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Texte de Marcel Pagnol

Énoncé

Monsieur Pagnol père veut épargner à sa famille la fatigue d'un long trajet à pied entre l'arrêt du tramway et leur maison de campagne. Pour cela, il suffit de traverser trois propriétés privées défendues par des grilles, dont Bouzigue, un ancien élève, lui a remis illégalement un double de la clef.
« Un jour, comme nous franchissions, sans trop nous presser, une éclaircie de la haie, une voix puissante et furieuse nous épouvanta. Elle criait : « Hé là bas, où allez-vous ? » Nous vîmes un paysan d'une quarantaine d'années, qui fonçait vers nous au pas de course, en brandissant une fourche. Il avait une épaisse tignasse frisée et une forte moustache noire, hérissée comme celle d'un chat. Mon père, assez ému, feignait de ne pas l'avoir vu et rédigeait une note sur le carnet protecteur(1) ; mais l'homme était animé d'une véritable fureur, et il arrivait au galop ; la main de ma mère trembla dans la mienne, et Paul, terrorisé, plongea dans un buisson. Ce meurtrier s'arrêta soudain à quatre pas. Levant sa fourche, les dents vers le ciel, aussi haut qu'il put, il en planta le manche dans le sol. Puis, agitant violemment ses deux bras écartés, il s'avança vers mon père en remuant sa tête par saccades. Cependant, de sa bouche écumante sortaient ces paroles fleuries : « Ne vous en faites pas. Les patrons nous regardent. Ils sont à la fenêtre du premier étage… » […] Puis, les deux poings sur les hanches, et le buste penché en avant, il vint parler sous le nez de mon père, qui reculait pas à pas. « Ne passez pas sur la berge tant que vous verrez ces fenêtres ouvertes. Il vaut mieux passer en bas, de l'autre côté, le long des tomates. Donnez-moi votre carnet, parce qu'il veut que je vous demande vos papiers, et que je prenne votre nom et votre adresse. » Il arracha le carnet des mains de mon père qui disait avec un peu d'inquiétude : « Je m'appelle… » – Vous vous appelez Esménard Victor, 82 rue de la République. Maintenant, vous allez partir en courant, pour que ça fasse bon effet. » Le bras tendu, l'index pointé, il nous montrait, d'un air sauvage, le chemin de la liberté. Tandis que nous filions au pas de gymnastique, il mit les mains en porte-voix et hurla : « Et que ça ne vous arrive plus, parce que la prochaine fois, ça se passera à coups de fusil ! » Dès que nous fûmes en sûreté, de l'autre côté du mur, nous fîmes une courte halte, pour nous féliciter, et pour rire à notre aise. »
Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, édition Fallois,1997

Questions
I. Récit et dialogue
1. Identifiez les deux temps de l'indicatif principalement employés dans le discours narratif et précisez leur valeur.
2. Relevez au moins deux caractéristiques du dialogue.
3. Identifiez les temps, mode et voix du verbe de la phrase : « mais l'homme était animé d'une véritable fureur » .
4. 
a) À qui s'adresse le paysan la majeure partie du temps ?
b) De « Et que ça… »  à « … de fusil ! » : quels sont les véritables destinataires de ces hurlements ?
II. Une rencontre imprévue
1. Quelle est l'impression qui se dégage de l'apparition soudaine du paysan ?
2. De « Nous vîmes… » à « … celle d'un chat. », relevez deux exemples d'expansion du nom de nature différente qui confirment cette impression ; vous identifierez la nature et la fonction de ces expansions.
3. De « Nous vîmes… » à « ces paroles fleuries », relevez un exemple de métaphore et de comparaison dans le portrait du paysan.
4. Expliquez le sens du mot « tignasse » .
III. Le faux affrontement
1. 
De « Cependant… » à « … fleuries »
a) Quelles sont les deux expressions qui s'opposent dans cette phrase ?
b) Expliquez ces deux expressions.
2. Pourquoi le paysan fait-il semblant d'être furieux contre la famille du narrateur ?
3. De « Maintenant… » à « … bon effet. », quelle est la fonction de la proposition subordonnée ?
4. Quels sont les différents sentiments éprouvés successivement par la famille du narrateur ?
Réécriture
Vous réécrirez les phrases suivantes de « Ne passez pas sur la berge… » à « … votre adresse. » au style (discours) indirect en commençant à chaque fois par le verbe introducteur suivant :
  • phrase 1 : « Ne passez pas sur la berge tant que vous verrez ces fenêtres ouvertes. », commencez par : « Le paysan leur conseilla… » ;
  • phrase 2 : « Il vaut mieux passer en bas, de l'autre côté, le long des tomates. », commencez par : « Il ajouta… » ;
  • phrase 3 : « Donnez-moi votre carnet, parce qu'il veut que je vous demande vos papiers… », commencez par : « Il lui demanda aussi… ».
