Assistance scolaire personnalisée

Mercredi 3 septembre 2014. Bonjour > Se connecter
icone FicheFiche
Icône de rechercheRechercher

Texte de Colette

Énoncé

« Beau temps. On a mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissent sur le sable sec, les autres mijotent au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l'ombrelle de toile rayée, oublie délicieusement ses deux gosses et s'enivre, les joues chaudes, d'un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue… – Maman !… – … – Maman, dis donc, maman !… Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts, les joues sablées comme un gâteau… – Maman, dis donc, maman… Les yeux de la liseuse se lèvent enfin, hallucinés, et elle jette dans un petit aboiement excédé : – Quoi ? – Maman, Jeannine est noyée, répète le bon gros petit garçon têtu. Le livre vole, le pliant tombe… – Qu'est-ce que tu dis, petit malheureux ? ta sœur est noyée ? – Oui. Elle était là, tout à l'heure, elle n'y est plus. Alors je pense qu'elle s'est noyée. La jeune maman tourbillonne comme une mouette et va crier… quand elle aperçoit la « noyée » au fond d'une cuve de sable, où elle fouit(1) comme un ratier… – Jojo ! tu n'as pas honte d'inventer des histoires pareilles pour m'empêcher de lire ? Tu n'auras pas de chou à la crème à quatre heures ! Le bon gros écarquille des yeux candides(2). – Mais c'est pas pour te taquiner, maman ! Jeannine était plus là, alors je croyais qu'elle était noyée. – Seigneur ! Il le croyait !!! Et c'est tout ce que ça te faisait ? Consternée, les mains jointes, elle contemple son gros petit garçon, par-dessus l'abîme qui sépare une grande personne civilisée d'un petit enfant sauvage… »
Colette, « En baie de Somme », Les Vrilles de la vigne, 1908

Questions
I. Une famille à la plage
1. À quoi les enfants sont-ils comparés dans le premier paragraphe ? Justifiez votre réponse en relevant le champ lexical dominant.
2. Que font les deux enfants avant que Jojo ne vienne voir sa mère ? Justifiez vos réponses en citant le texte.
3. 
a) Que fait la mère dans le premier paragraphe ?
b) Par rapport à ses enfants, quelle est la conséquence de cette activité ?
4. 
a) Dans la dernière phrase du premier paragraphe, le verbe « s'enivrer » a-t-il son sens courant ? Justifiez votre réponse.
b) Quelles sont la nature et la fonction du mot « hallucinés »  ?
c) Comment expliquez-vous l'emploi de « hallucinés » par rapport à celui de « s'enivre » ?
II. L'action
1. Quels sont les procédés utilisés pour souligner que le dialogue entre la mère et l'enfant piétine tout d'abord ?
2. 
« Le livre vole, le pliant tombe… »
a) Quelle réaction de la mère cette phrase traduit-elle ?
b) Nommez deux procédés d'écriture utilisés pour souligner cette réaction.
3. 
« Alors je pense qu'elle s'est noyée. »
a) Remplacez l'adverbe « alors » par une conjonction de coordination de même sens.
b) Quel rapport logique ces deux mots expriment-ils ?
c) Quel aspect de la personnalité de Jojo apparaît ici ?
4. De « – Jojo ! … » à « … te faisait ? » , précisez au moins deux reproches exprimés par la mère contre son fils.
5. 
« Seigneur ! Il le croyait !!! Et c'est tout ce que ça te faisait ? »
a) Comment la ponctuation est-elle utilisée dans cette phrase ?
b) Quel est le sentiment de la mère ainsi souligné ?
III. Une scène de comédie
1. Montrez que ce texte se rattache au genre théâtral. Montrez ensuite en quoi il en diffère. Justifiez votre réponse en vous appuyant sur l'ensemble du texte.
2. 
De « La jeune maman… » à « … comme un ratier… »
a) À quoi la mère est-elle comparée ? À quoi la fille est-elle comparée ?
b) Quel est le point commun entre ces deux comparaisons ?
