Texte de Platon, Gorgias (S, nov. 2009)

Énoncé

Expliquer le texte suivant :
«  Socrate
Regarde bien si ce que tu veux dire, quand tu parles de ces deux genres de vie, une vie d'ordre et une vie de dérèglement, ne ressemble pas à la situation suivante. Suppose qu'il y ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les tonneaux de l'un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d'autres tonneaux, remplis de toutes sortes de choses. Chaque tonneau est donc plein de ces denrées liquides qui sont rares, difficiles à recueillir et qu'on n'obtient qu'au terme de maints travaux pénibles. Mais, au moins une fois que cet homme a rempli ses tonneaux, il n'a plus à y reverser quoi que ce soit ni à s'occuper d'eux ; au contraire, quand il pense à ses tonneaux, il est tranquille. L'autre homme, quant à lui, serait aussi capable de se procurer ce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipients sont percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s'infligeant les plus pénibles peines. Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu'elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie de l'homme déréglé ou celle de l'homme tempérant ? En te racontant cela, est-ce que je te convaincs d'admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée ? Est-ce que je ne te convaincs pas ? Calliclès
Tu ne me convaincs pas, Socrate. Car l'homme dont tu parles, celui qui a fait le plein en lui-même et en ses tonneaux, n'a plus aucun plaisir, il a exactement le type d'existence dont je parlais tout à l'heure : il vit comme une pierre. S'il a fait le plein, il n'éprouve plus ni joie ni peine. Au contraire, la vie de plaisirs est celle où on verse et on reverse autant qu'on peut dans son tonneau !  »
Platon, Gorgias

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Corrigé

Introduction
Dans ce texte à maints égards canonique, Platon pose la question suivante : la tempérance permet-elle, oui ou non, d'atteindre la vie heureuse ? En d'autres termes, la modération de nos désirs ne vaut-elle pas mieux que le dérèglement ? Après tout, la réponse à cette question ne va pas de soi, et c'est précisément ce que va montrer ce dialogue, qui se terminera sans que les deux protagonistes, Socrate et Calliclès, aient pu trouver un accord.
Notre extrait s'ouvre donc sur la parole de Socrate, qui tient la tempérance pour une vertu (alors que, selon Calliclès, elle n'est qu'une impuissance qui ne dit pas son nom). Mais comme Calliclès prétend que la recherche du plaisir doit guider l'homme en toute chose, c'est sur ce terrain que Socrate porte la question. Ainsi, une vie tempérante n'est-elle pas plus heureuse, finalement, qu'une vie déréglée, qui court sans fin après les désirs dans le but illusoire de les voir enfin tous satisfaits ? Pour répondre à cette interrogation, Socrate incarne ces deux « genres de vie » par deux personnages qui ont chacun dans leur cave des tonneaux remplis de délices. Le premier les a comblés après bien des efforts et les tient en réserve. Le second a fait de même, mais « ses récipients sont percés », en sorte qu'ils se vident plus vite qu'il ne les remplit. Il n'est ainsi jamais au bout de ses peines.
Entendons par là : le premier homme, l'homme tempérant, se méfie des désirs et ne se préoccupe pas de leur donner trop prompte satisfaction : il jouit de ce qu'il a déjà, sans s'occuper de ce qu'il pourrait avoir, parce qu'il sait qu'un désir satisfait est aussitôt remplacé par un autre. Le second, en revanche, est en permanence guidé par ses appétits : quoi qu'il ait, ce n'est jamais assez, précisément à cause de l'illimitation des désirs. Plus il leur cède et moins il est capable de leur résister, en sorte que sa vie devient une course sans fin où il ne rencontre finalement que du malheur. Calliclès cependant n'est pas convaincu. Il ne conteste pas la description que fait Socrate, mais la conclusion que ce dernier en tire : après tout, c'est le désir qui donne son mouvement même à la vie, c'est lui qui procure du plaisir lorsqu'on le satisfait. Tant mieux alors si, sitôt comblé, il fait place à un autre ! Car enfin, une vie sans désirs est une vie morte, une vie de pierre. Non seulement donc la tempérance n'est pas une vertu, mais elle serait bien incapable de nous donner le bonheur que d'après Socrate elle nous promet.
Ainsi donc, les deux protagonistes s'accordent au moins sur un point : la structure du désir, c'est l'illimitation (c'est sur les conséquences de cette illimitation sur notre bonheur que leurs affirmations divergent). Toutefois, cette structure elle-même n'est ici que constatée, sans avoir été expliquée. Aussi faudra-t-il nous demander pourquoi le désir se renouvelle à mesure qu'il est satisfait.