Vous ferez toutes les transformations nécessaires.
Dictée
« Vous recopierez intégralement le texte suivant en choisissant parmi les trois mots qui figurent en gras le mot qui vous semble correctement orthographié. Attention : les erreurs que vous pouvez faire en recopiant le texte seront, elles aussi, sanctionnées. Mon père, qui s'appelaits'appellaits'appelais Joseph, était alors un jeune homme brun, de taille médiocre, s'encentsans être petit. Il avait un nez important, mais parfaitement droit et fort heureusementheureusemanthereusement raccourci aux deux bouts par sa moustache et ses lunettes, dont les verres ovales étaient cercléscerclercerclaient d'un mince fil d'acier. Sa voix était grave et plaisante et ses cheveux, d'un noir bleuté, ondulaient naturellement les jours de pluie. Il rencontra un dimanche une petite couturière brune qui s'appelait Augustine, et il la trouva si jolie qu'il l'épousa aussitôt. Je n'ai jamais su comment ils s'étaient connus, car on ne parlait pas de sessaisces choses-là à la maison. »
Marcel Pagnol, La Gloire de mon père

Rédaction
Sujet d'imagination
La mère du narrateur écrit à l'une de ses amies pour lui raconter la scène vécue.
Après une rapide évocation de la situation, elle décrit ses sentiments et tire une leçon de cette journée mouvementée, en argumentant sur l'aspect risqué de l'utilisation de tels raccourcis.
Rédigez cette lettre en une vingtaine de lignes : vous respecterez la situation d'énonciation d'une part, et, d'autre part, les caractéristiques de présentation et de rédaction qui s'imposent dans une lettre.
Sujet de réflexion
Parmi les règles que l'on vous demande d'observer dans la vie quotidienne (par exemple à l'école, à la maison, dans la rue…), lesquelles vous semblent nécessaires ? Lesquelles aimeriez-vous modifier ? Citez deux règles nécessaires. Pourquoi vous paraissent-elles incontournables ? Citez deux règles à modifier. Pourquoi souhaitez-vous les changer ?
(1)Carnet protecteur : il s'agit du carnet de notes où le père du narrateur, en « échange » de l'utilisation du raccourci, inscrit les problèmes remarqués pendant le trajet.

Corrigé

Questions
I. Récit et dialogue
1. Dans ce texte, les deux temps du mode indicatif qui sont employés sont l'imparfait et le passé simple. L'imparfait est utilisé pour les énoncés descriptifs (« Il avait une épaisse tignasse… » ) ou l'évocation d'une action rapportée comme non accomplie (« comme nous franchissions » ). Le passé simple est utilisé pour les actions rapportées comme accomplies, achevées (« … une voix […] nous épouvanta. » ). On dit aussi que l'imparfait correspond à l'arrière-plan et le passé simple au premier plan.
2. Les passages de dialogue sont signalés par la ponctuation, chaque réplique est annoncée par deux points et encadrée par des guillemets « Elle criait : … » et « Hé là bas… » . Elle est aussi annoncée par un verbe introducteur dont le sujet identifie le locuteur (« Elle criait : … » ). Dans le dialogue, les temps ne sont plus ceux du discours narratif. Les locuteurs utilisent tous les temps et modes dont ils ont besoin pour s'exprimer : « … où allez-vous ? » , présent de l'indicatif, « Ne vous en faites pas. » , présent de l'impératif, « … ça se passera à coups de fusil ! » , futur simple de l'indicatif. Dans le discours narratif, le narrateur utilise la première personne du pluriel, « nous », qui représente la famille Pagnol. Dans le dialogue, on trouve une variété de personnes : 1re personne du singulier (« Je m'appelle… » ), 2e personne du pluriel (« … où allez-vous ? » ). Les formes des phrases sont également variées pour restituer l'intonation de chaque réplique : phrase interrogative , phrase exclamative .
3. Dans « mais l'homme était animé d'une véritable fureur » , le verbe animer est à l'imparfait du mode indicatif, à la voix passive.