3. Qu'y a-t-il de comique dans la façon dont Jojo annonce à sa mère la noyade de Jeannine ?
IV. Pour conclure
En vous appuyant sur l'ensemble de vos réponses, indiquez si la mère vous paraît correspondre totalement à l'expression « grande personne civilisée » et l'enfant à l'expression « petit enfant sauvage » . Justifiez votre réponse.
Réécriture
De « Beau temps. » à « – Quoi ? » , réécrivez le texte en utilisant le système des temps du passé (plus-que-parfait, imparfait, passé simple).
Dictée
« La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu'au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis. »
Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne, 1908

Rédaction
L'utilisation d'un dictionnaire de langue française est autorisée.
Un peu plus tard, le père rejoint sa famille à la plage. Un dialogue s'engage entre les trois personnages : la mère explique à son époux ce qui vient de se passer ; Jojo proteste ; le père tente de les réconcilier. Écrivez ce dialogue.
Critères de réussite :
  • comme dans le texte de Colette, vous ferez alterner des passages narratifs et des temps de dialogue ;
  • vous respecterez les caractéristiques de rédaction et de présentation d'un dialogue ;
  • à l'intérieur du dialogue, les personnages devront raconter, expliquer et argumenter ;
  • vous veillerez à la cohérence par rapport au texte de départ ;
  • vous veillerez à la correction de la langue.
(1)Fouir : creuser à la manière d'un petit chien (ratier).
(2)Candides : innocents, naïfs.

Corrigé

Les conseils de l'enseignant
Le texte est un extrait des Vrilles de la vigne, « En baie de somme » : l'auteur y rapporte des choses vues, dans un passage qui mêle narration et dialogue. Les questions peuvent porter sur ce mélange, sur les personnages, la petite histoire racontée, sur la scène qui se déroule sur cette plage en été.
Questions
I. Une famille à la plage
1. Les enfants sont comparés à de la « viande » cuite : un poulet qui rôtit, un morceau de viande qui mijote dans une cocotte. « Cuire », « rôtissent », « mijotent », « bain-marie », « chaudes » appartiennent au champ lexical de la cuisine et de la chaleur qui explique cette comparaison.
2. Les enfants jouent à creuser de grands trous dans le sable pour s'y ensevelir (« une cuve de sable » ), à faire des pâtés, des châteaux de sable (« la pelle aux doigts, les joues sablées » ). Ce sont les jeux habituels des enfants sur une plage de sable.
3. 
a) La mère lit un roman : « s'enivre, les joues chaudes, d'un roman mystérieux » .
b) Elle est totalement absorbée par sa lecture, par conséquent elle ne s'occupe plus de ses enfants, ne les surveille plus : « oublie délicieusement ses deux gosses » .
4. 
a) Dans son sens courant le verbe « s'enivrer » signifie devenir « ivre », « saoul » sous l'effet de l'alcool. Ici, ce verbe signifie « être grisé, exalté » par la joie de lire un roman qui la passionne car il est « mystérieux », peut-être plein de suspense ou d'aventures.
b) « Hallucinés » est un adjectif qualificatif qui dérive du participe passé du verbe halluciner. Il est apposé au nom « les yeux ».
c) Cet adjectif s'emploie ici car il est le signe physique de l'ivresse de la « liseuse », plongée dans la lecture de son roman ; elle a l'air égarée quand elle est brusquement ramenée à la réalité par les appels répétés de son fils. Elle était ailleurs, évadée dans l'univers du roman.
II. L'action
1. La répétition des appels de l'enfant , , et , la répétition de « têtu » et , les points de suspension traduisant le silence de la mère perdue dans sa lecture et l'attente de l'enfant , et , l'emploi de la phrase exclamative montrent bien que le dialogue avec sa mère piétine tout d'abord.
2. 
a) La phrase traduit l'affolement de la mère, sa peur quand elle entend que sa fille s'est noyée.
b) Les deux propositions sont juxtaposées, séparées par une virgule ; elles sont courtes, minimales (sujet et verbe). Ces procédés renforcent l'impression d'affolement de la mère.