I. Analyse détaillée du texte
1. La thèse socratique : la tempérance permet d'atteindre la vie heureuse
a) Deux genres de vie s'opposent
Deux « genres de vie » semblent devoir être distingués, auxquels se ramènent finalement toutes les possibilités de l'existence humaine : soit l'homme mène une « vie d'ordre », soit il choisit une « vie de dérèglement », sans qu'il y ait de solution tierce ou de position intermédiaire. Il y a en effet deux parties dans l'âme selon Platon : la partie supérieure est constituée par la raison ; la partie inférieure, c'est l'âme désirante. D'une part donc il n'y a que des désirs de l'âme (le corps ne désire pas et ne désire rien) ; d'autre part, l'homme tempérant, c'est celui qui a refusé que la partie appétitive de son âme domine sa part rationnelle : cet homme est maître de lui-même, c'est-à-dire capable de résister à ses désirs et de choisir ceux auxquels il donnera satisfaction. L'homme déréglé en revanche, à cause « d'une mauvaise éducation » ou de « mauvaises fréquentations » (comme le dira Platon dans La République, IV), est peu à peu devenu incapable de leur commander, en sorte qu'il est à présent comme l'esclave de lui-même : le désir ordonne et il obéit. On comprend alors pourquoi dérèglement et tempérance sont les deux possibilités de la vie humaine : soit c'est la raison qui commande aux désirs, soit c'est l'inverse, sans qu'il y ait d'autre solution possible. Or, selon Socrate, c'est dans la tempérance que l'homme vit de façon ordonnée et harmonieuse : il n'est pas dans la nature de l'âme de voir sa partie désirante prendre le pas sur sa part rationnelle. Dans la vie déréglée en revanche, cet ordre naturel est troublé par de mauvaises habitudes et le dérèglement de la conduite n'est alors que la conséquence du désordre intérieur.
b) La comparaison entre la tempérance et le dérèglement
C'est ce qui motive la comparaison que Socrate fait : ces deux types d'existence sont semblables à deux hommes possédant, « chacun, un grand nombre de tonneaux ». En d'autres termes, ce qui les distingue l'un de l'autre, ce n'est pas le nombre de tonneaux, entendons par là le nombre de désirs qui les animent : l'un comme l'autre en ont un grand nombre, et pour tout dire une quantité indénombrable (il reviendra à la suite du texte d'expliquer pourquoi). Ce qui sépare les deux hommes, donc les deux genres de vie, ce n'est pas non plus ce que ces tonneaux contiennent : tous sont remplis « de vin, de miel, de lait » et « de toutes sortes de choses ». Ce qui distingue ces hommes donc, ce n'est pas non plus l'objet de leurs désirs, parce que le désir peut se porter sur à peu près n'importe quoi. Quoi qu'il en soit, leur satisfaction ne s'obtient jamais d'un claquement de doigts. C'est pourquoi le contenu des tonneaux est ici figuré par des denrées qui sont « rares, difficiles à recueillir et qu'on n'obtient qu'au terme de maints travaux pénibles » : la satisfaction des désirs n'est jamais facile, elle réclame de notre part des efforts. Et, en effet, si la structure du désir est celle du manque, alors le désir se porte toujours sur ce que l'on n'a pas déjà, sur ce qui n'est justement pas à portée de main. Pour résumer, dans ces deux genres de vie, chez ces deux hommes, la structure du désir est la même, leur nombre est pareillement indéfini et leur satisfaction n'est pas plus aisée chez l'un que chez l'autre.
Ce qui diffère alors, c'est la « qualité des tonneaux », en d'autres termes la capacité à retenir la satisfaction, et c'est ce qu'explique la suite de la comparaison.
c) Ce qui caractérise l'homme tempérant, c'est la maîtrise des désirs
L'homme tempérant a des tonneaux « sains », tandis que les tonneaux de l'homme déréglé sont « percés et fêlés », et voilà ce qui fait toute la différence. L'homme sage se préoccupe autant de l'état de ses tonneaux que de ce qu'il met à l'intérieur, aussi demeurent-ils pleins de ce dont il les a remplis. L'homme tempérant n'a donc « plus à y reverser quoi que ce soit ni à s'occuper d'eux » et demeure ainsi « tranquille ». L'homme intempérant, quant à lui, se préoccupe seulement de ce qu'il met dans ses tonneaux, sans se soucier de leur délabrement, aussi se vident-ils à mesure qu'il les remplit. Et comme cette occupation demande de la fatigue et de la peine, il se promet une vie sans trêve ni repos. Qu'est-ce à dire ? Tout simplement ceci : l'homme tempérant a lui aussi des désirs, comme il est naturel et humain d'en avoir, mais il sait que le désir se déplace à mesure qu'il est satisfait. En d'autres termes, il sait que les désirs se caractérisent par leur illimitation, qu'ils se nourrissent de leur propre faim. Par conséquent, il lui apparaît clairement qu'une satisfaction véritable ne peut être atteinte qu'en leur laissant la bride au cou, c'est-à-dire en laissant la raison à la place maîtresse qui doit être la sienne. L'homme tempérant est tempérant justement parce qu'il ne laisse pas les désirs à eux-mêmes, qu'il les maîtrise et se contraint à les limiter. L'homme intempérant, au contraire, s'il est également capable de satisfaire ses désirs (de remplir ses tonneaux), est incapable d'en éprouver la moindre satisfaction : sitôt son désir satisfait, celui-ci se déporte sur un autre objet. Le tonneau n'est alors jamais plein, la course et la fatigue ne rencontrent jamais leur terme.
