Les dieux et la cité


Fiche

Dans la Grèce antique en général, et à Athènes en particulier, il n'y a pas de séparation entre le monde des dieux et le monde des hommes. Tous les aspects de la vie, privée comme publique, sont donc empreints de religion. La religion assure d'ailleurs la cohésion de la cité. C'est dire l'omniprésence des monuments religieux et des cérémonies religieuses dans la cité.
1. La colline sacrée d'Athènes : l'Acropole
• L'Acropole est d'abord un plateau rocheux, dont les caractéristiques défensives ont favorisé un peuplement très ancien (vestiges de 3000 av. J.-C.). Le mot « acropole » signifie d'ailleurs « ville haute ». Au e siècle, l'Acropole perd sa fonction de forteresse et est d'ailleurs détruite par les Perses en 480 av. J.-C., au cours de la 2e Guerre médique. Thémistocle, puis Périclès la feront reconstruire.
• L'Acropole est un complexe de temples, le plus souvent dédiés à Athéna, déesse patronne de la cité. Il s'agit d'honorer les dieux, mais également d'affirmer la puissance et la gloire de la cité athénienne. Le « siècle de Périclès » marque en effet l'apogée de l'empire maritime athénien (la « thalassocratie »).
• Au e siècle, l'Acropole compte donc de nouveaux monuments religieux, parmi lesquels :
  • l'Érechthéion, qui abritait les plus anciennes reliques des Athéniens, notamment le Palladium, statue en bois d'Athéna. À cet endroit précis, la légende veut qu'ait eu lieu la dispute entre Poséidon et Athéna, où la déesse l'emporta, donnant ainsi son nom à la ville ;
  • le temple d'Athéna Nikè (Athéna victorieuse), où l'on venait prier la déesse pour obtenir la victoire à la guerre ;
  • les Propylées, entrée monumentale de l'Acropole ;
  • le Parthénon, surtout. C'est le temple le plus vaste de l'Acropole. Consacré à Athéna Parthenos (Athéna Vierge, d'où son nom), il abritait la statue chryséléphantine (en or et ivoire, 12 m de haut) de la déesse et le trésor de la cité. La frise des Panathénées, par Phidias, en faisait le tour, rappelant le rôle des fêtes religieuses dans la vie de la cité.
2. Les fêtes religieuses à Athènes
• Les fêtes religieuses étaient ainsi l'occasion de célébrer les dieux de la cité (divinités poliades), mais marquaient également sa cohésion politique : les citoyens rétifs pouvaient d'ailleurs écoper d'une amende. Les femmes et même les métèques étaient admis à participer. À Athènes, les fêtes les plus importantes étaient les Panathénées, qui revenaient chaque année, pendant une semaine, dans la deuxième quinzaine de juillet. Tous les quatre ans, les Grandes Panathénées duraient trois ou quatre jours supplémentaires et comprenaient des Jeux panathénaïques.
• Les Grandes Panathénées étaient donc l'occasion de jeux et concours poétiques, musicaux, sportifs. Le cœur de la cérémonie était constitué par une immense procession, au jour anniversaire d'Athéna, au cours de laquelle les citoyens allaient remettre à la statue de la déesse, sur l'Acropole, un péplos, tunique brodée d'or confectionnée pendant l'année dans toute l'Attique.
• De nombreuses autres fêtes religieuses existaient, parmi lesquelles les Grandes Dionysies, en l'honneur du dieu du vin, Dionysos, en mars-avril. Des représentations théâtrales y étaient données. Ainsi furent inventées la tragédie et la comédie, où s'illustrèrent des auteurs prestigieux : Eschyle, Sophocle et Euripide pour la tragédie ; Aristophane pour la comédie.
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