3. 
a) Elle était là, tout à l'heure, elle n'y est plus. Je pense donc qu'elle s'est noyée.
b) Ces deux mots « alors » et « donc » expriment un rapport logique de conséquence : c'est la conclusion à laquelle parvient Jojo en interprétant les faits, qui fonctionnent comme des causes.
c) Jojo apparaît comme un enfant qui réfléchit, qui raisonne mais il est surtout crédule, naïf car il imagine immédiatement que sa sœur s'est noyée puisqu'il ne la voit plus.
4. La mère reproche d'abord à son fils d'inventer cette histoire de noyade pour l'empêcher de lire. Ensuite, elle lui reproche de rester indifférent, insensible à la prétendue mort de sa sœur : « Et c'est tout ce que ça te faisait ? »
5. 
a) La ponctuation est fortement expressive dans cette phrase : emploi répété et accumulé du point d'exclamation (« Seigneur ! Il le croyait !!! »), utilisation du point d'interrogation.
b) La mère est consternée, c'est-à-dire stupéfaite, atterrée par l'attitude de son fils.
III. Une scène de comédie
1. Ce texte peut se rattacher au genre théâtral car il plante d'abord le décor de la scène (plage, chaleur, accessoires), met en scène les personnages (la mère et ses enfants) et comporte un dialogue avec des phrases qui fonctionnent comme des didascalies exprimant les gestes, les sentiments, le jeu des acteurs (« Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts, les joues sablées comme un gâteau… » ). Mais il en diffère aussi car on relève ici les techniques du récit : présence d'un narrateur qui raconte les événements selon son point de vue ; verbe introduisant le discours direct rapportant les paroles des personnages (« répète » ), alternance de passages narratifs et dialogués.
2. 
a) La mère est comparée à une mouette.
b) Comme la mouette dans le ciel, la mère, affolée, tourbillonne sur la plage ; comme l'oiseau, elle va crier. Enfin, on peut penser que la mère est aussi blanche que la mouette, à cause de la peur, de la stupeur d'apprendre la « noyade » de Jeannine.
3. Le calme de Jojo quand il annonce la mort de sa sœur est un élément comique de la scène ; il semble ne pas mesurer l'horreur d'un tel drame. L'auteur joue sur ce décalage entre la nouvelle et la façon de l'annoncer.
IV. Pour conclure
La mère ne correspond pas totalement à l'expression « grande personne civilisée » car, bien qu'elle soit une adulte et une mère de famille, elle laisse ses enfants sans surveillance sur la plage, au bord de l'eau ; elle n'a pas vraiment conscience des dangers qu'ils courent puisqu'elle se plonge et s'absorbe complètement dans la lecture d'un roman. « La jeune maman […] oublie délicieusement ses deux gosses… ». Au lieu de comprendre les réactions de son fils, de le rassurer, de lui expliquer, elle réagit avec colère (« aboiement excédé ») parce que Jojo la dérange dans sa lecture, elle le gronde et le punit en le privant de « … chou à la crème à quatre heures ! » Quant à Jojo, il n'est pas totalement non plus un « petit enfant sauvage » : il est petit et pourtant livré à lui-même puisque sa mère ne le surveille pas, ne joue pas avec lui ; lorsqu'il ne voit plus sa sœur, qui a disparu au fond de la cuve qu'elle creuse dans le sable, il croit naïvement qu'elle s'est noyée et donc tente d'avertir sa mère, à sa façon. Il lui explique son raisonnement . Certes, il reste calme, comme distant, insensible, mais ce n'est qu'un enfant, et il a eu conscience du danger qu'aurait pu courir Jeannine. On a l'impression que la jeune maman réagit comme un enfant alors que Jojo a parfois un comportement d'adulte.