d) La conclusion socratique : la tempérance est indispensable au bonheur
La conclusion semble s'imposer d'elle-même : si ces deux hommes « représentent chacun une manière de vivre », alors il est évident que la vie de l'homme tempérant, celui qui a su par l'application de la raison maîtriser ses désirs, est plus heureuse que la vie de l'homme déréglé, lequel court sans cesse derrière une satisfaction qui, comme l'horizon, recule à mesure qu'il avance. Par conséquent, si le but de l'existence est bien celui que lui impose Calliclès (à savoir jouir d'un bonheur durable), alors ce dernier devrait préférer la tempérance, puisque le dérèglement n'est la source que de malheurs répétés d'insatisfaction en insatisfaction. Mais cette comparaison, à admettre qu'elle soit pertinente dans les termes choisis, est-elle réellement convaincante ? Car enfin, à quoi sert de remplir les tonneaux si c'est pour ne jamais les vider ? Le miel, le vin et le lait sont des denrées faites pour être consommées. L'homme tempérant n'est-il pas alors semblable à un fou crevant de faim assis sur un trésor, parce qu'il s'interdit d'en prélever ne serait-ce qu'une cuillère ?
2. La thèse de Calliclès : le plaisir vient de la poursuite des désirs
a) La tempérance empêche la peine, mais aussi toute joie et tout plaisir
C'est exactement l'objection que fait ici Calliclès. Ce dernier ne conteste pas la validité de la comparaison, mais la conclusion qu'en tire Socrate : oui, les tonneaux de l'homme tempérant sont pleins ; oui, ceux de l'homme déréglé se vident en permanence ; mais le bonheur n'est pas là où le place Socrate. L'homme tempérant en effet, selon Calliclès, a fait le plein de ses tonneaux et, soucieux d'eux plus que de lui-même ou de son propre plaisir, il refuse de les mettre en perce et de les vider. Or à quoi bon remplir les tonneaux si c'est pour ne jamais y prélever quoi que ce soit ? Autant s'épargner une peine inutile et ne rien remplir du tout. Ainsi, en reprenant terme à terme notre comparaison, la satisfaction selon Calliclès n'est pas dans la résorption du manque, mais dans sa sempiternelle réitération : l'homme qui satisfait des désirs qu'il choisit et qui refuse de désirer davantage oublie qu'il n'y a pas de plaisir sans désir, qu'en d'autres termes les tonneaux ne sont remplis que parce qu'ils sont faits pour être vidés. Prétendre maîtriser ses désirs, c'est en fait ne plus désirer du tout : la tempérance, loin d'être une harmonie de la raison et du désir, est une destruction du désir au nom de la raison qui rend impossible le plaisir lui-même. Une vie sans désir est une vie sans plaisir. C'est même une vie de pierre, une vie morte, si tant est que désirer est l'essence même de la vie humaine : l'homme qui ne ressent plus la morsure du manque n'éprouve certes plus de peine, mais c'est en fait parce qu'il est devenu incapable de ressentir le plaisir et la joie.
b) Il n'y a pas de plaisir sans désir
Au contraire, cet autre homme, que Socrate nomme déréglé, s'inscrit dans le mouvement même de la vie : il connaît le plaisir et la peine, le plaisir qu'il y a à remplir les tonneaux et la peine qu'il y a à les voir se vider. Mais cette peine même est la promesse d'un plaisir futur : pour pouvoir remplir à nouveau son tonneau, il faut d'abord qu'il se vide. Entendons par là que la satisfaction du désir contenté, qui est source de plaisir, appelle l'insatisfaction du désir renouvelé (qui se déporte alors sur un autre objet). Mais cette insatisfaction elle-même permettra à l'avenir de goûter un plaisir futur, quand le manque sera à son tour comblé. La seule question qui se pose alors, ce n'est pas de savoir comment limiter les désirs (comment éviter que les tonneaux se vident à peine remplis), mais comment les satisfaire au plus vite (comment les remplir à mesure qu'ils se vident) : celui qui n'aura pas la force, le courage ou le pouvoir de satisfaire ses désirs, celui-là sera malheureux, mais c'est son impuissance la coupable, plutôt que le désir lui-même. Socrate est un faible qui accuse le désir, alors qu'il ne devrait s'en prendre qu'à lui-même.
