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Blaise Cendrars, L'or

Énoncé

« C'était le 6 mai 1834. Les vauriens du pays entouraient un petit Savoyard qui tournait la manivelle de son orgue de Sainte-Croix, et les mioches avaient peur de la marmotte émoustillée qui venait de mordre l'un d'eux. Un chien noir pissait contre l'une des quatre bornes qui encadraient la fontaine polychrome. Les derniers rayons du jour éclairaient la façade historiée(1) des maisons. Les fumées montaient tout droit dans l'air pur du soir. Une carriole grinçait au loin dans la plaine. Ces paisibles campagnards bâlois(2) furent tout à coup mis en émoi par l'arrivée d'un étranger. Même en plein jour, un étranger est quelque chose de rare dans ce petit village de Rünenberg ; mais que dire d'un étranger qui s'amène à une heure indue, le soir, si tard, juste avant le coucher du soleil ? Le chien noir resta la patte en l'air et les vieilles femmes laissèrent choir leur ouvrage. L'étranger venait de déboucher par la route de Soleure. Les enfants s'étaient d'abord portés à sa rencontre, puis ils s'étaient arrêtés, indécis. Quant au groupe de buveurs, « Au Sauvage », ils avaient cessé de boire et observaient l'étranger par en dessous. Celui-ci s'était arrêté à la première maison du pays et avait demandé qu'on veuille bien lui indiquer l'habitation du syndic(3) de la commune. Le vieux Buser, à qui il s'adressait, lui tourna le dos et, tirant son petit-fils par l'oreille, lui dit de conduire l'étranger qui s'éloignait à longues enjambées derrière l'enfant trottinant. On vit l'étranger pénétrer chez le syndic. Les villageois avaient eu le temps de le détailler au passage. C'était un homme grand, maigre, au visage prématurément flétri. D'étranges cheveux d'un jaune filasse sortaient de dessous un chapeau à boucle d'argent. Ses souliers étaient cloutés. Il avait une grosse épine(4) à la main. Et les commentaires d'aller bon train. « Ces étrangers, ils ne saluent personne », disait Buhri, l'aubergiste, les deux mains croisées sur son énorme bedaine. « Moi, je vous dis qu'il vient de la ville », disait le vieux Siebenhaar qui autrefois avait été soldat en France ; et il se mit à conter une fois de plus les choses curieuses et les gens extravagants qu'il avait vus chez les Welches(5). Les jeunes filles avaient surtout remarqué la coupe raide de la redingote et le faux col à hautes pointes qui sciait le bas des oreilles ; elles potinaient à voix basse, rougissantes, émues. Les gars, eux, faisaient un groupe menaçant auprès de la fontaine ; ils attendaient les événements, prêts à intervenir. »
Blaise Cendrars, L'Or, 1925

Questions
I. Une campagne paisible
1. Où et quand se déroule la scène ? Citez le texte précisément pour répondre.
2. 
« la fontaine polychrome » .
a) Proposez une définition du mot « polychrome ».
b) Donnez deux autres mots, l'un construit avec le même préfixe, l'autre avec le même radical.
3. « la façade historiée des maisons » .
Relevez les expansions présentes dans ce groupe nominal. Précisez leur fonction.
4. De « les vauriens du pays » à « l'air pur du soir » , comment s'organise la description ? Justifiez votre réponse.
5. Quelles impressions se dégagent de la description des lieux ? Justifiez votre réponse.
II. Un étranger
1. 
a) Quel élément bouleverse le quotidien des villageois ?
b) De « même en plein jour » à « coucher du soleil » , relevez deux indices grammaticaux qui soulignent ce changement.
c) « Même en plein jour, un étranger est quelque chose de rare dans ce petit village de Rünenberg. »  : quelle est la valeur du présent dans cette phrase ?
2. 
« Celui-ci […] avait demandé qu'on veuille bien lui indiquer l'habitation du syndic de la commune » .
a) À quel type de discours ces paroles sont-elles rapportées ?
b) Réécrivez les paroles de l'étranger telles qu'il les a prononcées.
3. 
a) Relevez dans les deux derniers paragraphes quatre éléments du portrait de l'étranger.
b) Quel est l'effet produit par cette description ?
III. Les réactions des villageois
1. De « Même en plein jour… » à « la commune. » , quelle est la conséquence immédiate de l'arrivée de l'étranger pour les villageois ?
Justifiez votre réponse en citant précisément le texte.
