Les évolutions des formes de la guerre du xviiie siècle à nos jours, sujet de métropole, juin 2026 (dissertation, sujet 2)
Énoncé
Les évolutions des formes de la guerre du xviiie siècle à nos jours.
Annexes
Corrigé
Le sujet est assez classique et correspond globalement au premier chapitre du thème « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution ». Bien sûr, tout apport pertinent provenant d'autres chapitres est bienvenu (par exemple, le chapitre « Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques) », le thème « Histoire et mémoires », qui présentent des exemples de guerres).
Introduction
[Accroche] Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, la population française mais aussi une grande partie de l'opinion publique mondiale est en état de choc. Au cœur de la capitale française, des blessures semblables à celles qu'on trouve sur les théâtres de guerre ont été infligées à une population civile qui vaquait à ses occupations quotidiennes. Nombre de politiques, à commencer par le Premier ministre de l'époque, Manuel Valls, s'empressent de déclarer « Nous sommes en guerre ». Pour autant, un attentat seul, qui surprend par sa soudaineté les populations et le territoire qu'il vise, peut-il être associé à une guerre ?
L'accroche est un moment important pour saisir son lecteur. Il est possible de partir, comme ici, d'un événement récent. Cela aurait aussi pu être des événements encore plus récents, comme le 24 février 2022, avec le début de la guerre en Ukraine et la tentative de la Russie de prendre le contrôle de Kiev sans déclaration de guerre en bonne et due forme, ou le 28 février 2026, avec les attaques aériennes américaines sur Téhéran visant notamment l'ayatollah iranien. Dans ces deux cas, il s'agit d'une forme non conventionnelle d'entrée en guerre : intervention unilatérale sans déclaration de guerre préalable et avec des moyens technologiques récents.
Ces accroches permettent de poser la question de la frontière entre légalité et illégalité et d'indiquer d'emblée que, si les formes de guerre ont fortement évolué depuis le xviiie siècle, déjà à l'époque, au sein et à côté de la guerre conventionnelle sont présents des éléments non conventionnels.
Une autre façon, plus rapide, de lancer le devoir est de partir d'une citation de Carl von Clausewitz : « La guerre est un caméléon qui change de nature selon les circonstances », dans De la Guerre, Livre VII.
Ces accroches permettent de poser la question de la frontière entre légalité et illégalité et d'indiquer d'emblée que, si les formes de guerre ont fortement évolué depuis le xviiie siècle, déjà à l'époque, au sein et à côté de la guerre conventionnelle sont présents des éléments non conventionnels.
Une autre façon, plus rapide, de lancer le devoir est de partir d'une citation de Carl von Clausewitz : « La guerre est un caméléon qui change de nature selon les circonstances », dans De la Guerre, Livre VII.
[Présentation du sujet et définition des termes importants pour la problématisation] Cet exemple montre que les formes des conflits armés ont fortement changé depuis le xviiie siècle. À l'époque, en Europe, les guerres ont principalement des formes classiques. En d'autres termes, il s'agit de conflits conventionnels, c'est-à-dire que la guerre est décidée par des États et oppose des armées officielles. Le conflit armé a lieu généralement après une déclaration de guerre et se termine par la signature d'un traité. S'il est souvent débordé, un cadre existe : le respect du droit de la guerre. Au contraire, aujourd'hui, les guerres prennent des formes hybrides : les combattants, qui n'appartiennent plus toujours à des armées officielles, utilisent dans le même temps des armes et des tactiques conventionnelles et non conventionnelles, c'est-à-dire interdites par les conventions internationales. L'entrée en guerre se fait souvent par surprise ou est difficile à dater, puisque se mêlent des méthodes criminelles et militaires. Face à ces conflits armés protéiformes, nous entendrons par « guerre » tout affrontement violent de grande ampleur et conduisant à l'homicide généralisé entre au moins deux acteurs en conflit et qui consentent à l'usage de la force.
[Problématique] Comment, du xviiie siècle à nos jours, les conflits armés se sont-ils transformés, passant de guerres classiques et limitées à des conflits aujourd'hui hybrides et difficiles à résoudre ?
[Annonce du plan] D'abord, du xviiie à la fin du xixe siècle, les guerres connaissent une première mutation : on passe d'une guerre limitée entre souverains à une guerre plus industrielle. Au xxe siècle, les guerres connaissent un seuil de violence inégalé, avant de se transformer sous l'effet de l'équilibre de la terreur. Enfin, aujourd'hui, les conflits armés s'éloignent de plus en plus de la définition et des formes classiques de la guerre.