4. 
a) La majeure partie du temps, le paysan s'adresse à M. Pagnol, le père du narrateur.
b) De « Et que ça… » à « … coups de fusil ! » , les véritables destinataires de ces hurlements sont les patrons qui observent la scène à distance, « à la fenêtre du premier étage » .
II. Une rencontre imprévue
1. L'apparition soudaine du paysan produit une impression terrifiante.
2. « qui fonçait vers nous au pas de course » est une proposition subordonnée relative, complément du nom « paysan », antécédent du pronom relatif « qui ». « en brandissant une fourche. » est une proposition formée sur le gérondif « en brandissant » qui exprime l'action accomplie en même temps que celle du verbe « fonçait », avec la valeur d'un complément circonstanciel de manière du verbe « fonçait ».
3. « une forte moustache noire, hérissée comme celle d'un chat. » est une comparaison. « il arrivait au galop » et « Ce meurtrier… » sont des métaphores. La première rapproche le paysan d'un cheval en raison de la rapidité de sa course, la seconde d'un homme prêt à commettre un meurtre en raison de son attitude menaçante.
4. Le nom « tignasse » est employé pour désigner une chevelure abondante et mal peignée.
III. Le faux affrontement
1. 
a) Les deux expressions qui s'opposent dans cette phrase sont « de sa bouche écumante » et « ces paroles fleuries ».
b) L'expression « de sa bouche écumante » évoque un personnage furieux, hors de lui. Au contraire, l'expression « ces paroles fleuries » correspond à un personnage qui s'exprime avec délicatesse et politesse.
2. Le paysan fait semblant d'être furieux contre la famille du narrateur parce qu'il sait que ses patrons l'observent, il doit donc faire semblant d'être mécontent car il a le devoir de chasser les intrus.
3. La proposition subordonnée conjonctive « … pour que ça fasse bon effet. » est complément circonstanciel de but du groupe verbal « allez partir en courant ».
4. Dans ce récit, la famille du narrateur éprouve différents sentiments. Au début, l'apparition du paysan furieux et menaçant leur cause une grande frayeur. Puis ils sont rassurés quand le paysan leur fait comprendre qu'il n'a pas de mauvaise intention. Cependant, le ton de M. Pagnol manifeste encore « un peu d'inquiétude » quand le paysan lui prend son carnet. À la fin du récit, la famille est satisfaite du dénouement et réjouie par cette aventure qui s'est bien terminée (« pour nous féliciter, et pour rire à notre aise. » ).
Réécriture
Le paysan leur conseilla de ne pas passer sur la berge tant qu'ils verraient ces fenêtres ouvertes.
Il ajouta qu'il valait mieux passer en bas, de l'autre côté, le long des tomates.
Il lui demanda aussi de lui donner son carnet, parce que son patron voulait qu'il lui demandât ses papiers, et qu'il prenne son nom et son adresse.
Note de l'auteur : la transformation au discours indirect entraîne la présence de deux « il » désignant deux personnages différents, le paysan et son patron : « parce qu'il (le paysan) voulait qu'il (son patron) lui demandât ». Il est préférable de préciser « son patron ». On peut admettre « voulait qu'il lui demande » au subjonctif présent.
Dictée
La dictée est un extrait d'un autre récit autobiographique de Marcel Pagnol intitulé La Gloire de mon père. C'est un portrait du père de Marcel Pagnol.
Correction de la dictée fautive : Mon père, qui s'appelait Joseph, était alors un jeune homme brun, de taille médiocre, sans être petit. Il avait un nez important, mais parfaitement droit et fort heureusement raccourci aux deux bouts par sa moustache et ses lunettes, dont les verres ovales étaient cerclés d'un mince fil d'acier. Sa voix était grave et plaisante et ses cheveux, d'un noir bleuté, ondulaient naturellement les jours de pluie. Il rencontra un dimanche une petite couturière brune qui s'appelait Augustine, et il la trouva si jolie qu'il l'épousa aussitôt. Je n'ai jamais su comment ils s'étaient connus, car on ne parlait pas de ces choses-là à la maison.
Orthographe lexicale : le lexique de la dictée est simple. Retenons qu'il y a une consonne doublée dans « s'appelait », « raccourci », « lunettes », « verres », « naturellement », « connus ».
Orthographe grammaticale : attention aux homonymes grammaticaux.
« Sans »/ « s'en »/ « cent ». Dans « sans être petit » on ne peut pas confondre « sans » avec « s'en » ou « cent » grâce à la liaison « sans [z] être ».