2. 
« Ces étrangers, ils ne saluent personne » .
a) Quelle est la particularité de la construction de cette phrase ?
b) Que révèle-t-elle sur l'état d'esprit de l'aubergiste ?
3. « rougissantes, émues » .
Pourquoi les jeunes filles réagissent-elles de cette façon ?
4. 
« Les gars, eux, faisaient un groupe menaçant auprès de la fontaine ; ils attendaient les événements, prêts à intervenir. » .
a) Relevez les propositions de cette phrase, donnez leur nature et précisez comment la phrase est construite.
b) Pourquoi et comment sont-ils « prêts à intervenir » ?
5. En vous appuyant sur vos réponses précédentes, expliquez pourquoi le nom du bar des buveurs est particulièrement bien choisi.
Réécriture
Réécrivez ce passage en mettant le verbe « resta » au présent de l'indicatif et en effectuant toutes les modifications nécessaires entraînées par ce changement :
« Le chien noir resta la patte en l'air et les vieilles femmes laissèrent choir leur ouvrage. L'étranger venait de déboucher par la route de Soleure. Les enfants s'étaient d'abord portés à sa rencontre, puis ils s'étaient arrêtés, indécis. Quant au groupe de buveurs, "Au Sauvage", ils avaient cessé de boire et observaient l'étranger par en dessous. Celui-ci s'était arrêté à la première maison du pays […] ».
Dictée
« Cette brusque apparition et ce départ précipité bouleversaient ces paisibles villageois. L'enfant s'était mis à pleurer. La pièce d'argent que l'étranger lui avait donnée circulait de main en main. Des discussions s'élevaient. L'aubergiste était parmi les plus violents. Il était outré que l'étranger n'ait même point daigné s'arrêter un moment chez lui pour vider un cruchon. »
Blaise Cendrars, L'Or, 1925

Rédaction
Sujet d'imagination
Racontez à votre tour l'arrivée d'une personne nouvelle au sein d'un groupe, dans un lieu qui lui est inconnu.
Votre narration comprendra une description des lieux et des personnages, et vous mettrez en valeur les réactions et les sentiments de chacun.
Rédigez ce texte en respectant les règles de l'orthographe et la grammaire française.
Critères d'évaluation :
  • le récit pourra être rédigé à la première ou à la troisième personne ;
  • il comportera des passages descriptifs ;
  • il exprimera des réactions et des sentiments ;
  • il sera tenu compte de la correction de l'orthographe et du respect des règles grammaticales.
Sujet de réflexion
Selon vous, qu'est-ce que le tourisme, les voyages peuvent vous apporter ?
Vous présenterez votre réflexion dans un texte organisé d'une trentaine lignes environ. Vous proposerez au moins trois arguments illustrés d'exemples.
(1)Façade historiée : façade décorée de scènes avec des personnages.
(2)Bâlois : de la région de Bâle, ville de Suisse, comme Rünenberg et Soleure.
(3)Le syndic : le maire de la commune.
(4)Épine : bâton.
(5)Les Welches : les Français.

Corrigé

Les conseils de l'enseignant
Le texte est extrait d'un roman : il raconte l'arrivée d'un étranger dans un village, ce qui est un thème traditionnel de la littérature. Les questions porteront donc sur le portrait de l'inconnu, sur les lieux et sur les réactions des personnages, comme le prouvent les titres des trois rubriques. Il faut mobiliser principalement les outils d'analyse de la description.
Questions
I. Une campagne paisible
1. La scène se déroule « le 6 mai 1834 », dans le « petit village de Rünenberg », dans la région de Bâle (« ces paisibles campagnards bâlois », ).
2. 
a) L'adjectif « polychrome » signifie « de plusieurs couleurs ».
b) Un polyglotte est une personne qui parle plusieurs langues. Le contraire de polychrome est monochrome (d'une seule couleur).
3. Ce groupe nominal comporte un adjectif qualificatif épithète, « historiée », et un groupe nominal complément du nom « façade », « des maisons ».
4. La description s'organise du proche au lointain : on observe d'abord les enfants qui entourent le petit joueur d'orgue ; puis on passe au chien et à la fontaine, ensuite aux maisons et à leur « façade historiée », aux cheminées qui fument « dans l'air pur du soir », enfin à la plaine (« au loin dans la plaine »).
5. Une impression de paix, de calme se dégage de ce paysage : c'est la vie ordinaire de ce village et de ses habitants qui est décrite ici.