[Problématique] Comment, du xviiie siècle à nos jours, les conflits armés se sont-ils transformés, passant de guerres classiques et limitées à des conflits aujourd'hui hybrides et difficiles à résoudre ?
[Annonce du plan] D'abord, du xviiie à la fin du xixe siècle, les guerres connaissent une première mutation : on passe d'une guerre limitée entre souverains à une guerre plus industrielle. Au xxe siècle, les guerres connaissent un seuil de violence inégalé, avant de se transformer sous l'effet de l'équilibre de la terreur. Enfin, aujourd'hui, les conflits armés s'éloignent de plus en plus de la définition et des formes classiques de la guerre.
I. xviiie-xixe siècle : des guerres principalement régulières
[Argument général de la première partie] D'abord, entre le xviiie siècle et la fin du xixe siècle, les guerres sont essentiellement régulières, mais elles commencent à se complexifier, avec l'implication croissante des civils et la diversification des motifs.
1. Au xviiie siècle, des guerres principalement régulières entre États européens
[Première sous-partie] Au xviiie siècle, dans l'Europe d'Ancien Régime, les guerres étaient avant tout interétatiques, symétriques et conventionnelles. Leurs objectifs étaient limités. Ainsi, les guerres du xviiie siècle mobilisent des acteurs conventionnels, c'est-à-dire qui combattent pour un État. Ce sont les souverains européens qui décident de la guerre et les soldats de leur armée qui combattent. Le port de l'uniforme en est le révélateur. Les souverains rivalisent de puissance et opposent des armées de même force. Les guerres consistent avant tout en des affrontements codifiés, essentiellement la bataille rangée et le siège. Il y a un code de conduite tacite, notamment à l'égard des civils et des prisonniers, qui compose l'éthique des combattants. Ces combattants s'affrontent parce que leurs souverains ont des objectifs politiques précis. Souvent, il s'agit de peser dans les négociations afin d'enlever un territoire à son rival ou de gagner en puissance. Ainsi, lors de la guerre de Sept Ans entre 1756 et 1763, la France et l'Angleterre se disputent en Amérique du Nord et en Inde des possessions coloniales mais aussi le contrôle de la mer. Quant aux puissances continentales, Prusse, Russie, Autriche, elles se disputent une région, la Silésie, et souhaitent affaiblir chacune leur voisine. La guerre de Sept Ans est en ce sens une guerre classique, car elle est souhaitée par des souverains ; prend des formes codifiées – une succession de batailles ; et vise des objectifs limités. Toutefois, même au xviiie siècle, la guerre peut avoir une dimension mondiale : ainsi, la guerre de Sept Ans est un exemple exceptionnel, puisqu'elle implique cinq États principaux et se joue sur plusieurs continents. Au sein de ce conflit régulier, le cadre de la guerre n'est pas toujours respecté. En témoigne la déportation des Acadiens, population catholique et francophone au Canada, vers des colonies britanniques. Douze mille personnes civiles sont ainsi été déportées et environ 8 000 meurent de froid, maladies ou naufrage. [Si on a le temps, on apporte un élément de nuance pour sortir des grandes catégories qui figent les situations. On peut aussi d'emblée faire référence à Clausewitz. Au xixe siècle, il analyse les conflits du xviiie siècle et ceux de son temps et identifie déjà « la petite guerre », la guerre civile, à côté des guerres interétatiques classiques.]2. Au xixe siècle, transformation des forces lors des guerres révolutionnaires et napoléoniennes
