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Un monde en réseaux

Les flux migratoires, matériels et immatériels (marchandises, capitaux, informations, biens culturels) sont un phénomène aussi ancien que la mondialisation (processus croissant d'ouverture des économies, des territoires, des cultures et des sociétés caractérisé par un effacement des frontières et une multiplication des flux) : ils rendent le monde interdépendant. Certains historiens font remonter la mondialisation à l'Antiquité, mais la plupart s'entendent sur trois grandes phases : la première à partir de la fin du xve siècle (découverte des Amériques et conquête espagnole), la deuxième au xixe siècle (industrialisation) et la troisième phase a commencé depuis 1945.
Ce qui fait la particularité des flux qui parcourent aujourd'hui la planète c'est leur croissance exceptionnelle depuis les dernières décennies et la rapidité des échanges internationaux qui en découle. La multiplication des flux s'accompagne aussi de l'organisation de ceux-ci en réseaux hiérarchisés licites ou illicites.
1. Quels sont les principaux flux mondiaux et comment expliquer leur croissance accélérée ?
a) Les flux sont regroupés autour de la Triade et rendent le monde interdépendant.
Avec la mondialisation, les flux humains, de marchandises, de capitaux, de communication se sont multipliés depuis les dernières décennies : les exportations mondiales ont ainsi doublé entre 1970 et 2000. Le commerce international est devenu un des moteurs essentiels de l'économie mondiale. La concurrence de plus en plus importante entre entreprises et entre territoires, les connexions entre les systèmes et les réseaux économiques, la multiplication des flux augmentent l'interdépendance entre les régions du monde et leurs partenaires commerciaux.
Les flux les plus importants relient les trois pôles de l'économie mondiale : l'Europe occidentale, les États-Unis, le Japon auxquels sont parfois ajoutés les Nouveaux pays industrialisés d'Asie orientale (NPIA) pour former ce que l'on appelle la Triade. La Triade représente à elle seule 90 % des échanges mondiaux. Les régions du Nord commercent essentiellement entre elles et les échanges intrazones sont très importants (le commerce intercommunautaire représente environ 70 % des flux de marchandises de l'Union européenne).
Lorsqu'il s'agit de commercer avec d'autres régions du monde, les pôles de la Triade privilégient les pays voisins (par exemple les États-Unis sont un débouché commercial essentiel pour l'Amérique latine).
En dehors des NPIA et de l'Asie du Sud et de l'Est ( qui sont reliés à la Triade et représentent près de 80 % des exportations de produits manufacturés des PED), la plupart des pays du sud sont marginalisés dans les échanges internationaux. Périphéries dominées, ils sont très dépendants des pôles dominants du commerce mondial et, malgré les espoirs soulevés dans les années 1970, ils n'ont pas encore vraiment trouvé la voie de la croissance économique. Les flux perdent donc de leur intensité en dehors des pôles de la Triade et des régions productrices de matières premières comme le pétrole. Certaines régions du monde, enclavées géographiquement ou en conflit, sont même presque entièrement coupées du monde si l'on excepte l'accès aux systèmes d'information (antennes satellites).
b) Les flux profitent des progrès techniques pour croître rapidement.
De nombreux progrès techniques ont permis cette accélération sans précédent des échanges.
Ces progrès concernent tout d'abord les transports traditionnels : avions de plus en plus gros et rapides, trains à grande vitesse, navires de plus en plus adaptés aux échanges (porte-conteneurs)… Les hommes et les marchandises sont donc transportés dans de meilleurs conditions, plus rapidement et à des coûts très compétitifs. Ces améliorations sont complétées par le développement des infrastructures routières ou fluviales et par la mise en place de plate-formes multimodales, lieux assurant l'interconnexion entre différents réseaux de transport, comme Rotterdam ou Singapour.
Mais ces progrès concernent surtout les échanges numériques. Avec l'amélioration de la puissance et de l'efficacité des ordinateurs, le volume des informations traitées a augmenté considérablement. Des satellites et des réseaux comme Internet permettent aussi la transmission et l'échange d'informations sur l'ensemble de la planète. Ces améliorations techniques ont permis la naissance de véritables autoroutes de l'information.
c) Ils profitent aussi des nouveaux modes de fonctionnement mis en place par les acteurs spatiaux.
