Une gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975

La fin des Trente Glorieuses rend progressivement caduques les institutions économiques internationales héritées de la conférence de Bretton Woods (1944). Plus tard, c'est la chute de l'URSS qui impose de repenser l'ordre économique mondial. Dans un monde désormais moins clivé – mais où les hiérarchies économiques sont profondément bouleversées par les difficultés de certaines vieilles puissances économiques et l'émergence de nouvelles toujours plus ambitieuses –, de nouvelles régulations s'imposent qui peinent encore à voir le jour.
1. Le bouleversement des hiérarchies
Le Nord en difficulté
• L'éclatement du premier choc pétrolier en 1973 vient aggraver la situation économique des pays du Nord qui doivent désormais payer plus cher leur approvisionnement énergétique. C'est la fin des Trente Glorieuses et de leur croissance continue. Pour faire face à la crise, les économistes néolibéraux appellent à rompre avec les recettes keynésiennes (investissement massif de l'argent public dans la relance de l'économie, État providence) en désengageant les États de l'économie.
• Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher au Royaume-Uni incarnent, dans les années 1980, cette politique de dérégulation destinée à « libérer » les forces économiques en réduisant au minimum taxes et réglementations considérées comme des freins à l'investissement. Sur le plan international, ce virage néolibéral se traduit fort logiquement par un déclin de la coopération économique puisque l'idée même d'une intervention du politique dans l'économie est condamnée.
Le Sud divisé
• Aux difficultés des pays du Nord répond la division croissante des pays du Sud. Le G77, réunissant les pays du tiers-monde, éclate en effet bientôt du fait de l'hétérogénéité croissante de ses membres. En effet, certains pays du Sud s'enrichissent considérablement grâce aux chocs pétroliers (pays producteurs de pétrole) et n'ont donc plus grand-chose de commun avec le tiers-monde.
• D'autres, surtout en Asie, parviennent à décoller économiquement grâce à leur habile stratégie d'industrialisation : ce sont les nouveaux pays industrialisés d'Asie (NPIA) comme la Corée du Sud ou Taïwan.
• Enfin certains, en Afrique ou en Amérique centrale, demeurent faibles et en retard de développement : ce sont les PMA. Désormais éclaté, le Sud n'est donc pas en mesure de profiter des faiblesses du Nord pour imposer une alternative crédible.
L'Est en déclin
• Quant à l'URSS, qui pérore dans un premier temps en croyant déceler dans les difficultés de l'Ouest une « crise finale du capitalisme », elle a fort à faire pour maintenir à flot son économie communiste qui bat sérieusement de l'aile.
• Celle-ci finit purement et simplement par s'effondrer au début des années 1990, sous le poids de ses déficiences et de son inefficacité.
Exercice n°3
2. La gouvernance économique mondiale à l'épreuve de la mondialisation
La relance de la libéralisation
• L'effondrement du bloc soviétique en 1991 redonne de la vigueur au modèle capitaliste et libéral. Déjà depuis 1979, la Chine a opté pour celui-ci en contradiction avec son idéologie communiste.
• En 1995, le GATT devient l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette transformation relance le processus de libéralisation des échanges internationaux, de nombreux pays intégrant progressivement l'OMC, ce qui signifie qu'ils renoncent à imposer librement des droits de douane aux marchandises en provenance des autres pays membres.
• L'entrée de la Chine dans l'OMC, en 2001, marque à cet égard un tournant majeur en ce qu'elle provoque un impressionnant rééquilibrage de l'économie mondiale, la Chine devenant en quelques années le cœur de l'industrie mondiale et une puissance économique majeure.
• D'autres pays comme le Brésil ou l'Inde profitent de la libéralisation accrue des échanges mondiaux pour prospérer. Afin de leur faire une place sur la scène internationale, le G7 qui réunissait depuis les années 1970 les sept premières puissances économiques mondiales est complété par un G20 en 1999.
La difficile réforme
• Mais ces efforts d'ouverture aux émergents ne satisfont pas les opposants à la logique de la mondialisation libérale. Ces derniers sont particulièrement actifs dans les années 1990 au cours desquelles se développe le mouvement altermondialiste qui rejette le libéralisme économique et prône une mondialisation plus soucieuse de développement et de progrès social. Le Forum social organisé en 2001 à Porto Alegre au Brésil en est l'un des moments forts.
• Dans les années 2000, c'est la crise bancaire puis économique, liée à l'endettement massif de certains États occidentaux, qui repose de nouveau la question de l'efficacité de la régulation économique internationale. Si les débats pour la réformer n'ont jamais été aussi nombreux, aucun consensus ne s'est cependant dégagé pour mettre sur pied un nouvel appareil institutionnel.
Exercice n°1Exercice n°2Exercice n°4Exercice n°5
Progressivement émerge donc une nouvelle gouvernance de l'économie mondiale, plus adaptée aux défis économiques d'aujourd'hui, et qui reflète la nouvelle hiérarchie des puissances. Cette gouvernance demeure cependant encore très incomplète et donc pas toujours efficace. La crise économique qui a frappé le monde depuis 2008 en est un symptôme. Mais elle peut aussi constituer un levier qui pousse les États à avancer plus vite sur la voie de la coopération économique.
Quand apparaît la notion de « développement durable » ?
Cochez la bonne réponse.
dans les années 1960
dans les années 1970
dans les années 1980
dans les années 1990
C'est en 1987, dans le rapport Brundtland, qu'apparaît pour la première fois la notion de « développement durable ».
Quelle région est concernée par l'ASEAN ?
Cochez la bonne réponse.
l'Afrique
l'Amérique
l'Asie
l'Océanie
L'Association des nations d'Asie du Sud-Est est un organisme de coopération économique asiatique.
En quelle année le dollar cesse-t-il d'être convertible en or ?
Cochez la bonne réponse.
1962
1968
1971
1973
1979
Le 15 août 1971, le président Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or. C'est le « choc Nixon », qui marque la fin du système économique de Bretton Woods.
Quelle organisation internationale a succédé au GATT ?
Cochez la bonne réponse.
le G 8
le G 20
la FAO
l'OMC
l'UNESCO
Lors des accords de Marrakech signés en 1994 et entrés en vigueur en 1995, le GATT devient l'OMC, désormais responsable de l'organisation des grandes négociations commerciales à l'échelle mondiale.
Quels sont les États membres du G 8 ?
Cochez la bonne réponse.
États-Unis, Chine, Japon, Russie, France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne
États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni
États-Unis, Chine, Russie, Inde, Brésil, France, Allemagne, Royaume-Uni
États-Unis, Canada, Australie, Japon, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie
États-Unis, Japon, Russie, France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, Canada
Ce groupe réunit les pays industriels développés les plus riches et les plus influents. Composé à l'origine de sept membres, il a été élargi à la Russie en 1998.