[Deuxième sous-partie] À la fin du xviiie siècle, les guerres révolutionnaires et napoléoniennes transforment la guerre à plusieurs titres. Premièrement, ces guerres modifient le profil des combattants. En effet, dans les armées d'Ancien Régime, les armées sont essentiellement professionnelles et les fonctions de direction sont assurées par des membres de la noblesse. Avec la Révolution française, l'armée française se recompose : le peuple fait son entrée dans l'armée. Les postes de direction sont en grande partie vacants et, surtout, l'armée révolutionnaire a besoin d'hommes face à la coalition qui se forme contre elle, constituée en 1792 de deux monarchies puissantes : l'Autriche et la Prusse. Ainsi, à Valmy, le 20 septembre 1792, c'est « la nation en armes » qui combat : 20 000 volontaires français repoussent les assauts des armées aristocratiques austro-prussiennes. Ensuite, les révolutionnaires mettent en place le système de conscription : dans chaque département, des jeunes gens sont tirés au sort et sont enrôlés dans l'armée à côté des volontaires. Dans le cas des autres pays européens, c'est surtout lors des guerres napoléoniennes que le peuple commence à prendre les armes. Prenons l'exemple de l'Espagne, dont la population civile se soulève à partir de 1808. Le peuple prend les armes contre les soldats de Napoléon d'abord à Madrid, puis dans une grande partie de l'Espagne. Pour protester contre l'occupation et l'ingérence française dans les affaires espagnoles, les femmes et les hommes mènent des actions de guérilla, harcelant par surprise les troupes françaises. Cet exemple montre à la fois l'entrée du peuple dans la guerre et l'autonomie de la guérilla (ce que Clausewitz appelle « la petite guerre »), à côté de la guerre classique. En effet, les armées régulières menaient déjà à la marge des actions de guérilla, mais celle-ci devient une guerre à part entière. D'autre part, avec les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, un seuil de violence est franchi : on fait moins la guerre pour négocier que pour détruire politiquement l'adversaire. En ce sens, même si les guerres révolutionnaires et napoléoniennes sont des guerres réelles, elles se rapprochent quelque peu de la guerre absolue, c'est-à-dire le modèle théorique de Clausewitz.[La sous-partie est ici très développée. Ce n'est pas possible en temps limité. Lors d'une épreuve sur table, on peut aller plus vite et prendre un seul exemple de « peuple en armes ». Ce qui est surtout important, c'est que dans chaque sous-partie, on trouve trois éléments. L'idée défendue est clairement identifiable (1er élément). Des connaissances générales sont mobilisées pour prouver cette idée (2e élément). Un exemple précis est utilisé pour prouver l'idée (3e élément).]
3. Au xixe siècle, des guerres dans le monde de plus en plus dissymétriques
[Troisième sous-partie] Cette nouvelle donne se poursuit au fil du xixe siècle. Ainsi, plusieurs guerres en Europe sont des guerres d'indépendance pour la création d'États-nations où les civils prennent les armes et où les méthodes ne sont plus conventionnelles. Pensons à la guerre de libération de la Grèce face à l'Empire ottoman dans les années 1820, ou aux trois guerres d'unification de l'Italie dans la seconde moitié du xixe siècle, ce qu'on appelle le Risorgimento. Hors Europe, on observe le même phénomène. Aux États-Unis, la guerre de Sécession oppose les partisans de l'esclavage et ceux qui souhaitent son abolition, ceux qui ne veulent pas d'État central et ceux qui, au contraire, prônent la fédération. En Afrique et en Asie, les puissances européennes mènent des guerres coloniales où s'affrontent souvent militaires et populations civiles. Ces guerres changent de forme, en raison d'un rapport de force souvent dissymétrique voire asymétrique. Surtout, ces guerres, notamment à la fin du xixe siècle, franchissent un seuil de violence en raison de leur dimension industrielle : les armes, plus performantes et plus nombreuses, ont pour résultat des bilans plus lourds.[Transition] Ainsi, entre le xviiie et la fin du xixe siècle, la guerre a fortement changé. La guerre est passée de classique à industrielle. Les acteurs se sont diversifiés avec l'arrivée du peuple en armes. Ces changements se poursuivent au xxe siècle, avant que les grandes puissances reprennent en partie le contrôle lors de la guerre froide.
II. xxe siècle : de la guerre totale aux guerres asymétriques
[Argument général de la deuxième partie] Au xxe siècle, les conflits se font d'abord entre États et visent l'anéantissement, puis changent de lieu, de forme et d'acteurs avec la guerre froide.