Depuis la seconde guerre mondiale, la plupart des États mais aussi des organismes internationaux (OMC, FMI) ont cherché à développer le modèle économique libéral de libre circulation des produits et ont défendu la mondialisation. Les États ont ainsi joué un rôle important dans la libéralisation des échanges en ouvrant leurs frontières et leurs marchés à la concurrence (la dénationalisation des entreprises publiques entre dans cette logique). Ils ont aussi favorisé la multiplication des échanges en entamant des processus d'intégration régionale (création de l'Union européenne, de l'ALENA, de l'ASEAN, du MERCOSUR…).
Dans ce contexte, de grandes firmes transnationales, qui investissent et produisent à l'étranger, se sont créées depuis les années 1970, essentiellement dans les pays industrialisés. Une firme transnationale est un grand groupe complexe qui a au moins 500 millions de dollars de chiffre d'affaire, réalise plus de 25 % de ses échanges avec des filiales étrangères localisées dans au moins six États différents (sinon on parle de multinationales). Par leurs investissements directs à l'étranger (IDE) et le volume d'emplois générés (plus de 75 millions de salariés) ces entreprises sont des acteurs spatiaux majeurs dans la croissance des flux mondiaux.
La principale conséquence de l'action de tous ces acteurs est une nouvelle division internationale du travail (répartition des activités entre les différentes régions du monde). En effet, avec la mondialisation des échanges les grandes entreprises n'hésitent plus à délocaliser leur production dans des pays ateliers où la main d'œuvre, peu qualifiée et abondante, est à bas coût. Ce phénomène génère des migrations de travail (du Mexique vers la frontière des États-Unis). Il existe aussi un mouvement limité de relocalisations (retour d'activités dans leur pays d'origine).
La transnationalisation du commerce, des productions domine et favorise l'explosion de flux mondiaux de toutes natures.
Exercice n°1Exercice n°2
II. Comment évoluent les flux traditionnels ?
a) La mobilité des hommes est de plus en plus importante.
Les migrations de travail s'effectuent de plus en plus à échelle mondiale : originaires de régions pauvres, les migrants cherchent à gagner des territoires plus riches, pays industrialisés ou régions productrices de pétrole. Les héritages historiques et la proximité culturelle déterminent ces flux migratoires, qui s'orientent, de manière privilégiée :
  • de l'Amérique latine vers les États-Unis,
  • des anciennes colonies vers leur ancienne métropole européenne,
  • des régions de confession musulmane ou d'Asie méridionale vers le Moyen-Orient.
Les flux de travailleurs ont connu une très forte croissance au cours des dernières décennies : ils concernaient 45 millions de personnes en 1965 et environ 150 millions en 2002.
Dans ce domaine, la mondialisation est loin d'être achevée ; les pays riches utilisent donc les frontières pour essayer de limiter l'arrivée de populations des pays pauvres.
Les flux de réfugiés sont importants dans les zones de conflit. S'ils touchent essentiellement les régions limitrophes de ces zones, ils peuvent générer des flux à échelle plus large. Ils concerneraient 20,8 millions de personnes dans le monde selon l'ONU (6 % de plus qu'en 2005). Certaines communautés de réfugiés dispersées dans le monde hors de leur pays d'origine (on parle de diasporas) ont mis en place des réseaux d'entraide et gardent un lien étroit avec leur pays d'origine. C'est ainsi que la diaspora chinoise, par exemple, investit massivement en Chine depuis l'ouverture économique du pays.
Les flux touristiques, qui sont des déplacements de courte durée, sont en forte croissance aussi. Ce sont les populations des pays industrialisés (Amérique du Nord, Europe de l'Ouest, Japon) qui constituent les principales zones de départ, mais aussi d'arrivée. Les déplacements vers les pays plus pauvres n'en constituent pas moins un enjeu économique et une réalité de l'ouverture du monde ; certaines régions tropicales, aux aménagements spécifiques, attirent l'essentiel des flux touristiques vers les pays du Sud.
b) Les flux de marchandises sont en plein essor.
Les échanges internationaux de marchandises ne sont pas une nouveauté. Mais la croissance du commerce mondial (les exportations mondiales ont doublé entre 1970 et 2000) est beaucoup plus rapide que la croissance de la production : les produits s'échangent donc en proportion grandissante sur la planète. Si le pétrole, matière première essentielle à l'activité économique mondiale, domine en volume et représente un enjeu stratégique, c'est la croissance des échanges de produits manufacturés qui est la plus remarquable (ils représentent en valeur les trois quarts des exportations mondiales) ; beaucoup de produits finis (vêtements, automobiles, ordinateurs, etc.) sont désormais vendus sur tout le globe. Le commerce des produits intermédiaires, souvent entre deux établissements d'une même entreprise, connaît également une progression considérable.
