1914-1918 : quatre années de combats


Fiche

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie est assassiné par un terroriste serbe. L'Empire austro-hongrois, allié à l'Allemagne, prend prétexte de cet assassinat pour envahir la Serbie, pays soutenu par la Russie, elle-même alliée au Royaume-Uni et à la France. Le jeu des alliances opère et la guerre est déclarée le 1er août 1914. Quelles en sont les trois principales phases ?
L'Europe en juillet 1914 : Triple Alliance contre Triple Entente
L'Europe en juillet 1914 : Triple Alliance contre Triple Entente
I. La guerre de mouvement (1914)
• La plupart des belligérants sont persuadés que la guerre sera courte : l'Allemagne est prise en tenailles entre la France et la Russie, la flotte britannique menaçant son approvisionnement par voie maritime.
• Élaboré depuis le début du siècle, le plan allemand, dit plan Schlieffen, prévoit de prendre à revers les armées françaises en passant par la Belgique avant de se retourner contre la Russie, plus lente à se mobiliser.
• L'avancée allemande est d'abord très rapide : en septembre 1914, les armées allemandes sont à 40 km de Paris. Sur le front russe, elles remportent en août une première victoire, à Tannenberg.
• Le général français Joffre lance cependant une vigoureuse contre-offensive, la bataille de la Marne (du 5 au 10 septembre 1914), qui stoppe l'avancée allemande. Le front se stabilise et s'étend bientôt sur 650 km, de la frontière suisse à la mer du Nord. La guerre de mouvement a échoué  : les troupes s'enterrent dans les tranchées.
II. La guerre de position (1915-1917)
• Pendant trois ans, les positions sur le front occidental n'évoluent guère. De part et d'autre, les soldats creusent un réseau de tranchées (celles de la première ligne sont reliées à la deuxième ligne par un boyau permettant d'assurer la relève des troupes, de même pour la troisième ligne) pour se protéger des assauts de l'artillerie ennemie, souvent très proche.
• De temps à autre, les armées tentent une percée afin d'affaiblir l'adversaire. La plupart de ces offensives se soldent cependant par des échecs et de terribles pertes humaines. Ni l'offensive de l'Entente en Artois en 1915 ni celle des Allemands à Verdun (de février à juin 1916) ne modifient le front, pas plus que ne le font l'offensive britannique lancée sur la Somme (de juillet à novembre 1916), puis celle du Chemin des Dames en avril 1917.
• Enfin, de nouveaux fronts apparaissent : l'Empire ottoman, en 1914, et la Bulgarie, en 1915, s'engagent aux côtés des empires centraux. Le Japon dès 1914, l'Italie en 1915, puis la Roumanie en 1916 et la Grèce en 1917 soutiennent l'Entente.
La guerre devient mondiale : on se bat en Afrique (les colonies allemandes sont conquises) et en Palestine. En 1915, l'expédition alliée dans les Dardanelles, qui doit permettre d'écraser l'armée turque et de prendre à revers les empires centraux, se heurte à une résistance qu'on avait sous-estimée.
• Cette phase de la guerre qu'est la guerre de tranchées est à la fois la plus longue du conflit et celle qui occasionna le plus de pertes. Ainsi, la bataille de Verdun dure 300 jours, 30 millions d'obus sont déversés sur le champ de bataille, soit le chiffre incroyable de 4 tonnes au mètre carré ! 163 000 Français et 143 000 Allemands y trouvent la mort. Si l'on ajoute les blessés, on arrive à un total de 306 000 morts et 403 000 blessés, soit plus de 700 000 victimes. La même année, la bataille de la Somme totalise 800 000 victimes ; celle du Chemin des Dames, en 1917, 350 000. La guerre est une guerre d'anéantissement : jamais jusqu'alors la guerre n'a mis en œuvre une telle violence de masse.
III. La rupture d'équilibre et la reprise de la guerre de mouvement
• Les États-Unis, qui jusqu'alors soutiennent l'Entente, décident d'entrer en guerre en avril 1917 et envoient des troupes en juillet 1918, ce qui modifie l'équilibre des forces en présence.
• La Russie, en revanche, se désengage du conflit : après la révolution bolchevique, elle demande l'armistice à Brest-Litovsk, en décembre 1917. L'Allemagne peut alors reporter tout son effort à l'ouest. Elle doit vaincre rapidement, car le temps joue pour les Alliés (les approvisionnements de l'Allemagne sont de plus en plus compromis). Elle lance quatre grandes offensives au printemps 1918.
• La dernière, en juillet, est contrée en Champagne par les Alliés, sous la direction unique du général français Foch. Alors que les empires centraux accumulent les revers et que l'Autriche-Hongrie se disloque, la situation intérieure allemande se détériore. L'Allemagne, isolée, demande la paix début octobre. L'armistice de Rethondes est signé le 11 novembre 1918.
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