II. Un étranger
1. 
a) L'élément qui boulverse le quotidien des villageois est l'arrivée d'un étranger .
b) L'imparfait de l'indicatif, remplacé par le passé simple (« furent mis »), et l'emploi de la locution adverbiale « tout à coup » renforcent l'idée du changement, du bouleversement soudain.
c) Dans cette phrase, le présent a une valeur de vérité générale.
2. 
a) Les paroles sont rapportées au discours indirect.
b) « Voudriez-vous bien m'indiquer l'habitation du syndic de la commune ? »
3. 
a) On remarque plusieurs éléments dans le portrait de l'étranger : « un homme grand, maigre » , « étranges cheveux d'un jaune filasse » , « un chapeau à boucle d'argent » , « la coupe raide de la redingote » et « le faux col à hautes pointes » .
b) Ce portrait produit une impression d'étrangeté : l'inconnu est différent des villageois par son aspect physique, ses vêtements, son allure générale, son comportement. On note les expressions « choses curieuses », « les gens extravagants » qui viennent renforcer cette impression.
III. Les réactions des villageois
1. L'arrivée de l'étranger provoque un émoi évident mais surtout une interruption des activités des villageois ; tout semble en suspens, comme arrêté, dans une attente méfiante : « le chien noir resta la patte en l'air et les vieilles femmes laissèrent choir leur ouvrage » ; « [les enfants] s'étaient arrêtés, indécis » ; les buveurs « avaient cessé de boire ».
2. 
a) La construction met en relief « ces étrangers », en détachant ce groupe de mots en tête de phrase.
b) L'aubergiste généralise à partir du comportement de l'inconnu : on passe du singulier, « l'étranger », au pluriel, « ces étrangers ». La mise en relief, par le détachement en tête de phrase, montre que l'aubergiste n'aime pas les étrangers, auxquels il reproche leur impolitesse. C'est une façon un peu méprisante de parler d'eux.
3. Les jeunes filles sont émues et rougissent car elles sont comme attirées, intriguées par cet inconnu, si différent des villageois par son allure, ses vêtements. Pour elles, c'est un véritable événement qui bouleverse leur quotidien, sans doute triste et ennuyeux.
4. 
a) La phrase comporte deux propositions indépendantes : « Les gars, eux, faisaient un groupe menaçant auprès de la fontaine » et « ils attendaient les événements, prêts à intervenir ». Les deux propositions indépendantes sont juxtaposées grâce au point-virgule.
b) Les gars se rassemblent auprès de la fontaine et unissent leurs forces pour défendre le village et les jeunes filles au cas où l'étranger, l'indésirable, se montrerait menaçant ou dangereux. Ils sont donc aux aguets, « prêts à intervenir ».
5. Le nom du bar, « Au Sauvage », est bien choisi car les villageois ne se montrent pas du tout accueillants envers cet inconnu : ce sont des sauvages car ils vivent repliés sur eux-mêmes, isolés, comme coupés des autres villages et de la ville, méfiants à l'égard de ceux qu'ils ne connaissent pas, surtout quand ils arrivent le soir !
Réécriture
Le chien noir reste la patte en l'air et les vieilles femmes laissent choir leur ouvrage. L'étranger vient de déboucher par la route de Soleure. Les enfants se sont d'abord portés à sa rencontre, puis ils se sont arrêtés, indécis. Quant au groupe de buveurs, « Au Sauvage », ils ont cessé de boire et observent l'étranger par en dessous. Celui-ci s'est arrêté à la première maison du pays.
Dictée
Le texte est un autre extrait de L'Or : le récit est au passé, à la troisième personne.
Les verbes s'accordent avec leur(s) sujet(s). À l'imparfait de l'indicatif, ils ont les mêmes terminaisons, quel que soit leur groupe, -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient : cette brusque apparition et ce départ précipité bouleversaient (deux sujets coordonnés), La pièce… circulait (le sujet et le verbe sont éloignés), Des discussions s'élevaient, L'aubergiste était, Il était.
Deux verbes sont conjugués au plus-que-parfait ; avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet : L'enfant s'était mis. Avec l'auxiliaire avoir, le participe s'accorde avec le COD placé avant : La pièce d'argent que l'étranger lui avait donnée (le COD, le relatif que, est placé avant ; le participe donnée s'accorde avec l'antécédent du pronom relatif COD, la pièce).