1. 1914-1945, la guerre totale lors des conflits mondiaux
[Première sous-partie] D'abord, les conflits mondiaux constituent des guerres totales. Certes, ce sont essentiellement des États qui se font la guerre. Pour la Première Guerre mondiale, deux coalitions s'opposent : la Triple-Entente et la Triple-Alliance. Pour la Seconde Guerre mondiale, les forces de l'Axe – Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon impérialiste – se heurtent aux Alliés – Royaume-Uni, États-Unis et URSS. Cependant, à l'intérieur des États occupés, les populations prennent pour une part les armes : il s'agit des résistants. Surtout, ces guerres sont totales : elles mobilisent d'une façon ou d'une autre toutes les populations et surtout visent à toucher l'adversaire dans toutes ses dimensions. Ainsi, on peut même parler de guerres d'anéantissement : l'objectif est de détruire l'ennemi militairement, politiquement, mais aussi en visant délibérément la population civile. La guerre se fait donc pour des motifs idéologiques clairs. Les méthodes conventionnelles côtoient les violations multiples du droit de la guerre. Ainsi, l'Allemagne nazie se lance dans une extermination systématique d'une partie de la population civile de son territoire et des territoires qu'elle occupe. On pense notamment à l'extermination de six millions de juifs, soit la moitié de la communauté juive mondiale, et des populations tsiganes.2. 1945-1990 : des conflits asymétriques aux méthodes non conventionnelles
[Deuxième sous-partie] Cependant, la guerre mute à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec l'élaboration de l'arme nucléaire. Les deux Grands, URSS et États-Unis, disposent de cette arme. Par conséquent, ils ne peuvent plus s'affronter directement, sinon à risquer de se détruire mutuellement. C'est ce qu'on appelle l'équilibre de la terreur. De fait, les conflits armés se déportent vers d'autres lieux, ailleurs qu'en Occident. En effet, durant la seconde moitié du xxe siècle, les conflits prennent place dans des théâtres aux frontières des blocs Est-Ouest, comme en Corée, au Vietnam, à Cuba, en Angola ou encore en Afghanistan. Les conflits armés sont aussi pour beaucoup des conflits de décolonisation. Ainsi, les grandes puissances ne sont plus les seuls acteurs qui décident de la guerre : des acteurs non conventionnels comme des insurgés, des groupes politiques indépendantistes, deviennent des acteurs majeurs. Les conflits sont aussi de plus en plus dissymétriques. Ainsi, lors de la guerre d'indépendance de l'Algérie entre 1954 et 1962, l'armée française se confronte aux rebelles, notamment aux forces du FLN – Front de libération nationale. Des deux côtés, ce sont avant tout des méthodes non conventionnelles qui l'emportent, mais avec des moyens dissymétriques : la torture et la traque menées par l'armée française face aux rebelles, les attentats et les massacres de civils par le FLN.[Transition] Au xxe siècle, la guerre approche d'abord de la « montée aux extrêmes », concept créé par Clausewitz pour désigner l'emploi illimité de la force. Puis, lors de la guerre froide, elle se déplace vers d'autres théâtres et prend d'autres formes.
III. xxie siècle : des conflits aux contours de plus en plus flous
[Argument général de la troisième partie] Ainsi, au xxie siècle, les conflits armés brouillent de plus en plus la frontière entre état de guerre et état de paix.
[Note : Ici, le choix a été fait d'analyser de façon thématique les conflits contemporains, en raison de leur très grande proximité. Toutefois, il est possible de garder le même fonctionnement chronologique que pour les deux parties précédentes. Dans ce cas, la première sous-partie montrerait la sortie progressive des conventions dans les années 1990 et 2000 avec l'hyper-interventionnisme des États-Unis hors du droit et le développement d'un nouvel acteur majeur, les organisations terroristes islamistes. La seconde sous-partie s'intéresserait aux conflits des années 2010 et de la décennie en cours en montrant qu'on a affaire à des conflits transnationaux mêlant un mille-feuille d'acteurs, avec un usage de la technologie et des armes non conventionnelles qui invisibilise et déshumanise l'adversaire.]
[Note : Ici, le choix a été fait d'analyser de façon thématique les conflits contemporains, en raison de leur très grande proximité. Toutefois, il est possible de garder le même fonctionnement chronologique que pour les deux parties précédentes. Dans ce cas, la première sous-partie montrerait la sortie progressive des conventions dans les années 1990 et 2000 avec l'hyper-interventionnisme des États-Unis hors du droit et le développement d'un nouvel acteur majeur, les organisations terroristes islamistes. La seconde sous-partie s'intéresserait aux conflits des années 2010 et de la décennie en cours en montrant qu'on a affaire à des conflits transnationaux mêlant un mille-feuille d'acteurs, avec un usage de la technologie et des armes non conventionnelles qui invisibilise et déshumanise l'adversaire.]