« Au »/ « aux ». Le pluriel de l'article défini contracté « aux » est demandé par l'adjectif numéral « deux » qui le suit.
« Ses »/ « ces ». La dictée présente deux occurrences de l'adjectif possessif « ses », (« ses lunettes », « ses cheveux ») faciles à identifier grâce à la présence dans la même phrase de l'adjectif possessif « sa » (« sa moustache », « sa voix »). Pour confirmer qu'il s'agit du possessif, s'interroger en posant la question : est-ce que l'on peut dire « les siens ou les siennes » ? La dictée présente une occurrence de l'adjectif démonstratif « ces » dans « ces choses-là ». Au singulier, on obtiendrait « cette chose-là ».
« Qu'il »/ « qui l' ». Dans « il la trouva si jolie qu'il l'épousa », la locution « si que » est suivie du pronom personnel « il » suivi du pronom personnel « l' », (en fait un « la » élidé devant « épousa ») reprenant « la » qui désigne « une petite couturière ». La forme « qui l' » (qui =  Augustine, l' = le père) serait possible s'il n'y avait pas « et il la trouva si jolie ».
Participes passés : « Je n'ai jamais su » est le verbe « savoir » au passé composé. L'auxiliaire est « avoir », il n'y a pas de COD placé avant. Il n'y a donc aucune marque d'accord. Attention : ne pas confondre avec les formes du verbe « savoir » au passé simple (« je sus », « il sut »). « Ils s'étaient connus » : verbe « connaître » à la forme pronominale, l'auxiliaire « être » demande l'accord avec le sujet « ils ».
Conjugaison : le verbe « appeler » comme la plupart des verbes en -eler ne double la consonne -l que devant une voyelle muette, par exemple au présent, « il appelle ». Il se conjugue avec un seul -l à l'imparfait, l'analyse en syllabes permet de le confirmer : « il ap/ pe/ lait ».
« Raccourci »/ « raccourcit » : « raccourci » est le participe passé du verbe « raccourcir » employé ici dans une forme passive dont le verbe « être » est sous-entendu : « un nez important [qui était] heureusement raccourci […] par sa moustache » (complément d'agent). « raccourcit » est la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif. On devrait donc pouvoir le remplacer par l'imparfait, « raccourcissait » ce qui n'est pas possible ici.
Rédaction
Sujet d'imagination
Ma chère Céline,
Nous voici installés pour les vacances d'été dans notre mas des collines. Joseph a emmené les enfants en promenade dans la garrigue. Je mets à profit ce moment de calme pour te raconter notre dernière aventure, qui m'a bouleversée. Tu connais le fameux « raccourci de Bouzigue », qui abrège notre trajet d'une demi-heure. C'est à cause de lui que j'ai eu tout à l'heure la plus grande frayeur de ma vie.
Nous venions juste de passer une haie quand nous avons vu un énergumène hirsute foncer sur nous armé d'une fourche en hurlant « Hé là-bas, où allez-vous ? ». J'ai cru que c'était un propriétaire irascible, un fou qui allait nous massacrer ! J'ai serré Marcel contre moi tandis que Paul se cachait dans un buisson. Joseph, qui était devant nous, semblait l'ignorer, écrivant dans son carnet. L'homme s'est arrêté à quelques mètres, a brandi sa fourche avant d'en planter le manche dans le sol puis il s'est avancé vers Joseph en gesticulant comme un homme en fureur. Quelle ne fut pas notre surprise quand de sa bouche tordue par la colère sont sorties des paroles rassurantes ! Nous avons alors compris qu'il simulait la colère pour donner le change à ses patrons qui nous regardaient de la fenêtre du premier étage de la maison. Au lieu de nous reprocher notre intrusion, il nous a même indiqué un meilleur chemin pour passer inaperçus. Il a fait semblant de relever notre nom puis nous a chassés d'un geste impérieux non sans hurler de nouveau des menaces qui ont dû impressionner ses patrons.