Plusieurs verbes sont à l'infinitif car ils dépendent d'un autre verbe (n'ait même point daigné s'arrêter) ou d'une préposition (à pleurer, pour vider). On peut remplacer l'infinitif d'un verbe en -er par l'infinitif d'un verbe du deuxième ou du troisième groupe : daigné sortir, à réfléchir, pour boire).
Le verbe daigner est conjugué au subjonctif passé, ait daigné.
Les adjectifs qualificatifs et les participes passés employés comme adjectifs s'accordent avec le nom qu'ils qualifient : cette brusque apparition (féminin singulier), ce départ précipité (masculin singulier), ces paisibles villageois (masculin pluriel).
Plusieurs mots comportent une consonne redoublée : cette, apparition, villageois, donnée, discussions, arrêter. D'autres ont une consonne finale que l'on n'entend pas ; en les mettant au féminin ou en cherchant un mot de la même famille, on peut identifier cette consonne : départ (partir), villageois (villageoise), enfant (enfanter), mis (mise), argent (argenterie), étranger (étrangère), plus (plusieurs), point (pointer), moment (momentané).
Il ne faut pas confondre certains homonymes : cette (déterminant démonstratif féminin singulier)/ sept (numéral), et (coordination, que l'on peut remplacer par et puis)/ est (être, que l'on peut remplacer par était), ces (déterminant démonstratif pluriel ; au singulier, ce, cette, cet)/ ses (déterminant possessif pluriel ; au singulier, son, sa), s'était (se + être ; verbe pronominal se mettre)/ c'était (cela était), à (préposition)/ a, as (avoir), n'ait (n'ait point daigné, ne point avoir daigné)/ n'est point (ne point être).
Rédaction
Sujet d'imagination
Nous étions concentrés devant nos écrans d'ordinateur, casque sur les oreilles, en train de travailler la compréhension orale en anglais, lorsque la porte de la salle d'informatique s'ouvrit doucement. Le principal du collège s'avança, suivi d'une fille que nous n'avions jamais vue, une nouvelle élève sans doute. Aussitôt nous nous levâmes d'un seul mouvement pour saluer leur entrée. Timidement, elle se tenait derrière le principal, baissant les yeux mais jetant quelques regards furtifs autour d'elle. Ce qui nous frappa immédiatement, c'était ses vêtements ! Des vêtements qui nous parurent démodés et même vieillots, d'une autre époque. Nous, nous portions essentiellement des vêtements de marque, en suivant et respectant scrupuleusement les codes de la mode « jeune ». Elle, elle semblait surgir du passé, d'un passé lointain, oublié !
L'inconnue restait cachée derrière le principal car elle supportait difficilement tous les regards inquisiteurs et étonnés d'une douzaine d'adolescents découvrant une « extraterrestre ». Elle était plutôt grande, élancée ; de longs cheveux noirs tombaient sur ses épaules, encadrant un visage ovale où étincelaient ses yeux d'une couleur indéfinissable. Verts ? Bleus peut-être. Elle m'apparut plutôt jolie.
Des sourires entendus, parfois moqueurs, éclairèrent le visage de mes camarades. Heureusement, le principal prit la parole, coupant court aux réflexions ironiques qui, je le savais bien, allaient fuser.
« Je vous présente une nouvelle élève. Elle arrive de l'étranger et suivra les cours dans votre classe. Je compte sur vous pour l'aider à s'intégrer dans les meilleures conditions et à perfectionner son français qu'elle parle déjà correctement. Monsieur Martin, trouvez-lui une place, je vous prie. »
Sur ces mots, il quitta la salle. Nous nous levâmes à nouveau pour saluer sa sortie. Notre professeur parcourut les postes informatiques du regard et annonça en me désignant de la main :
« Mademoiselle, installez-vous à côté de Justin, là-bas. »
Lentement elle s'avança et s'assit devant mon ordinateur, les yeux exorbités.
« Ah ! Non ! pensai-je, je veux rester seul ! Il faut que ça tombe sur moi ! »
Je l'observais à la dérobée ; elle écarquillait les yeux en examinant le matériel informatique que nous utilisions : écrans plats, clavier et souris sans fil, imprimante laser couleur… Elle promenait la main droite sur le mobilier neuf ; elle remuait sur sa chaise puis s'appuyait doucement sur le dossier. Cherchait-elle à tester sa solidité ? Pourquoi tant d'étonnement devant une table, des chaises, un tableau blanc interactif ? Je ne comprenais pas son attitude. Quant à mes camarades, ils nous regardaient discrètement, esquissant un sourire entendu. J'imaginais parfaitement leurs pensées en ce moment, mais le pire était à venir ! J'essuierais certainement leurs ricanements, leurs moqueries à la récréation. Ma nouvelle voisine me sortit de ces sombres pensées que je roulais dans ma tête.
