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La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l'environnement ?

La croissance économique a pour finalité d'améliorer les conditions de vie et le bien-être de la population. Pourtant, certaines de ses conséquences, comme l'épuisement des ressources naturelles ou l'aggravation de la pollution, posent la question de sa soutenabilité à long terme. Dans quelle mesure, par exemple, les risques liés au réchauffement climatique pour les générations futures peuvent-ils faire l'objet d'une politique climatique de la part des pouvoirs publics ?
1. Croissance économique et bien être : une relation complexe
• Deux siècles de croissance économique dans les pays développés ont accoutumé les modes de pensée à assimiler abondance de biens matériels, niveau de développement et bien-être. S'il est incontestable que les progrès de la consommation en biens et services ont permis d'améliorer considérablement la couverture des besoins primaires puis des besoins secondaires, la corrélation entre l'abondance de biens matériels et le bien-être des êtres humains fait aujourd'hui, dans les pays développés, l'objet d'analyses critiques : les études montrent, en effet, qu'au fur et à mesure de l'accroissement de la richesse, le degré d'insatisfaction de la population ne recule pas voire, parfois, augmente. En matière d'espérance de vie, de mortalité infantile, d'état de santé, ou de niveau d'instruction, la corrélation des indicateurs de bien-être avec le degré de richesse matérielle n'est plus vérifiée au-delà d'un certain seuil (l'espérance de vie à la naissance, par exemple, est plus élevée en France qu'aux États-Unis, alors que le niveau de vie moyen est plus élevé dans ce dernier pays). Pour le dire en langage économique, le « rendement marginal en bien-être » de la croissance économique devient décroissant au-delà d'un certain niveau de richesses.
2. De quelles variables le bien-être dépend-il ?
• Le bien-être est multidimensionnel et résulte de la combinaison en interaction de quatre catégories de ressources, de quatre types de « capital » : naturel, physique produit, humain, social et institutionnel.
• Le capital naturel regroupe l'ensemble de ressources offertes par le cadre naturel. On les subdivise généralement en deux catégories, les ressources renouvelables et les ressources non renouvelables. Par exemple, les énergies fossiles sont non renouvelables, alors que les forêts sont des ressources renouvelables.
• Le capital physique produit recouvre l'ensemble des biens de production et les stocks de produits destinés à une utilisation future. Concrètement, il correspond au stock de capital accumulé par la formation brute de capital fixe.
• Le capital humain est une notion introduite, dans les années 1960, par l'économiste américain Gary Becker. Il comprend l'ensemble des connaissances et des aptitudes acquises par l'homme, dont certaines sont transférables à d'autres, notamment par le système d'éducation. Il comporte aussi l'expérience et le savoir-faire accumulé par chaque individu.
• Le capital social comprend les réseaux de relations interpersonnelles dont dispose une personne ou un groupe social, qui se sont développés à la fois dans la sphère professionnelle à la sphère privée. Ce potentiel relationnel se caractérise par sa densité (nombre de relations) et par son intensité (nature et fréquence des liens).
• Le capital institutionnel représente les structures sociales et politiques (État, juridictions, administrations, groupes d'intérêts…) qui peuvent avoir des conséquences positives ou négatives sur la vie de chacun. Ainsi, on considère par exemple que les institutions démocratiques sont, a priori, favorables à la diffusion des connaissances, ou que le sentiment de liberté qu'elles engendrent a des effets positifs sur les relations humaines.
Exercice n°1
3. Les limites écologiques de la croissance économique
• Notre modèle de croissance économique porte des atteintes majeures à l'environnement. L'un des plus graves problèmes est celui du réchauffement climatique de notre planète, conséquence des émissions de gaz à effet de serre – notamment le dioxyde de carbone, produit en particulier par les transports, l'agriculture, le logement résidentiel et les services ainsi que l'industrie manufacturière. Un autre aspect de ces atteintes à l'environnement est l'augmentation de la pollution de l'air, notamment en zones urbaines, et la dégradation de la qualité de l'eau (pollution chimique et bactériologique).
• La surexploitation des ressources naturelles constitue une autre source d'inquiétude pour l'avenir : épuisement des gisements énergétiques et des réserves de minerai, ressources non renouvelables, mais aussi prélèvements excessifs sur les ressources renouvelables (ressources halieutiques des océans, déforestation…). Enfin, les atteintes à la biodiversité se traduisent par la disparition de milliers d'espèces animales ou végétales chaque année, et représentent une menace pour l'avenir des écosystèmes.
4. Vers un modèle de développement soutenable ?
• La notion de développement durable (ou soutenable comme l'exprime le terme anglais « sustainable ») est née des travaux de la commission Brundtland en 1987, sous l'égide des Nations unies. Cette commission a défini le développement durable comme « un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
• Mais les conditions concrètes d'application d'un tel modèle théorique font l'objet de controverses où réapparaissent les clivages traditionnels de la science économique. Les théoriciens libéraux considèrent qu'il sera possible de trouver, dans le futur, des ressources de substitution à celles qui sont en voie d'épuisement. Il faut donc faire apparaître des innovations qui prendront le relais des ressources en voie de disparition et favoriser la substituabilité d'une forme de capital (le capital naturel) par une autre (le capital physique produit).