1. Des guerres de plus en plus transnationales
[Première sous-partie] D'abord, les guerres sont de plus en plus transnationales. Dans ces conflits, les grandes puissances et les armées étatiques ne sont plus majoritaires. En effet, certes, les acteurs traditionnels, c'est-à-dire les États, et notamment les grandes puissances occidentales, sont encore impliqués. Cependant, de nouveaux acteurs apparaissent, dont l'action dépasse les frontières nationales. Il s'agit par exemple de groupes criminels, comme les narcotrafiquants au Mexique ou en Colombie. On assiste depuis plusieurs décennies à une guerre entre cartels et à une guerre opposant cartels et armée étatique, appuyée parfois par la puissance étatsunienne. Il s'agit aussi des groupes terroristes islamistes. Ainsi, à la fin des années 1980, dans le contexte de la guerre en Afghanistan, se forme un premier groupe autour d'Oussama Ben Laden, Al-Qaïda. Son objectif est de déstabiliser les puissances occidentales, à commencer par les États-Unis. En 2006, dans le contexte de la guerre en Irak, ce groupe connaît une scission en son sein. C'est ainsi que naît Daesh. Ces deux groupes fonctionnent en s'appuyant sur la mondialisation et les nouvelles technologies. Ce sont certes des structures clandestines, mais leurs membres viennent d'un très grand nombre de pays dans le monde. Le recrutement se fait par l'intermédiaire de mises en scène filmées ou de racolage via les réseaux sociaux, les forums de jeux vidéo et le darknet. Ces acteurs utilisent une véritable propagande pour rallier des individus à leur cause. Les actions menées dépassent également les frontières d'un État, puisque la menace d'un attentat terroriste islamiste se généralise à l'ensemble du monde.2. Une diversification des formes de combats et des armes
[Deuxième sous-partie] Ensuite, les formes des combats comme les armes utilisées se diversifient. Certes, il existe encore des batailles, mais celles-ci se font de plus en plus à distance. L'utilisation d'armes non conventionnelles, comme les drones, invisibilise l'adversaire. On le voit dans le combat des puissances occidentales face aux organisations terroristes, mais aussi dans la guerre en Ukraine, où les forces russes frappent les civils avec des drones armés. L'Ukraine commande elle aussi massivement ce type de drones. La frontière entre guerre et paix devient plus poreuse car la violence armée est une menace permanente. Les organisations terroristes islamistes souhaitent faire planer cette menace. Partout, elles encouragent des individus à attaquer avec les armes non conventionnelles qu'ils ont sous la main, voiture faisant office de bélier, couteaux de cuisine, lames de rasoirs. C'est le sens du message du chef de la propagande de Daesh à la fin des années 2010, alors que l'organisation connaît un recul en Syrie et en Irak, face à la coalition occidentale et arabe. Pour résumer, les conflits se développent de plus en plus en dehors du droit de la guerre fixé par les conventions de Genève et de La Haye. Les armes non conventionnelles se développent chez tous les acteurs. Les belligérants mènent de nombreuses actions hors du conflit armé, comme les cyberattaques ou les assassinats ciblés. Les civils deviennent la principale cible. Il n'y a plus de déclaration de guerre, ni de véritable fin. Un climat permanent de peur et de violence s'installe dans plusieurs zones du monde, où l'intensité du conflit armé fluctue. L'exemple du conflit armé entre Israël et les populations palestiniennes autour du partage de la région levantine en est l'exemple le plus frappant. Depuis 1948 et la création de l'État d'Israël puis son extension territoriale, la zone est farouchement disputée. Ce conflit a pris une nouvelle tournure à la fin des années 1980 avec le début des Intifadas, soit les affrontements dissymétriques entre armée israélienne et population palestinienne, notamment autour de la bande de Gaza. Le conflit dans les années 1990, 2000, 2010 a connu une succession d'accalmies et de feux soudains, avant de muter en octobre 2023 en un conflit armé de très haute intensité, entraînant morts et destructions massives.Conclusion
[Conclusion : 1. On répond à la problématique.] Ainsi, les guerres se sont fortement transformées entre le xviiie siècle et nos jours. De la guerre classique, nous sommes passés à des conflits protéiformes, mêlant méthodes conventionnelles et actions criminelles. Les acteurs se diversifient. Les objectifs restent essentiellement politiques.[2. On ouvre sur un sujet connexe.] L'essor d'Internet modifie fortement le visage de la guerre. Il est plus facile de communiquer et donc de se coordonner à différents endroits de la planète. On peut mener des attaques à l'autre bout du monde. Enfin, on peut fragiliser l'adversaire par des méthodes non conventionnelles comme la désinformation ou les cyberattaques.
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