II. Intérêt philosophique
1. Une contradiction indépassable
On l'aura compris, ce qui sépare Socrate de Calliclès, ce n'est pas tant la définition du désir que l'identification des causes du plaisir. Selon Socrate, le désir laissé à lui-même n'engendre que de l'insatisfaction à cause de sa transitivité essentielle (il se déporte au fur et à mesure d'objet en objet). Selon Calliclès en revanche, cette même structure permet la répétition du plaisir : si le plaisir tient à la satisfaction du désir, tant mieux alors si celui-ci se renouvelle sans cesse ! Ainsi, selon Socrate, l'homme qui ne maîtrise pas ses désirs se laisse en fait dominer par eux et se voue à l'insatisfaction perpétuelle. Pour Calliclès, en revanche, celui qui tente de les limiter se prive de toute possibilité de satisfaction. La contradiction des deux thèses n'a donc nullement été dépassée : les deux « genres de vie » sont inconciliables, en ceci précisément que chacun pense valoir mieux que l'autre. Il est vrai cependant que les conséquences éthiques de la thèse de Calliclès peuvent sembler désastreuses : si ce qui compte c'est de satisfaire le plus de désirs possible, alors tous les coups sont permis, y compris la manipulation et l'instrumentalisation d'autrui. Au reste, quand Socrate fait remarquer à Calliclès que son idéal est celui du tyran, celui-ci en convient sans peine. Il n'est guère étonnant alors de le voir admirer les sophistes car, après tout, la rhétorique comme art de convaincre est surtout l'art d'amener autrui à faire ce que nous voudrions qu'il fît, c'est-à-dire à nous en servir pour satisfaire nos désirs.
Ainsi, tout l'art de Platon consiste en ceci qu'il nous présente deux thèses également cohérentes et qu'il ne tente pas d'opérer absolument une réconciliation fictive. Car enfin, l'objection que Calliclès fait à Socrate est redoutable : celui qui est faible, celui qui n'a pas le pouvoir de commettre des injustices à son profit, celui-là dit que l'injustice est un mal. Mais au lieu de condamner le désir et ceux qui ne se soucient que de faire ce qu'ils veulent, celui-là ferait mieux de blâmer sa propre impuissance : les règles morales, les interdits, les scrupules mêmes sont autant de justifications inventées par les faibles pour s'excuser de leur faiblesse et en faire vertu. C'est pourquoi Nietzsche pourra parler du « méchant Socrate », homme trop lâche pour accomplir ses désirs, et qui voudrait contraindre tout le monde à avoir la même lâcheté.
2. La structure illimitée du désir
Ce qui reste tout du moins à expliquer, c'est le point d'accord entre Socrate et Calliclès, c'est-à-dire la structure illimitée du désir. Pourquoi le désir est-il frappé au coin d'une transitivité essentielle ? Pourquoi se déporte-t-il d'objet en objet ? Sans doute ne suffit-il pas d'affirmer que nous ne désirons que ce qui nous manque, et il faut sur ce point écouter ce que Hobbes nous dit de l'appétit. Selon Hobbes en effet, je ne désire pas quelque chose en soi, je ne désire que ce qu'autrui désire : je ne veux pas l'objet, je veux priver autrui de l'objet de sa satisfaction. J'ai ce que tu voulais, je t'en ai privé ; tu devras donc reconnaître que je suis plus puissant que toi et me rendre honneur. L'objet n'est qu'un prétexte, c'est pourquoi le désir en change comme on change de chemise : tout désir est en son fond désir de pouvoir, voilà qui explique sa transitivité.
Conclusion
Platon oppose ici deux « genres de vie » qui semblent définitivement inconciliables : le premier pose la raison en position maîtresse et affirme que la tempérance, en plus d'être une vertu, est la seule à pouvoir nous éviter les affres de l'insatisfaction. Le second pose qu'il n'y a pas de plaisir hors du désir même : ce qui est plaisant, c'est de combler le manque, en sorte qu'il faut se féliciter si celui-ci se recreuse à peine rempli. Sans doute faut-il comprendre que ces « deux hommes » dont parle notre texte n'en font en réalité qu'un : nous sommes toujours déchirés entre ce que la raison commande et ce que le désir ordonne, en sorte que l'harmonie n'est jamais durablement atteinte, et tel est peut-être finalement le constat que laisse entrevoir notre texte.