Pathologies respiratoires – Antibiothérapie

Toutes les malformations, anomalies, affections qui modifient la structure et/ou l'ultrastructure de l'appareil respiratoire perturbent plus ou moins gravement sa fonction. Si l'échange des gaz respiratoires est insuffisant, deux conséquences majeures peuvent affecter l'organisme :
  • Un apport insuffisant en O2 aux cellules, ou hypoxie, ralentit leur production d'énergie et donc leur métabolisme. Les cellules les plus sensibles au manque d'O2 peuvent ainsi mourir en quelques minutes.
  • Un excès sanguin de CO2 (produit naturel du métabolisme des cellules) ou hypercapnie modifie le pH du sang, ce qui perturbe le fonctionnement global de l'organisme.
Les pathologies infectieuses qui touchent l'appareil respiratoire peuvent perturber le fonctionnement global de l'organisme ; lorsqu'elles sont d'origine bactérienne, elles peuvent être combattues grâce à un traitement antibiotique.
Le tabagisme, de par les nombreux constituants de la fumée du tabac, est pathogène pour un ensemble de fonctions de l'organisme, notamment au niveau de l'appareil respiratoire.
1. Quelles sont les caractéristiques de l'asthme ?
• L'asthme est une inflammation chronique des bronches due à une hypersensibilité.
• La plupart du temps, la crise d'asthme est due à une substance allergénique (non pathogène mais capable de provoquer une réaction allergique), mais elle peut aussi être causée par le contact du malade avec des substances irritantes ou des agents infectieux. Des facteurs anxiogènes (stress) ou un effort physique peuvent augmenter le risque de déclenchement d'une crise.
• La crise d'asthme est caractérisée par une contraction importante des bronches. De plus, la réponse inflammatoire due à la réaction allergique provoque une hypersécrétion de mucus qui obstrue les bronches, et ne laisse plus passer que peu d'air. Le malade se sent oppressé, a une respiration sifflante et tousse.
Pathologies respiratoires - Antibiothérapie - illustration 1
• Les crises d'asthme sont plus fréquentes la nuit et au petit matin. Comme elles empêchent l'entrée d'un volume suffisant d'air dans les alvéoles pulmonaires, elles peuvent dans les cas les plus graves entraîner une hypoxémie sévère et une tachycardie.
• La spirométrie permet, pendant une crise et entre deux crises, de mesurer les volumes respiratoires normaux et forcés que l'individu peut échanger avec l'air extérieur, grâce à un embout relié à un système d'enregistrement dans lequel il devra respirer selon un protocole précis. Pour évaluer la gravité de la maladie, on mesure le volume maximal que le patient peut expirer en une seconde après une inspiration forcée ou VEMS, puis la capacité vitale forcée ou CVF, volume maximal expiré après une inspiration forcée, exprimés en litres. L'indice de Tiffeneau, VEMS / CVF, normalement environ égal à 80 %, peut passer en dessous de 60 % chez un asthmatique sévère.
• Le traitement de l'asthme commence par l'identification et l'évitement du ou des facteur(s) responsable(s) des crises. Un bronchodilatateur et un anti-inflammatoire permettent de réduire les symptômes de la crise et de retarder l'apparition de la crise suivante s'ils ont une action de longue durée.
Exercice n°1Exercice n°2
2. Quelles sont les caractéristiques de la mucoviscidose ?
• La mucoviscidose est une maladie génétique grave caractérisée par la production d'un mucus hypervisqueux.
• L'anomalie génétique altère la sécrétion des ions chlorure (Cl-) par les cellules, ce qui entraîne une diminution de la quantité d'eau présente dans le mucus des voies respiratoires, digestives et génitales. Ce mucus trop épais s'accumule sur les parois muqueuses et obstrue les conduits. Les conséquences de la mucoviscidose sont multiples :
  • Au niveau de l'appareil respiratoire : infections des bronches, insuffisance respiratoire.
  • Au niveau de l'appareil digestif : occlusions intestinales, mauvaise digestion des lipides, diarrhées.