Réécriture
Beau temps. On avait mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissaient sur le sable sec, les autres mijotaient au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l'ombrelle de toile rayée, oubliait délicieusement ses deux gosses et s'enivrait, les joues chaudes, d'un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue…
– Maman !…
– …
– Maman, dis donc, maman !…
Son gros petit garçon, patient et têtu, attendait, la pelle aux doigts, les joues sablées comme un gâteau…
– Maman, dis donc, maman…
Les yeux de la liseuse se levèrent enfin, hallucinés, et elle jeta dans un petit aboiement excédé :
– Quoi ?
Dictée
Le texte est un autre extrait des Vrilles de la vigne, de Colette, tiré de « Partie de pêche ». On retrouve les mêmes caractéristiques que celles de « En baie de Somme » : récit au présent, combiné avec le passé composé, présence du narrateur, champ lexical de la mer et de la plage.
Il faut faire attention aux terminaisons des verbes et à leur accord avec le sujet.
Trois verbes du premier groupe sont conjugués au présent de l'indicatif, 3e personne du singulier ; la terminaison est -e : « On ne pense pas… », « on joue », « une langue […] arrache ».
Trois verbes du troisième groupe sont conjugués au présent de l'indicatif, 3e personne du singulier ; la terminaison est -t : « on lit » (lire), « on dort » (dormir), « la mer est là » (être).
Un verbe du troisième groupe est conjugué au présent de l'indicatif, 1re personne du singulier ; la terminaison est -s : « je la connais » (connaître).
Quatre verbes sont conjugués au passé composé avec l'auxiliaire avoir ; le participe passé ne s'accorde pas avec le complément d'objet car, à chaque fois ici, il est placé après le verbe : « elle a couvert » (ses vingt kilomètres), « elle a mouillé » (le livre), « noirci » (la jupe), « noyé » (le jeu de croquet et le tennis). Pour se souvenir de la terminaison du participe passé, il faut le mettre au féminin : couvert, couverte (couvrir) ; mouillé, mouillée (mouiller) ; noirci, noircie (noircir) ; noyé, noyée (noyer).
Un verbe est conjugué au passé composé avec l'auxiliaire être ; le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet : « La mer est partie… ».
Un verbe est conjugué au futur simple, à la 3e personne du singulier ; la terminaison est en -ra pour tous les verbes : « … elle ne reviendra peut-être plus jamais ? », « elle reviendra ».
Un verbe est conjugué au subjonctif passé après la conjonction de subordination avant que : « Avant qu'on l'ait prévu… » ; le participe passé s'accorde avec le pronom personnel COD placé avant l' (le).
Les adjectifs qualificatifs ou les participes passés épithètes s'accordent en genre et en nombre avec le nom qu'ils qualifient : « une langue froide, insinuée » ; « un cri nerveux » ; « une vitesse silencieuse » ; « la jupe blanche ». Plusieurs adjectifs sont apposés à un nom avec lequel ils s'accordent en genre et en nombre : « elle [la mer] reviendra, traîtresse et furtive » ; « la mer est là, toute plate ».
Plusieurs mots se terminent par une consonne que l'on n'entend pas ; on peut l'identifier parfois en mettant au féminin ou en cherchant un mot de la même famille : « jamais » (formé à partir de « déjà » et de « mais »), « moment » (momentané, momentanément), « vingt » (vingtaine), « serpent » (serpenter), « avant », « croquet ».
Il ne faut pas confondre les homonymes : « est » (elle est partie)/ « et » (traîtresse et furtive) ; « la » (la mer, je la connais)/ « là » (la mer est là) ; « ses » (vingt kilomètres)/ ces ; (le) « jeu »/ « je » (la connais).
Rédaction
Un peu plus tard, le jeune papa arrive, apportant des boissons fraîches à toute sa petite famille. Les enfants, calcinés par le soleil de plomb, se précipitent pour se désaltérer avidement. La maman en profite pour raconter à son mari la frayeur qu'elle vient d'avoir et qui l'a toute retournée.
– Tout à l'heure, Jojo m'a annoncé avec un calme désarmant que Jeannine s'était noyée. Sur le moment, ça m'a bouleversée. J'en avais les jambes coupées ! J'ai cru qu'il le disait pour me taquiner, pour me faire sortir de mon roman. Mais non ! Il était sérieux. Mon sang n'a fait qu'un tour, j'étais glacée. Je l'imaginais déjà… C'était horrible.
