La fin de l'Empire carolingien


Fiche

Les succès de Charlemagne ne doivent pas faire oublier la fragilité de son œuvre. Face aux États musulmans et à l'Empire byzantin, l'Occident apparaît comme un monde pauvre et peu développé. Avec la fin des conquêtes au IXe siècle, le souverain perd son autorité sur les seigneurs locaux.
Comment l'Empire carolingien se désagrège-t-il ?
I. Le partage de l'Empire
•  Le fils de Charlemagne, Louis le Pieux, s'efforce de gouverner comme son père. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à organiser sa succession : ses fils se révoltent, les grands seigneurs donnent leur fidélité au plus offrant.
•  En 840, à la mort de Louis le Pieux, ses trois fils se font la guerre. Louis le Germanique et Charles le Chauve s'allient par le serment de Strasbourg (en 842) contre leur frère aîné Lothaire désigné empereur par son père. L'année suivante, Lothaire accepte le partage de Verdun  : il conserve le titre d'empereur et reçoit un territoire qui s'étend de la mer du Nord au sud de Rome (la Lotharingie). Charles le Chauve hérite de la partie ouest de l'empire (la Francie occidentale) et Louis le Germanique de la partie est (la Francie orientale).
II. Les invasions du IXe siècle
•  Au moment où décline la puissance des Carolingiens, l'Occident est assailli par de nouvelles invasions :
  • au sud, les Sarrasins, musulmans d'Afrique du Nord, multiplient les raids sur les côtes méditerranéennes ;
  • les Normands ou Vikings, venant de Scandinavie, débarquent sur les rives de la mer du Nord et remontent les fleuves sur leurs bateaux légers (ils pillent villes et abbayes) ;
  • les Hongrois, venus de l'Est, apparaissent vers l'an 900. Ils font des incursions en Francie orientale et en Italie du Nord.
•  Les succès répétés des Sarrasins et des Normands sont dus à leur supériorité navale et à leur extrême mobilité. Sous l'impulsion de quelques seigneurs, cependant, la résistance s'organise. Les Normands préfèrent alors se faire payer des tributs en argent plutôt que de se lancer dans des campagnes difficiles. Certains se convertissent même au christianisme : ils fondent le duché de Normandie que le roi de France leur cède en 911. Après l'an mille, les incursions sont moins fréquentes.
•  Les invasions des IXe et Xe siècles ont des conséquences moins graves pour l'Occident que les invasions germaniques du Ve siècle. Elles révèlent néanmoins l'incapacité des souverains à défendre leurs populations qui se rassemblent alors autour de chefs locaux.
III. La naissance du royaume de France
Le partage de Verdun marque le morcellement définitif de l'Occident. En 877, la Lotharingie est partagée entre les deux royaumes de Francie occidentale et orientale.
•  En Francie occidentale, la dynastie carolingienne est affaiblie au Xe siècle. En 987, les grands du royaume élisent comme roi l'un d'entre eux, Hugues Capet, duc de France, dont les possessions vont de la Seine à la Loire. Ce changement de dynastie (les Capétiens succèdent aux Carolingiens) n'a pas de conséquence importante. Plus que jamais, la réalité du pouvoir appartient aux comtes et aux ducs.
•  En Francie orientale, la famille des ducs de Saxe impose son autorité. Comme Charlemagne, Otton Ier s'appuie sur les évêques et les abbés pour gouverner. Après sa victoire sur les Hongrois en 955, il apparaît comme le souverain le plus puissant d'Occident : il est couronné empereur par le pape, en 962. C'est la naissance du futur Saint Empire romain germanique (son nom officiel évoluera au cours de l'histoire : Empire en 962, Empire romain au XIe siècle, Saint Empire romain après 1254 et Saint Empire romain germanique au XVIIe siècle).
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