La diffusion du christianisme


Fiche

 Au Ier siècle, Jésus de Nazareth a transmis son message à quelques habitants de la Palestine, somme toute assez peu nombreux. En 392, l'empereur Théodose fait du christianisme la religion officielle de l'Empire romain. Comment le message chrétien s'est-il diffusé auprès d'un si grand nombre de personnes ?
I. De la Palestine à l'ensemble de l'Empire romain (du Ier au IVe siècle)
1. Le rôle des missionnaires
•  Les premiers chrétiens sont les Juifs qui ont entendu le message de Jésus en Palestine, au milieu du premier siècle de notre ère. Le christianisme commence son extension lorsque certains Juifs de la diaspora deviennent eux aussi chrétiens. Paul de Tarse convertit alors des Grecs, des Syriens, des habitants des cités d'Asie qui ne sont pas juifs. Antioche, en Syrie, devient ainsi une grande cité chrétienne.
•  Le christianisme remporte un rapide succès dans la partie orientale de l'Empire. À la fin du IIe siècle, les communautés chrétiennes, grâce notamment aux voyages de Paul, se comptent par dizaines autour de la mer Égée (elles sont encore rares en Gaule).
•  Les cités, plus nombreuses à l'est du monde méditerranéen, sont le lieu d'un commerce actif et d'un grand brassage de populations et d'idées (les villages de Gaule sont davantage tournés vers l'agriculture).
2. Monde romain, monde chrétien
•  Au IVe siècle, la plupart des régions de l'Empire sont christianisées, c'est-à-dire qu'il s'y trouve des communautés de chrétiens (même si tous les habitants de ces régions ne le sont pas). Les rares exceptions sont la Bretagne (l'Angleterre actuelle), l'ouest de la Gaule, les Alpes et la vallée du Douro (Espagne et Portugal actuels).
•  Le christianisme s'étend un peu au-delà des frontières de l'Empire, sur les rives du Tigre et de l'Euphrate et en Arménie, mais, de manière générale, monde chrétien et monde romain coïncident. L'Empire est un monde uni par le commerce et la langue : il constitue un cadre de diffusion idéal pour le christianisme.
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II. Le monde des premiers chrétiens
1. Son organisation
•  Les communautés de chrétiens sont dirigées par l'évêque de leur cité, qui est considéré comme le successeur des apôtres de l'époque de Jésus. L'évêque est élu et entouré par des prêtres, des diacres et diaconesses. Les chrétiens établissent rapidement une distinction entre les responsables religieux, le clergé, et les fidèles ordinaires. Le territoire de l'évêque, appelé diocèse, regroupe plusieurs communautés : les paroisses.
•  L'organisation du monde chrétien est calquée sur celle de l'Empire : des cités et leurs territoires, une cité principale, Rome. L'évêque de Rome, ville de saint Pierre, bénéficie d'un grand prestige. Il porte le titre de pape des chrétiens (le « père »).
2. Ses rites
•  Les chrétiens adoptent des rites qui trouvent leur origine dans les Évangiles. Ils se retrouvent régulièrement en assemblée (qui se dit ekklesia en grec, d'où le mot « église »). Ensemble, ils partagent le pain et le vin, en souvenir de la Cène, le dernier repas de Jésus : c'est la communion (l'Eucharistie).
•  Des assemblées plus importantes ont lieu chaque année, à Pâques, en souvenir de la mort et de la résurrection de Jésus. Les chrétiens pratiquent aussi le baptême (immersion dans un bassin rempli d'eau). Certains sont baptisés dès l'enfance mais la plupart le sont avant de mourir. Ils sont enterrés dans des catacombes.
3. Ses dissensions
•  Les différentes communautés chrétiennes connaissent des désaccords. Un prêtre d'Alexandrie, Arius, nie la consubstantialité de Jésus avec Dieu le Père (Jésus ne procèderait pas, selon lui, de la même substance divine que Dieu le Père). Les évêques se réunissent en concile dans la cité de Nicée en 325 et condamnent cette idée.
III. Le christianisme persécuté puis triomphant dans l'Empire
•  Dans un premier temps, les chrétiens sont ignorés par le pouvoir romain : les religions sont déjà nombreuses dans l'Empire.
•  Le refus des chrétiens de participer aux cérémonies religieuses, même en l'honneur de l'empereur, qui rassemblent d'ordinaire tous les citoyens de l'Empire explique pour une part les persécutions dont ils sont victimes au milieu du IIIe siècle. L'Empire est fragilisé par les invasions barbares. Les chrétiens, isolés, sont peu à peu considérés comme des traîtres, des ennemis de l'Empire.
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•  Ils sont alors pourchassés, arrêtés et torturés. Certains sont livrés aux fauves lors des jeux du cirque (telle sainte Blandine) et deviennent ainsi des martyrs.
Sainte Blandine dans l'arène aux lions
Peinture anonyme de la fin du XIXe siècle. © J.-L. Charmet
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Malgré les persécutions, de plus en plus de Romains se tournent vers le christianisme. Au début du IVe siècle, l'empereur Constantin, conseillé par des chrétiens (et baptisé avant de mourir), autorise la pratique religieuse chrétienne (édit de Milan, en 313).
•  Par la suite, ce sont au contraire les religions polythéistes de l'Empire qui sont interdites, les richesses de leurs temples sont confisquées.
En 392, l'empereur Théodose fait du christianisme la religion officielle de l'Empire romain.
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