  • Au niveau de l'appareil génital : stérilité masculine, baisse de la fertilité féminine.
• On peut pratiquer un dépistage prénatal dans une famille à risque, il consiste à rechercher la présence de la version anormale du gène impliqué dans la maladie dans un prélèvement effectué par amniocentèse (prélèvement de liquide amniotique, qui contient toujours des cellules fœtales). Après la naissance, on peut effectuer un dosage de chlorure de sodium dans la sueur, car ce sel est très concentré chez un malade ; on confirmera un test positif par une recherche génétique.
• Les traitements sont destinés à améliorer le confort du malade, ils sont uniquement palliatifs et symptomatiques, car la maladie est pour l'instant incurable : une antibiothérapie pour lutter contre les infections ; un traitement à base de bronchodilatateurs et de mucolytiques, une kinésithérapie quotidienne pour faciliter la respiration ; une ration alimentaire enrichie pour pallier à la mauvaise digestion.
Exercice n°3Exercice n°4
3. Quel est l'apport de l'antibiothérapie dans le traitement des pathologies respiratoires ?
• On appelle antibiotique toute substance naturelle ou de synthèse qui peut inhiber le développement des bactéries (bactériostatique) ou les détruire (bactéricide). Un grand nombre d'antibiotiques sont produits par des micro-organismes pour empêcher la croissance de germes concurrents. Les différentes classes d'antibiotiques se distinguent par leur action sur leurs cibles : inhibition de la synthèse de la paroi, action sur l'ADN bactérien, sur la production de protéines, d'énergie, etc.
• On distingue les antibiotiques à large spectre, qui sont efficaces sur un grand nombre d'espèces bactériennes, et ceux à spectre étroit dont les cibles sont plus spécifiques.
• La pression de sélection d'un antibiotique sur une population bactérienne fait fréquemment émerger des bactéries résistantes à cet antibiotique. Ce sont des bactéries mutantes dont les caractéristiques modifiées les rendent insensibles à leur action. Par exemple, une mutation sur la composition de la paroi bactérienne rend le germe résistant à tous les antibiotiques qui exercent leur action sur cette paroi.
• L'antibiothérapie est indispensable dans le traitement de nombreuses affections bactériennes dans lesquelles le système immunitaire du patient peut s'avérer insuffisamment efficace. Pour déterminer le meilleur traitement à donner à un patient, on doit tester la sensibilité et la résistance de la souche bactérienne qui l'infecte aux antibiotiques dont on dispose. Cette analyse est faite grâce à un antibiogramme. On dépose sur une gélose recouverte d'une suspension bactérienne issue d'un prélèvement du patient des petits disques de papier buvard imprégnés chacun d'un antibiotique. On incube le temps d'une part que les bactéries se développent et forment des colonies sur la gélose, et d'autre part que les antibiotiques diffusent dans la gélose. Les antibiotiques les plus adaptés au traitement du patient seront ceux qui auront créé la plus grande zone stérile autour du buvard, ce qui signifie qu'ils auront tué ou empêché la prolifération des bactéries. En revanche, si un disque est entouré voire recouvert de colonies bactériennes, cela signifie celles-ci sont résistantes à l'antibiotique correspondant.
• Dans le cadre des pathologies pulmonaires, le cas de la tuberculose, provoquée par le Bacille de Koch (BK), est particulièrement préoccupant. Du fait du caractère multirésistant du BK, le traitement classique doit associer quatre antibiotiques dont les modes d'action sont complémentaires. En effet, comme d'autres bactéries que l'on retrouve couramment dans les hôpitaux et qui subissent une forte pression de sélection, les souches de BK deviennent au fil du temps de plus en plus résistantes aux traitements antibiotiques courants. L'association d'antibiotiques augmente donc considérablement les chances de succès du traitement.
Exercice n°5Exercice n°6
4. Quelles sont les conséquences pathologiques du tabagisme ?
• Le tabagisme actif est par définition une toxicomanie légale due à la consommation régulière de tabac. À l'opposé, le tabagisme passif désigne l'intoxication involontaire d'un sujet non-fumeur, du fait de son exposition à la fumée du tabac. L'OMS a classé le tabagisme dans la catégorie des troubles du comportement dans sa classification internationale des maladies.