Aussitôt le mur franchi, nous avons fait une pause pour laisser éclater notre soulagement. Joseph et les petits riaient beaucoup. Il est vrai que la scène, la première frayeur passée, était d'un comique irrésistible. Le contraste entre les gestes et les paroles du gardien était digne d'un grand comédien. Pour ma part, je dois t'avouer que je riais « jaune ». Je n'ai jamais été d'accord avec Joseph quant à son idée de pénétrer dans une propriété privée, qui plus est avec un double de clef, pour nous épargner un moment de marche. Je préfère marcher une demi-heure de plus mais avoir l'esprit tranquille en considérant que nous faisons notre première promenade des vacances. Mais Joseph a une telle confiance dans la nature humaine que notre stratagème lui paraît sans danger. D'une certaine façon, notre mésaventure lui donne raison puisqu'elle s'est bien terminée. Mais elle peut aussi nous servir d'avertissement, nous pourrions tomber sur un propriétaire acariâtre qui serait en droit de porter plainte. Quelle honte serait-ce là pour la famille de l'instituteur du village ! Après une longue discussion, Joseph s'est résigné à la prudence. Il va rendre sa clef à Bouzigue et lui demander désormais de nous transporter avec sa carriole. Nous lui donnerons cinq francs et je suis sûre que les enfants seront enchantés de conduire son âne. Ce sera la meilleure façon de commencer les vacances en toute sécurité !
J'arrête ici mes confidences car j'entends les voix joyeuses de ma petite famille qui rentre de sa promenade. Nous vous attendons comme prévu pour passer ensemble la journée du 14 juillet. Avec votre automobile, pas question de prendre les raccourcis, mais soyez prudents, la route est tortueuse. Je vous embrasse bien fort et vous dis au plaisir de vous retrouver bientôt.
Augustine.
Sujet de réflexion
Assurément notre vie est régie par de nombreuses contraintes et obligations en tous genres. Depuis notre plus jeune âge, nos parents nous répètent sans cesse les règles de conduite à suivre : « Ne mets pas tes coudes sur la table », « Ferme la bouche en mangeant », bref, « Fais pas ci, fais pas ça» . C'est pourquoi nous nous plaignons souvent du poids de ces interdits. car ils exigent de nous beaucoup d'efforts. Pourtant nous prenons conscience en grandissant que certaines règles sont nécessaires à toute vie en société.. Une de ces règles, dont on parle fréquemment depuis quelque temps, est la politesse ; celle-ci exige que l'on s'excuse avec un « pardon », que l'on formule une demande avec un « s'il vous plaît » suivi d'un « merci », que l'on cède sa place dans le bus ou le métro à une personne âgée ou une femme enceinte. Ce sont là des formules ou des marques de respect élémentaires qui rendent les relations humaines plus agréables, plus courtoises. De même, on trouve parfois pénible de jeter un papier dans une poubelle pourtant prévue à cet usage. Trop souvent je constate que des personnes jettent par terre un paquet de cigarettes vide, un emballage de barre chocolatée, un mouchoir en papier, quand ce n'est pas une canette de soda ou le contenu d'un cendrier de voiture ! Ce manque de propreté et de civilité, de savoir-vivre devient très gênant car il altère nos conditions de vie, pollue notre environnement. L'écologie doit être une préoccupation de chacun de nous, y compris dans les gestes simples de la vie quotidienne. N'est-il pas plus agréable de vivre dans un milieu préservé que dans des rues jonchées de détritus divers ?
Au contraire, certaines règles ou obligations sont plus discutables. La plupart des parents ne tolèrent le désordre dans la chambre de leurs enfants : tout doit y être parfaitement rangé. Or la chambre est le seul espace intime qui leur est entièrement réservé. C'est leur espace personnel, leur univers, à l'image d'une personnalité en construction. Malgré cela, les parents veulent absolument y faire appliquer leurs règles à eux. Une liberté un peu plus grande, une plus grande tolérance pourraient être accordées dans la gestion de cet espace. Mais il revient à l'adolescent d'assumer pleinement ses choix, sans nuire à l'harmonie de la maisonnée. À l'école également, certaines règles mériteraient d'être assouplies. On interdit aux élèves de parler entre eux. Or, dans la cadre d'un cours par exemple, la discussion, l'échange, le dialogue sont souvent profitables, bénéfiques ; en effet, ils permettent la confrontation de points de vue, la construction d'une démarche dans un travail de groupe. Parfois il s'agit seulement d'expliquer une consigne à un camarade. Bien entendu, cette parole plus libre doit restée contrôlée, par l'enseignant mais d'abord et surtout par les élèves eux-mêmes car il est essentiel de préserver un espace d'écoute, d'expression et de travail.
En conclusion, l'idéal serait d'assouplir quelques règles et interdits parfois trop stricts, qui freinent l'épanouissement et la formation de l'enfant, tout en montrant que des règles, librement acceptées, des repères communément admis sont nécessaires à toute vie sociale harmonieuse, ce qui sera bénéfique à tous.
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