Ces échanges s'effectuent majoritairement par voie maritime, ce qui explique l'importance économique des façades maritimes des continents. Le trafic maritime mondial a augmenté d'environ 65 % depuis les années 1970.
c) Les flux illicites et les économies parallèles profitent de la mondialisation des échanges.
Le crime organisé s'est lui aussi développé avec la mondialisation en s'inspirant du modèle des grandes firmes transnationales. Il est difficile d'évaluer le revenu des activités criminelles dans le monde, mais il est considérable : probablement plus de 1 000 milliards de dollars transiteraient chaque année par des paradis fiscaux ou des banques spécialisés dans des techniques de blanchiment sophistiquées.
Parmi les activités génératrices de flux illicites on relève les pavillons de complaisance (bateaux immatriculés dans des pays dont la législation est très peu contraignante et les droits d'enregistrement très bas), le commerce de contrefaçon, le marché de la drogue, le trafic d'armes, le blanchiment d'argent « sale », et la traite d'êtres humains.
Une véritable économie parallèle s'est mise en place qui n'épargne pour ainsi dire aucune région du monde. En général, les flux de produits de contrebande suivent des routes Sud-Nord : des producteurs aux consommateurs.
Les grandes puissances occidentales ont engagé une lutte contre ces réseaux, mais certaines mesures efficaces (comme l'interdiction des transactions financières vers les paradis fiscaux) pourraient gêner le système financier mondial.
Exercice n°3
3. Quels types de flux invisibles se développent ?
a) Les flux de communications sous forme numérique
Le transport d'informations se fait aujourd'hui essentiellement sous format numérique. La révolution technologique, qui s'est produite au cours des dernières décennies, dans le secteur des télécommunications et de l'informatique, permet l'échange instantané d'informations d'un endroit à l'autre de la planète. L'abolition des frontières et des distances a permis l'émergence de réseaux humains mondiaux pouvant communiquer en temps réel. De plus, la baisse des coûts dans le domaine de la communication lui a permis de se développer très rapidement.
Le secteur des télécommunications (satellites et câbles hauts débit) est sous contrôle des pays de la Triade. Il est aujourd'hui un enjeu à la fois géopolitique, géo-économique et culturel mondial au même titre que la filière information-médias. Cette dernière comprend la production de l'information, sa circulation et sa vente.
b) Les transactions financières
Les flux de capitaux parcourent désormais l'ensemble de la planète au rythme de la technologie numérique. Ils ont aussi profité de la déréglementation des marchés financiers.
Les principales places boursières sont en communication permanente. Il y a toujours une bourse ouverte dans le monde. Les grandes places boursières de la Triade ont ainsi connu un fort développement.
Le rôle des banques, des assurances et des investisseurs (exemple du phénomène des fonds de pension) s'est accrû. L'argent virtuel transite également par les paradis fiscaux (50 % des capitaux de la planète).
Mais toute médaille a son revers. Si la mobilité des capitaux financiers favorise la croissance de l'économie mondiale, elle les rend aussi instables : il est aussi facile d'investir dans une entreprise que de revendre ses actions. Compte tenu du fonctionnement du système, les crises boursières semblent donc inévitables.
Dans ce contexte, les États font des efforts en terme de stabilité politique, économique et sociale pour rendre leur territoire attractif aux flux financiers et aux entreprises qui développent de véritables stratégies de localisation.
c) Les activités en ligne
Les entreprises se sont aussi appropriées les technologies numériques pour développer de nouveaux services et une nouvelle conception de l'économie qui n'est plus uniquement basée sur la production et la vente de biens matériels.
L'exemple du développement des sites et services Internet gratuits est très représentatif : ce n'est plus au consommateur que l'on vend un produit puisque le service est gratuit. Mais comme l'entreprise qui crée ces services a besoin de retombées financières, elle vend des espaces publicitaires ou encore des informations concernant le profil de l'internaute susceptibles d'être réutilisées par d'autres entreprises.
On voit ainsi le développement d'activités en lignes gratuites ou payantes : e-commerce, e-maintenance, e-presse, etc.
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