• La fumée du tabac est constituée d'un mélange de gaz et de particules dont le diamètre est au maximum de l'ordre du micromètre.
• Le tabac contient plus de 4 000 substances répertoriées, dont plus de la moitié sont toxiques. Parmi celles-ci, quatre sont particulièrement dangereuses :
  • Inhalée sous forme de cigarette, la nicotine atteint le cerveau en sept secondes, ce qui est assimilé par les spécialistes à un véritable « shoot ». Elle se fixe alors au niveau du système nerveux, sur les récepteurs à dopamine de certaines synapses. Les neurones concernés sont stimulés à chaque inhalation, ce qui provoque une libération d'adrénaline. Comme toutes les substances psychotropes, la nicotine entraîne une addiction dès la première cigarette, que l'on peut mettre en évidence par l'apparition d'un syndrome de sevrage à l'arrêt de la consommation de tabac : irritabilité voire agressivité, maux de tête, anxiété, etc.
  • Les goudrons contiennent un mélange de substances hautement toxiques, dont certaines sont cancérogènes. Ils perturbent également le transport de dioxygène par l'hémoglobine et sont toxiques pour les hématies.
  • Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz qui présente 200 fois plus d'affinité pour l'hémoglobine que l'oxygène, ce qui signifie, d'une part, qu'il va freiner l'hématose (recharge en oxygène) du sang au niveau des poumons et, d'autre part, qu'une fois en place sur l'hémoglobine, il sera difficile à déloger.
  • Les substances irritantes diminuent l'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène, et ont une action pathogène sur l'appareil respiratoire, en freinant le tapis roulant trachéo-bronchique, et en provoquant une hypersécrétion de mucus.
• Les conséquences de l'inhalation de la fumée du tabac sont multiples, mais on peut les classer en fonction de leur localisation :
  • Système nerveux : la nicotine stimule les neurones à dopamine et induit une dépendance, tandis que le CO provoque une ischémie cérébrale.
  • Appareil respiratoire : l'adrénaline produite sous l'effet de la nicotine provoque une hypertension artérielle et augmente le risque d'athérosclérose et de thrombose. Les substances irritantes et les goudrons provoquent l'apparition de bronchites (dont la bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO) et d'infections respiratoires aiguës, et augmentent fortement le risque d'apparition de certains cancers (poumon, cavité buccale, œsophage, etc.). La complication respiratoire classique d'un tabagisme prolongé est l'emphysème, avec destruction du tissu pulmonaire.
  • Appareil cardiovasculaire : l'adrénaline, et donc indirectement la nicotine, produit les mêmes effets que pour l'appareil respiratoire, elle engendre également une tachycardie. Le CO génère une ischémie du myocarde.
Exercice n°7Exercice n°8Exercice n°9
À retenir
• L'asthme est une inflammation chronique des bronches due à une hypersensibilité ; une crise d'asthme est due au rétrécissement des bronches, elle diminue la capacité respiratoire mesurable grâce à la spirométrie.
• La mucoviscidose est une maladie génétique pour l'instant incurable caractérisée par la production d'un mucus hypervisqueux qui perturbe fortement le fonctionnement de l'appareil respiratoire, de l'appareil digestif et des fonctions de reproduction.
• L'antibiothérapie est indispensable au traitement des infections pulmonaires d'origine bactérienne. La recrudescence des infections à bactéries multirésistantes impose parfois des traitements constitués de plusieurs antibiotiques combinés.
• Les substances toxiques du tabac ont des conséquences néfastes sur l'appareil respiratoire, le système nerveux central et l'appareil cardiovasculaire.
Quelle est l'origine la plus fréquente de l'asthme ?