« Chez moi, dans mon pays, les tables sont vieilles, couvertes de taches d'encre, de graffitis ; les chaises sont bancales, les ordinateurs et les écrans sont très anciens… On utilise encore la craie pour écrire sur les tableaux noirs. Je n'ai jamais rien vu de si beau, de si moderne ! Vous avez vraiment de la chance de travailler dans de si merveilleuses conditions. Je suis contente, je vais me plaire ici. Je m'appelle Ilke, dit-elle avec un petit accent. »
Elle se moquait ! « De si merveilleuses conditions ! » Pour nous, l'école était une corvée que nous étions obligés de subir ! Décidément, la « nouvelle » ne manquait pas de nous surprendre. J'attendais avec impatience la réaction de mes camarades quand elle leur tiendrait ce genre de discours !
Sujet de réflexion
Selon un dicton célèbre, les voyages forment la jeunesse. Il est vrai que, pour se former, il faut être en contact avec autrui, avec d'autres personnes, différentes, d'autres cultures. Ces rencontres sont assurément favorisées par le tourisme, les voyages.
La découverte d'autres régions, d'autres pays est en effet facilitée par le développement des moyens de transport, par leur rapidité. Ainsi nous pouvons aisément partir à l'autre bout de la France, dans une région que nous ne connaissons pas. Nous découvrons alors des paysages variés, des climats différents. Quoi de plus dépaysant pour un citadin d'une grande ville que d'effectuer des randonnées pédestres dans les Pyrénées, les Alpes ou les massifs montagneux de la Corse ! Ou de parcourir les sentiers de la forêt de Brocéliande, en Bretagne, sur les traces du roi Arthur, de la reine Guenièvre et de Lancelot ! Cette évasion est un véritable enrichissement culturel : nous pouvons visiter des quartiers qui datent du Moyen Âge, de petites églises romanes ou des quartiers très modernes, à l'architecture avant-gardiste, admirer la nature, sa flore. L'ailleurs élargit donc notre horizon, qui parfois reste trop limité. Le voyage est une extraordinaire fenêtre ouverte sur le monde, dont la richesse est immense.
De plus, les voyages favorisent les rencontres : nous côtoyons des personnes d'autres contrées, de pays étrangers ; nous pouvons échanger, discuter, apprendre l'histoire de leur pays, connaître leur civilisation et leur culture. Mais pour cela, nous devons nous montrer réceptifs et disponibles, curieux car trop de touristes ne renoncent pas à leur propre mode de vie, à leurs idées, voire à leurs préjugés. Je me souviens d'un voyage en Grèce avec mes camarades de 4e ; certains refusaient de goûter à la cuisine grecque et préféraient manger des plats français ! Il ne sert à rien de partir ailleurs, de s'évader si c'est pour retrouver ce que l'on a chez soi, un mode de vie uniformisé, standardisé. Il faut explorer d'autres saveurs, d'autres goûts, d'autres musiques. Ainsi nous augmentons nos savoirs sur le monde, sur la vie, sur les hommes. Mais le plus important, c'est l'apprentissage de la tolérance, la reconnaissance de la diversité et de la différence. Le voyage nous aide à comprendre, à accepter comme une grande richesse l'infinie variété des cultures, des modes de vie, des religions…
Il me semble aussi que les voyages, le tourisme doivent également être l'occasion de prendre son temps, de flâner ; en effet, la vie moderne est fréquemment source de stress à cause de la vitesse, de la pression. Quand on part en voyage organisé, tout est planifié, chronométré : la visite d'un musée ou d'un site s'effectue trop souvent au pas de course. On n'a donc pas le temps de regarder, d'admirer. Il faut remonter dans le bus pour l'étape suivante. Le tourisme doit modifier notre rythme de vie pour nous permettre de retrouver calme et sérénité, même dans des activités physiques et sportives.
En conclusion, le voyage, le tourisme, sous certaines conditions, enrichissent nos connaissances, sur les autres, sur le monde, et bien entendu sur nous-mêmes.
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