• Le courant écologiste conteste cette conception « productiviste » du développement durable, au nom du caractère irremplaçable de certaines ressources et de l'irréversibilité de leur disparition. Ce courant préconise un modèle de croissance fondé sur le remplacement des ressources non renouvelables par des ressources renouvelables pour préserver le capital naturel. Pour évaluer l'impact des activités humaines sur le milieu, certains calculent leur empreinte écologique, c'est-à-dire « la mesure en hectares de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d'une population humaine de taille donnée » – autrement dit le nombre d'hectares permettant de produire les ressources utilisées par cette population et d'assimiler les déchets qu'elle produit. L'empreinte écologique se calcule en référence au mode de vie de la population étudiée : celle d'un Américain du Nord est de 12 hectares, celle d'un Français de 5,2 ha, celle d'un Afghan de 0,58 ha.
• Au niveau mondial, l'empreinte moyenne par habitant est de 2,3 ha, alors que la disponibilité par personne (biocapacité) est théoriquement de 1,8 ha. Le seuil de soutenabilité est donc aujourd'hui largement dépassé.
Exercice n°2Exercice n°3
5. L'exemple de la politique climatique
• La communauté scientifique a désormais démontré le lien entre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment de CO2, dues à l'activité humaine. Ce réchauffement conduit, à terme, au recul de la banquise et des grands glaciers et à l'élévation du niveau des océans, mettant en péril de nombreuses régions du monde. Face à cette menace, il faut admettre que les mécanismes spontanés du marché n'intègrent pas ce coût environnemental, cette externalité négative. Les entreprises n'internalisent pas, en effet, dans leurs coûts et leurs prix de vente, cette atteinte au bien commun que constitue le climat de la planète. Pour remédier à cette situation, les pouvoirs publics disposent de 3 instruments principaux : la réglementation, la fiscalité écologique et le marché des quotas d'émissions.
• Les réglementations consistent à limiter voire interdire les émissions par la loi, par la fixation de normes et de sanctions en cas de non-respect. L'arme fiscale, quant à elle, consiste à faire payer le coût environnemental des émissions par le producteur ou l'utilisateur par le biais d'une écotaxe qui augmente le prix des produits : l'utilisateur (entreprise ou ménage) est incité à choisir les produits les moins polluants car moins taxés. Enfin, le marché des droits d'émission, mis en place par exemple dans l'Union européenne depuis 2005, consiste à attribuer à chaque site de production des « droits à polluer », ces droits pouvant être revendus en cas de non-utilisation. Les entreprises les plus polluantes sont contraintes d'acheter des droits au-delà de leurs propres quotas, les entreprises « vertueuses » tirant profit de leurs droits non utilisés.
Exercice n°4Exercice n°5
6. Quels effets attendre de ces instruments ?
• L'ensemble de ces mesures n'a pas eu, jusqu'à présent, d'effet significatif global sur les niveaux d'émissions mondiales de GES. Certains pays ont obtenu des résultats, comme la Suède, qui a mis en place une taxe carbone depuis plus de 20 ans. Mais l'Union européenne n'a toujours pas de fiscalité écologique cohérente. Le marché des quotas d'émissions qu'elle a mis en place n'est pas efficace car les attributions initiales de droits à polluer ont été trop généreuses, et le prix de la tonne de carbone s'est effondré, ôtant au mécanisme tout caractère incitatif. D'autre part, certains grands pays émergents et les États-Unis eux-mêmes refusent d'accroître les contraintes qu'une politique climatique fait nécessairement peser sur les activités économiques. On comprend, dans ces conditions, que le dernier rapport de septembre 2013 du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) soit, sur cette question, plus pessimiste que les précédents.
7. Conclusion
Le défi écologique est probablement le défi du futur le plus difficile à affronter. Parce qu'il remet en question les conditions de vie et les modes de consommation des populations des pays développés, il doit faire face à l'inertie des comportements et à la résistance que lui opposent des groupes d'intérêts puissants, soutenus parfois par des lobbies sans scrupule. Il est aussi confronté à la capacité d'oubli et d'insouciance d'une opinion publique prompte à s'émouvoir de catastrophes écologiques médiatisées mais tout aussi promptes à en oublier les leçons. Enfin, les pays émergents et les pays pauvres ne se privent pas de nous faire remarquer que la préoccupation environnementale est un « luxe de pays riches » dont sont encore très éloignées les populations qui, dans le monde, sont parfois encore en lutte pour leur survie matérielle.
Notions clés
  • Capital naturel, physique produit, humain, social et institutionnel.
  • Biens communs.
  • Soutenabilité.
  • Règlementation.
  • Taxation.
  • Marché de quotas d'émission.
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