Les étapes de la Seconde Guerre mondiale

En 1939, l'Europe, résignée, entre de nouveau en guerre. Les Allemands, unis autour du führer, s'y sont préparés ; ils remportent une série de victoires jusqu'en 1942. Comment les Alliés parviennent-ils à stopper l'avance des forces de l'Axe, puis à renverser la situation à leur avantage ? Comment s'explique la défaite de l'Allemagne et de ses alliés, en 1945 ?
I. Une « guerre éclair » qui surprend l'Europe
1. L'effondrement de la Pologne, du Danemark et de la Norvège
• Le 1er septembre 1939, l'aviation et les blindés allemands attaquent la Pologne : c'est la « guerre éclair » (Blitzkrieg). En trois semaines, l'armée polonaise est balayée. En vertu du Pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939 (par lequel l'Allemagne et l'URSS se sont secrètement partagé le territoire polonais), l'Union soviétique a simultanément attaqué la Pologne à l'est.
• Le 3 septembre 1939, en réponse à l'offensive allemande en Pologne, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne, mais adoptent une stratégie défensive. Les Français, retranchés derrière la ligne Maginot, attendent l'attaque allemande. C'est la « drôle de guerre », qui dure huit mois.
• Pour assurer son approvisionnement en fer, Hitler conquiert le Danemark et la Norvège en avril 1940.
2. La campagne de France
• Le 10 mai 1940, les Français se portent au secours de la Belgique et de la Hollande attaquées. Mais les blindés allemands, entrés en France par les Ardennes, ouvrent la voie aux fantassins et encerclent Britanniques et Français. Ceux-ci se retrouvent bloqués dans la poche de Dunkerque. Malgré les bombardements, 330 000 soldats regagnent l'Angleterre. Les prisonniers sont nombreux, le matériel militaire abandonné est considérable.
• Début juin, l'armée allemande reprend sa marche vers l'ouest et le sud. Paris tombe le 14 juin 1940. La population française fuit devant les armées allemandes, le pays est désorganisé : c'est l'exode. L'écrivain allemand Ernst Jünger raconte dans son journal de guerre : « Le paysage offre l'aspect fantastique d'un désert abandonné par les hommes. »
• Pour beaucoup, la défaite semble inéluctable. Le maréchal Pétain, appelé au pouvoir, demande l'armistice le 17 juin 1940. Mais déjà le général de Gaulle, réfugié à Londres, a fait entendre sa voix en lançant le 18 juin un appel à continuer le combat. L'armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes.
3. La bataille d'Angleterre
• Hitler projette alors de débarquer au Royaume-Uni. Il lui faut, pour cela, maîtriser le ciel anglais. Pendant l'automne 1940, l'aviation allemande, la Luftwaffe, bombarde les villes anglaises, notamment Londres : c'est le Blitz.
• À l'aide du radar, invention qui vient tout juste d'être mise au point, les pilotes de la RAF (Royal Air Force) font face. Ils sont soutenus par le peuple britannique, qui, à l'image du Premier ministre Churchill, reste déterminé. Hitler doit abandonner son plan d'invasion : c'est le premier échec des armées allemandes.
II. La guerre mondiale
1. L'attaque allemande en URSS
• Le 22 juin 1941, Hitler lance 4 millions de soldats, 3 300 chars et 5 000 avions sur l'Union soviétique, en violant ainsi le Pacte germano-soviétique. L'opération Barbarossa surprend les Soviétiques, qui reculent dans un premier temps de 1 000 km. L'Armée rouge perd plus de 1 million d'hommes, faits prisonniers par les Allemands. Mais l'offensive allemande bute sur Moscou et sur Leningrad : le Blitzkrieg a échoué, la Wehrmacht s'apprête à passer l'hiver sur la défensive.
2. Pearl Harbor : l'entrée en guerre des États-Unis
• Le Japon, qui voulait étendre son influence en Extrême-Orient, profite de la défaite de la France et des Pays-Bas pour envahir leurs colonies. Cet expansionnisme se heurte cependant à la présence américaine dans la région Pacifique. Le 7 décembre 1941, l'aviation japonaise détruit la flotte américaine basée à Pearl Harbor. Les États-Unis déclarent aussitôt la guerre à l'Allemagne et à ses alliés.
Les offensives japonaises, 1941-1942
Les offensives japonaises, 1941-1942
3. 1942 : le tournant de la guerre
• Jusqu'en 1942, les forces de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs alliés) semblent invincibles. Entre 1942 et 1943, elles sont cependant arrêtées : sur mer, les Américains reconquièrent peu à peu les îles du Pacifique (à partir de leur victoire à Midway, en juin 1942) ; dans l'Atlantique, ils remportent la bataille face aux sous-marins allemands.
Les défaites japonaises, 1942-1945
Les défaites japonaises, 1942-1945
• En Afrique du Nord, depuis 1940, la « guerre du désert » oppose aux Anglais les Italiens, largement soutenus par l'Afrikakorps de Rommel. Ces derniers reculent en octobre 1942 après leur défaite à El-Alamein.
