Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Proche-Orient (ou Moyen-Orient : les deux termes désignent le même espace, compris entre l'Égypte, la Turquie et l'Iran), a été la région qui a concentré le plus de conflits. La fin de la guerre froide ne s'y est pas traduite par un apaisement et certaines des guerres qu'il connaît semblent devoir demeurer à jamais insolubles. Pourquoi cette région concentre-t-elle autant de conflits ?
1. Le réveil arabe (années 1950 et 1960)
Indépendance et nationalisme arabe
• Si la plupart des pays du Moyen-Orient ont accédé à l'indépendance dans l'entre-deux-guerres, celle-ci était largement formelle. Dans les faits, deux puissances européennes, la Grande-Bretagne et la France, dominaient la région depuis l'effondrement de l'empire ottoman (turc) au lendemain de la Première Guerre mondiale. Les choses changent avec la Seconde Guerre mondiale qui les affaiblit profondément et les contraint à s'en retirer définitivement.
• Dans l'ébullition des indépendances, le nationalisme arabe, défendu notamment par le parti Baath et le leader égyptien Nasser, se propage dans la région. Il s'agit d'une idéologie qui entend d'une part redorer la fierté des Arabes en affirmant leur indépendance vis-à-vis des impérialismes, et qui a d'autre part pour objectif d'aboutir à une réunion des différents pays arabes en un seul.
• Nasser, qui préside l'Égypte de 1956 à 1970, s'impose rapidement comme le leader du panarabisme. Il doit notamment son prestige dans le monde arabe à sa décision de nationaliser le canal de Suez, opération réalisée en 1956 contre les intérêts des Français et des Britanniques, qui décident alors d'intervenir militairement, mais doivent finalement rebrousser chemin sous la pression conjointe des États-Unis et de l'URSS.
• Cette fièvre nationaliste qui agite le monde arabe peut parfois aboutir à des conflits. Conflits civils tout d'abord, entre les Arabes et les populations du Proche-Orient qui ne le sont pas (Kurdes, Turcs), mais aussi conflits internationaux contre des pays non majoritairement arabes (l'Iran ou Israël).
La question de Palestine
• C'est surtout autour de la Palestine que se cristallise la ferveur nationaliste arabe. Cette ancienne province de l'empire ottoman, passée entre-temps sous domination britannique, a vu affluer à partir de la fin du XIXe siècle des dizaines de milliers d'immigrés juifs, venus d'Europe pour fuir les persécutions et motivés par l'espoir de créer un État qui leur garantirait la sécurité.
• Très tôt, la cohabitation entre Juifs et Arabes s'est avérée compliquée, provoquant dès les années 1920 de fréquents affrontements. Pour tenter de régler le conflit, l'ONU adopte en 1947 un plan de partage de la Palestine qui prévoit la création de deux États, un pour les Juifs, et un pour les Arabes, Jérusalem (revendiquée par les deux camps) étant placée sous contrôle international.
• L'État d'Israël voit le jour en 1948, mais ses voisins arabes refusent le plan de l'ONU et décident de lui déclarer immédiatement la guerre. Israël en sort vainqueur et en profite pour accroître son territoire, un scénario qui se répétera à de nombreuses reprises dans les années à venir, notamment lors de la guerre des Six Jours de 1967 au cours de laquelle Israël s'empare du Sinaï au détriment de l'Égypte.
Exercice n°1Exercice n°3
2. La poussée islamiste (années 1970-1980)
La révolution islamique en Iran
• Les échecs répétés du nationalisme arabe dans sa lutte contre Israël, ainsi que les divisions entre ses différents leaders, expliquent sa perte d'influence dans les années 1970. Dans le même temps, les idées islamistes, qui entendent faire de la loi religieuse musulmane la seule source du droit civil, se répandent. Elles sont notamment promues par l'Arabie saoudite qui, depuis le choc pétrolier de 1973, dispose d'importantes réserves financières pour appuyer sa politique prosélyte.
• Mais c'est en Iran que s'opère le principal basculement. En 1979, le régime pro-occidental et laïc du shah est renversé par une révolution populaire emmenée par un haut dignitaire chiite : l'ayatollah Khomeiny. Immédiatement, le pays entre en guerre avec son voisin irakien, dirigé par le nationaliste arabe de confession sunnite Saddam Hussein. Une guerre qui dure presque dix ans sans qu'un vainqueur ne se dégage.
La poussée terroriste
• À l'exception de l'Arabie saoudite et de l'Iran, la plupart des pays du Moyen-Orient demeurent dirigés dans les années 1970 par des régimes souvent peu démocratiques, à dominante nationaliste arabe. Les idées islamistes y sont sévèrement réprimées, notamment en Égypte ou en Syrie où la confrérie des Frères musulmans fait l'objet d'une traque permanente.
• Cette impossibilité d'exprimer publiquement les idées islamistes peut expliquer qu'une partie de leurs militants fassent le choix, à partir des années 1970, de recourir à la violence pour arriver à leurs fins : prises d'otages, assassinats et attentats.
Le difficile règlement de la question palestinienne
• Les accords de Camp David conclus en 1978 permettent la réconciliation d'Israël, le leader du monde arabe, et de l'Égypte. On croit alors à un apaisement en Palestine, mais c'est sans compter sur les extrémistes des deux camps qui refusent cette paix. Le président égyptien Sadate est même assassiné par un commando islamiste. Dès lors, le conflit pour la Palestine se poursuit sous l'impulsion de groupes armés palestiniens dont le plus important est l'OLP, l'Organisation de libération de la Palestine, dirigée par Yasser Arafat.