– Oh ! Ma chérie, comme tu as dû avoir peur ! répond le mari en la réconfortant. Mais notre fille est là, bien vivante. Regarde-la. Je t'ai déjà dit que tu étais trop impressionnable.
Jojo, qui a fini de boire son jus de fruits, réagit aussitôt pour expliquer l'incident.
– Oui, mais Jeannine, elle avait disparu. Je ne la voyais plus, alors j'ai cru qu'elle s'était noyée. Donc, je voulais le dire à maman mais elle ne m'écoutait pas, elle lisait… J'insistais, elle n'entendait rien…
– Quoi ! Ton fils est vraiment incroyable, proteste-t-elle vivement en l'interrompant. Bientôt il va me reprocher de lire et de me détendre ! C'est un comble !
Jojo insiste lourdement et regarde son père ; il espère trouver en lui un allié, ou du moins quelqu'un qui l'écoute et le comprend.
– Pourquoi tu ne répondais pas ?
Mais la jeune maman poursuit.
– Je leur ai donné leurs seaux, leurs râteaux et leurs pelles pour qu'ils jouent tranquillement près de moi. Je me suis installée sous l'ombrelle et j'ai ouvert mon livre. Ce n'est pas ma faute s'ils ont désobéi et s'ils se sont éloignés. Je ne peux tout de même pas avoir constamment les yeux sur eux.
– D'accord, Pauline, mais Jojo est encore petit, il est vite perdu quand il ne voit plus sa sœur. Tu aurais dû les surveiller de plus près, ou en tout cas réagir plus vite quand Jojo t'a appelée. Je ne te reproche rien car il n'est rien arrivé mais imagine que…
– Tu ne reproches rien mais tu me reproches quand même de mal m'occuper des enfants, coupe-t-elle. Et toi, où étais-tu pendant que je vivais ce cauchemar ? Pour Monsieur, c'est la femme, et seulement elle qui doit s'occuper des enfants. Toute l'année, y compris pendant les vacances ! Moi aussi, j'ai droit à des vacances, moi aussi j'ai besoin de repos, d'évasion. Alors pour une fois que je pouvais lire tranquillement !
La jeune femme, attaquée sur son rôle de maman, boude et se défend comme elle peut ; son front s'obsurcit, ses lèvres se pincent. On sent la colère monter. Jojo comprend qu'il est la cause de cette dispute qui éclate entre ses parents et entreprend de voler au secours de sa mère.
– Ce n'est pas grave, maman, papa, je me suis affolé trop vite. J'aurais dû mieux regarder : j'aurais sans doute vu que Jeannine creusait un grand trou dans le sable, là-bas, un peu plus loin. C'est ma faute. Et puis il y avait beaucoup de bruit autour de nous ; des enfants criaient, riaient. Maman ne m'a pas entendu à cause de ce vacarme. Tu vois bien, papa, que ce n'est pas sa faute.
L'enfant fait de gros efforts pour excuser la distraction de sa mère et réconcilier ses parents ; il est très malheureux de cette situation qu'il a créée. Quand le jeune père voit la mine déconfite de son fils et le visage fermé de son épouse, il décide d'oublier cet incident.
– Bon, je crois que cette chaleur énerve tout le monde. Le temps est orageux. Qu'est-ce que vous diriez si nous allions manger une glace, une énorme glace ? Y a-t-il des amateurs pour une bonne glace à la fraise ou au chocolat, plutôt que pour une soupe à la grimace ?
C'est ainsi que se clôt cet incident. Le père et la mère sourient, se regardent tendrement, oubliant la dispute aussi vite qu'elle a éclaté. Jojo et Jeannine sautent de joie. Ah ! Les enfants ! Que de tracas ! Quelle source de conflits entre parents !
© rue des écoles. Tous droits réservés.
Partager
Partager sur Tweeter