• En Union soviétique enfin, les nazis, affaiblis par la tactique de la terre brûlée, n'arrivent pas à prendre Stalingrad. 1,5 million de soldats allemands et soviétiques s'y affrontent, combattant rue par rue, maison par maison, pièce par pièce. La mobilisation est totale dans chaque camp. L'enjeu est en effet considérable : prendre Stalingrad (mot qui signifie « ville de Staline ») serait pour l'Allemagne une victoire majeure, symbolique, mais aussi militaire, qui lui ouvrirait tout le sud du pays et le pétrole du Caucase ; conserver Stalingrad marquerait le point d'arrêt à l'avance nazie pour les Soviétiques. Ni dans un camp ni dans l'autre on n'accepte de reculer : Staline ordonne de fusiller sommairement ceux qui le font ; Hitler laisse les 330 000 hommes de Von Paulus se faire encercler plutôt que de se replier. Après sept mois de combats acharnés, Von Paulus finit par capituler, le 2 février 1943. Stalingrad, gigantesque bataille d'anéantissement, a un retentissement considérable et marque véritablement le tournant de la Seconde Guerre mondiale.
III. Les défaites de l'Axe
1. Les alliés à la conquête de l'Europe
• En novembre 1942, les Américains débarquent en Afrique du Nord, puis en Sicile. Après avoir pris pied dans le sud de l'Italie, leur progression est rapide et provoque l'effondrement du régime de Mussolini.
• En Union soviétique, à Koursk, la plus grande bataille de blindés de l'histoire se termine par une victoire soviétique. Pour mieux coordonner leurs efforts, les Alliés – Roosevelt, Churchill et Staline – se rencontrent à Téhéran en novembre 1943 et à Yalta en février 1945.
2. La libération de la France
• La victoire passe par l'ouverture d'un nouveau front : le 6 juin 1944 a lieu l'opération Overlord, c'est-à-dire le débarquement en Normandie. Américains et Britanniques, aidés par la Résistance française, surprennent la Wehrmacht et réussissent, après des combats difficiles, à percer le front allemand. Un deuxième débarquement est entrepris, en Provence, au mois d'août. Le territoire français est progressivement libéré, et notamment Paris, le 25 août 1944.
3. Vers la victoire alliée
• Les Alliés à l'ouest et les Soviétiques à l'est marchent sur l'Allemagne, qui mobilise en vain de nouvelles armes, les missiles V1 et V2, et fait combattre des adolescents. Le 26 avril 1945, les armées américaines et soviétiques se rejoignent à Torgau, sur l'Elbe. Quelques jours plus tard, le 30 avril, Hitler se suicide. Le 8 mai 1945, les Allemands signent une capitulation sans condition.
• Dans le Pacifique, les Japonais se défendent jusqu'au bout. Là aussi, la mobilisation est totale, tant sur le plan militaire qu'industriel : en 1944, les États-Unis ont engagé, dans le Pacifique, 40 porte-avions, 280 autres navires de surface et plus de 11 000 avions de combat. Mais la résistance japonaise est extrêmement forte : les soldats nippons se battent jusqu'à la mort, n'hésitant pas à massacrer leurs propres civils ou à se suicider plutôt que de se rendre, à Iwo Jima ou Okinawa. Pour les faire céder, le président des États-Unis, Harry Truman (entré en fonction depuis la mort de Roosevelt en avril 1945), décide d'utiliser la bombe atomique à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Le bilan des deux explosions est effroyable : entre 110 000 et 240 000 morts selon les estimations. Les civils sont des cibles au même titre que les militaires. Le 2 septembre 1945, le Japon capitule. La guerre est finie.
Exercice n°1
Complète les phrases suivantes.
Écrivez les réponses dans les zones colorées.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands adoptent une stratégie militaire offensive, la .
Dès juin 1940, la France est vaincue et signe l' à Rethondes.
résiste malgré les bombardements de l'aviation allemande, le Blitz.
La « guerre éclair » ou Blitzkrieg en allemand, est une guerre de mouvement offensive, fondée sur l'utilisation massive et combinée des blindés et des avions, qui permettent la rupture du front, puis l'exploitation de cette rupture par une avance rapide. L'armistice est signé à Rethondes, là même où a été signé celui de 1918 !
Exercice n°2
Rendez sa date à chaque événement.
Faites glisser les étiquettes dans les zones prévues à cet effet.
bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki
débarquement de Normandie
bataille de Midway
invasion de l'URSS
capitulation allemande à Stalingrad
campagne de France
imcAnswer1?
1940
imcAnswer2?
1941
imcAnswer3?
1942
imcAnswer4?
1943
imcAnswer5?
1944
imcAnswer6?
1945
Chaque date marque une étape majeure de la guerre : effondrement de la France en 1940, qui laisse le Royaume-Uni seul dans la guerre ; invasion de l'URSS en 1941, qui concrétise les plans nazis d'expansion vers l'Est ; bataille de Midway en 1942, qui marque le premier coup d'arrêt à l'expansion japonaise dans le Pacifique ; capitulation allemande à Stalingrad, sans doute le tournant de la guerre, après lequel les forces de l'Axe ne cessent de reculer ; débarquement de Normandie, qui marque l'ouverture du second front tant attendu par Staline, et la libération progressive de l'Europe occidentale ; bombardements atomiques sur le Japon, qui entraînent la fin de la guerre dans le Pacifique.
Exercice n°3
Pourquoi le président américain Truman aurait-il donné l'ordre de lancer la bombe atomique sur le Japon ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).
pour montrer la force des États-Unis à l'URSS
pour terminer rapidement la guerre en épargnant des vies américaines
pour tester ces nouvelles armes
pour faire peur à l'Allemagne nazie
Personne ne peut réellement donner à coup sûr les raisons qui ont poussé le président américain à lancer les bombes nucléaires sur Hiroshima et sur Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Il est probable que toutes les raisons citées ici soient entrées pour une part dans sa décision. Sauf la dernière : en août 1945, l'Allemagne nazie a déjà capitulé !