient employés à des travaux domestiques. Les plantations de canne à sucre sont celles où le travail était le plus dur, le plus poussé : 18 heures par jour, avec le fouet en cas de baisse de rythme.
• Les maladies étaient fréquentes et la mortalité particulièrement élevée. Selon les estimations, l'espérance de vie d'un esclave arrivé au Nouveau Monde variait entre 7 et 15 ans.
À l'époque, comment peut-on devenir esclave ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).
On est vendu par les siens (famille ou tribu).
On est vendu pour dettes.
On est enlevé de force.
On naît esclave de parents esclaves.
En règle générale, les esclaves africains sont enlevés de force, on dit qu'ils sont razziés, dans les villages de l'intérieur de l'Afrique occidentale, équatoriale ou, plus tard, australe. L'enlèvement est d'une extrême violence, l'agresseur n'hésite pas à tuer tous ceux qui résistent. La réduction en esclavage peut parfois se faire à la suite d'une guerre perdue. On peut également devenir esclave pour dettes ou crime. Certains esclaves sont vendus par leur propre tribu, pour des raisons financières. Il existe également des esclaves de naissance : nés de parents esclaves, ils sont esclaves eux aussi.
Quelle proportion d'esclaves africains a été livrée aux négriers par les Africains eux-mêmes ?
Cochez la bonne réponse.
10 %
98 %
50 %
30 %
On estime que 98 % des esclaves africains ont été livrés aux négriers par d'autres Africains, notamment par les tribus côtières elles-mêmes qui se livraient à ces pratiques de razzia.
Quelle était l'espérance de vie d'un esclave une fois arrivé au Nouveau Monde ?
Cochez la bonne réponse.
1 à 2 ans
10 à 15 ans
15 à 25 ans
7 à 15 ans
Malgré l'intérêt évident du maître pour la bonne santé de son investissement, les maladies étaient fréquentes et la mortalité particulièrement élevée. Selon les estimations, l'espérance de vie d'un esclave variait de 7 à 15 ans après son arrivée au Nouveau Monde.