Le partage de l'Amérique

« Ferdinand et Isabelle, par la grâce de Dieu, roi et reine de Castille, de Léon, d'Aragon, de Sicile, de Grenade, de Tolède, de Galice [...]. Ainsi, son altesse, le sérénissime roi de Portugal, notre frère bien aimé, nous a dépêché ses ambassadeurs et mandataires afin d'établir, de prendre acte et de se mettre d'accord avec nous sur ce qui appartient à l'un et à l'autre de l'océan qu'il reste encore à découvrir. Leurs altesses souhaitent que l'on trace et que l'on établisse sur ledit océan une frontière ou une ligne droite, de pôle à pôle, à savoir, du pôle arctique au pôle antarctique, qui soit située du nord au sud. Tout ce qui jusqu'alors a été découvert ou à l'avenir sera découvert par le roi de Portugal et ses navires, îles et continent, depuis ladite ligne telle qu'établie ci-dessus, en se dirigeant vers le levant appartiendra au roi de Portugal et à ses successeurs. Et ainsi, tout ce qui, îles et continent, est déjà découvert ou viendra à être découvert par les roi et reine de Castille et d'Aragon, depuis ladite ligne en allant vers le couchant appartiendra auxdits roi et reine de Castille. »
Traité de Tordesillas, 1494

Dès la fin du xve siècle, les Européens, avides de matières premières telles l'or et les épices, partent à la recherche d'espaces vierges à conquérir. Dans le sillage de Christophe Colomb (découverte de l'Amérique en 1492), les conquistadors s'emparent de nouveaux territoires sur le continent américain. Dans cette volonté de conquête du Nouveau monde, le Portugal et l'Espagne se retrouvent vite en concurrence. Le pape Alexandre VI arbitre alors la querelle en contraignant les deux pays à signer le Traité de Tordesillas. Un méridien établit la ligne de partage : l'est du contient (l'Amérique moins le Brésil) sera sous la domination espagnole, et l'ouest (Brésil et Afrique), sous celle du Portugal.
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