Cochez la bonne réponse.
une réaction allergique à une substance extérieure
une anomalie génétique qui provoque une hypersécrétion de mucus
une inhalation prolongée de fibres d'amiante
L'asthme est provoqué par une réaction exagérée du système immunitaire au contact d'une substance extérieure normalement inoffensive ; il s'ensuit une forte réponse inflammatoire typique de l'allergie ; elle n'est pas d'origine génétique bien qu'il existe un terrain (= prédisposition) génétique à l'asthme.
Quelle est la manifestation principale de l'asthme ?
Cochez la bonne réponse.
des démangeaisons et l'apparition de petits boutons sur tout le corps
des éternuements violents et fréquents
une respiration sifflante et difficile
L'asthme est caractérisé par une forte contraction des bronches, qui gêne le passage de l'air ; l'asthmatique en crise émet une respiration sifflante caractéristique du passage turbulent de l'air dans les bronches.
Quel est le point commun entre l'asthme et la mucoviscidose ?
Cochez la bonne réponse.
Les deux maladies sont d'origine génétique.
Les deux maladies touchent l'appareil digestif en plus de l'appareil respiratoire.
Les deux maladies sont caractérisées par une obstruction des bronches.
L'asthme a un terrain génétique, mais n'est pas à proprement parler héréditaire, et n'a pas d'incidence sur l'appareil digestif. En revanche, dans les deux cas, les bronches sont obstruées par du mucus, anormalement abondant pour l'asthme, de composition anormale pour la mucoviscidose.
Trouver l'intrus parmi les conséquences possibles de la mucoviscidose.
Cochez la bonne réponse.
une insuffisance respiratoire
une insuffisance cardiaque
une hypofertilité
La mucoviscidose touche les organes et tissus encombrés par l'abondance de mucus trop visqueux. Les compartiments cardiaques ne sont pas tapissés de mucus.
Le micro-organisme responsable de la tuberculose pulmonaire est :
Cochez la bonne réponse.
une bactérie
un virus
un champignon microscopique
L'agent pathogène responsable de la tuberculose pulmonaire est une bactérie, qu'on essaie d'éliminer grâce à l'action d'antibiotiques.
Pourquoi le traitement antituberculeux associe-t-il plusieurs antibiotiques ?
Cochez la bonne réponse.
Parce que la tuberculose est causée par plusieurs micro-organismes combinés.
Parce qu'un seul antibiotique ne serait pas assez puissant.
Pour éviter que la bactérie responsable de la maladie résiste au traitement.
La tuberculose pulmonaire est causée par une seule espèce bactérienne, Mycobacterium tuberculosis ou bacille de Koch. L'apparition d'une résistance du BK à un antibiotique n'est pas rare, mais les risques qu'il soit résistant à plusieurs antibiotiques combinés est infime, ce qui explique que ce traitement en combine quatre différents.
Quelle est la substance la moins toxique présente dans la fumée du tabac ?
Cochez la bonne réponse.
la nicotine
le CO
le CO2
Le monoxyde de carbone est bien présent dans la fumée du tabac, mais il n'induit pas d'effet particulièrement toxique, au contraire de la nicotine, qui induit une dépendance et provoque la libération d'adrénaline qui agit sur tout l'organisme, et le CO, qui perturbe le fonctionnement de l'appareil respiratoire.
Quelle substance présente dans la fumée du tabac provoque l'apparition d'infections respiratoires ?
Cochez la bonne réponse.
la nicotine
les goudrons
les substances irritantes
Les substances irritantes d'une part augmentent la quantité de mucus produit, et d'autre part perturbent le fonctionnement du système d'évacuation de ce mucus ; si celui-ci est chargé de bactéries ou de virus, il constituera un réservoir pour une infection respiratoire.
Quelle substance de la fumée du tabac est la plus cancérogène ?
Cochez la bonne réponse.
la nicotine
les goudrons
les substances irritantes
Contrairement à une croyance populaire qui a la vie dure, la nicotine n'est pas l'agent du tabac qui déclenche l'apparition de cancers. Par contre, les goudrons, une fois transformés après leur entrée dans l'organisme, ont la capacité de se fixer sur l'ADN et de l'altérer suffisamment pour augmenter fortement le risque de déclenchement d'un processus tumoral.