• En 1993, les accords de Washington, conclus entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, ne permettent pas non plus de mettre un terme au conflit, les Palestiniens se divisant entre islamistes (Hamas) et nationalistes (Fatah). La confrontation entre ces deux tendances prend un tour violent en 2007 lorsque les troupes du Hamas chassent celles du Fatah de la bande de Gaza. Depuis lors, la Palestine, coupée en deux territorialement, l'est également politiquement : tandis que l'Autorité palestinienne, aux mains du Fatah, dirige la Cisjordanie, le Hamas tient la bande de Gaza. Le 23 avril 2014, des pourparlers de réconciliation ont lieu à Gaza dans l'objectif affiché de mettre sur pied un gouvernement d'union nationale.
Exercice n°2Exercice n°4
3. Une difficile normalisation (depuis les années 1990)
Le projet américain d'un « Grand Moyen-Orient »
• En 1991, les États-Unis, tout juste vainqueurs de la guerre froide, interviennent au Moyen-Orient pour libérer le Koweït qui venait d'être envahi par son voisin irakien désireux de s'approprier ses importantes réserves pétrolières. Pendant un temps, on croit à l'avènement d'une nouvelle ère où le droit international serait respecté et où les États-Unis se feraient les gendarmes de la région.
• En 2003, le président américain Georges Bush décide, sans l'accord de l'ONU, d'envahir l'Irak afin de renverser le régime dictatorial de Saddam Hussein, accusé de soutenir le terrorisme, pour le remplacer par un régime démocratique censé endiguer la violence islamiste.
• Dans les faits, c'est tout l'inverse qui se produit : l'instauration de la démocratie exacerbe les conflits entre les différentes communautés ethniques (arabe et kurde) et religieuses (chrétienne, sunnite et chiite) du pays qui sombre dans la violence terroriste exacerbée.
L'échec du printemps arabe
• Les idéaux démocratiques ne sont cependant pas totalement absents de la région comme en témoigne le soulèvement populaire qui s'y produit à partir de 2011. Parti d'Afrique du Nord (Tunisie et Libye), il touche bientôt le Moyen-Orient (Égypte, Bahreïn et Syrie). Mais dans tous ces pays, il subit une féroce répression : les militaires reprennent finalement le pouvoir en Égypte, l'Arabie saoudite écrase les révolutionnaires de Bahreïn sous prétexte qu'ils sont chiites, Bachar al-Asad va jusqu'à utiliser des gaz chimiques contre les insurgés syriens.
• Aujourd'hui, le Moyen-Orient est ainsi plus que jamais à feu et à sang, une situation catastrophique dont témoigne la guerre civile syrienne qui voit s'affronter des combattants venus du monde entier pour défendre des idéaux radicalement contradictoires (islamisme pour les uns, nationalisme arabe ou démocratie pour les autres).
Exercice n°5
La forte conflictualité qui caractérise le Moyen-Orient a donc de multiples causes. Elle résulte à la fois des divisions communautaires de la région (entre différents peuples et religions), mais aussi de ses divisions politiques (entre nationalistes et islamistes) ou de ses ressources naturelles convoitées (l'eau et le pétrole).
Le nord de l'Irak est peuplé :
Cochez la bonne réponse.
de Palestiniens.
de Kurdes.
de chiites.
de chrétiens.
Le nord de l'Irak est majoritairement peuplé par des Kurdes, qui ont acquis une large autonomie depuis 2003.
À quelle époque a eu lieu la guerre entre l'Iran et l'Irak ?
Cochez la bonne réponse.
dans les années 1960
1dans les années 1970
dans les années 1980
1949, 1958, 1969, 1972
1955, 1965, 1969, 1971
La guerre entre l'Iran et l'Irak s'est déroulée entre 1980 et 1988.
Quelles sont les dates des quatre guerres israélo-arabes intervenues jusqu'en 1973 ?
Cochez la bonne réponse.
1947, 1956, 1967, 1973
1948, 1956, 1967, 1973
1948, 1956, 1968, 1973
1949, 1958, 1969, 1972
1955, 1965, 1969, 1971
1948 : première guerre israélo-arabe ; 1956 : crise de Suez ; 1967 : guerre des Six-Jours ; 1973 : guerre du Kippour.
Dans quel pays a eu lieu la Révolution islamique en 1979 ?
Cochez la bonne réponse.
Arabie Saoudite
Égypte
Iran
Liban
Turquie
En 1979 a lieu la Révolution islamique en Iran. Le clergé chiite, sous la direction de l'ayatollah Khomeini, prend le pouvoir et impose un strict respect des prescriptions religieuses. Le régime mène une politique anti-américaine et anti-israélienne.
Pour quelle raison a été menée la première guerre du Golfe en 1991 ?
Cochez la bonne réponse.
pour lutter contre le terrorisme
pour installer des bases américaines dans la région
pour chasser Saddam Hussein du pouvoir
pour détruire les armes de destruction massive de l'Irak
pour libérer le Koweït qui venait d'être envahi par l'Irak dirigé par Saddam Hussein
À la différence de la seconde guerre du Golfe décidée par les Américains en 2003, la première a été une décision de la communauté internationale à travers l'ONU pour libérer le Koweït de l'invasion irakienne.