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Un grand marché mondial, le café

Le marché mondial du café illustre à la fois la mondialisation de l'économie et des réseaux qui structurent un commerce organisé depuis longtemps déjà. Le café est la deuxième matière première la plus commercialisée dans le monde. Il demeure donc un enjeu économique et social important pour les pays producteurs et pour tous les acteurs de la filière. Il est aussi un exemple des échanges inégaux entre pays en développement, pays producteurs de café, et pays riches, contrôlant sa commercialisation. À ce titre, il fait l'objet de tentatives de régulation des échanges au profit des acteurs les plus défavorisés.
1. Quels sont les pays producteurs et qui sont les consommateurs ?
a) Le café est une plante tropicale cultivée essentiellement dans les pays en développement.
Depuis la période de la colonisation où la production et le commerce du café ont été accélérés par les colons pour fournir les métropoles, la culture du café est une activité importante pour de nombreux pays de la zone tropicale, aujourd'hui essentiellement des pays en développement. Cette culture nécessite une alternance de saisons sèches et de saisons humides bien marquées. Les caféiers se plaisent en altitude (jusqu'à 2 000 mètres pour l'arabica) et apprécient l'ombre.
Les deux variétés les plus cultivées dans le monde sont l'arabica (65 % de la production) et le robusta. De nouvelles variétés d'arabica ont été produites au Brésil pour améliorer les rendements et limiter les contraintes (mais elles sont fragiles et coûteuses à l'entretien).
Le café est produit dans des espaces agricoles très différents selon les régions du monde. Ainsi, il peut être cultivé sur de petites exploitations d'une manière traditionnelle (comme au Kenya par exemple) ou dans de grandes plantations commerciales comme au Brésil.
b) C'est une ressource importante pour les pays producteurs.
En 2005-2006, un peu moins de 60 % de la production de café venait d'Amérique latine et de la zone Caraïbe, environ 27 % d'Asie et d'Océanie (Vietnam, Inde, Papouasie-Nouvelle Guinée…) et le reste d'Afrique (Éthiopie, Kenya…). Le plus gros producteur de café est le Brésil, suivi par la Colombie et l'Indonésie.
À partir de 1988, des pays peu consommateurs, comme le Vietnam, se sont aussi lancés dans cette culture afin de relancer leur économie et à l'initiative de la Banque mondiale.
La production de café nécessite beaucoup de main d'œuvre peu qualifiée. Près de 125 millions de personnes travaillent dans la filière dont 25 millions de petits producteurs. Toutes ces caractéristiques font du café une production essentielle pour des pays en développement. Pour les États producteurs, cette culture n'est pas seulement créatrice d'emplois, elle est aussi une source de revenus importante.
Ainsi, les revenus du café ont participé au développement économique du Brésil. Ils représentent aussi une part importante des exportations de certains PMA d'Afrique comme le Burundi (70 % de la valeur des exportations du pays) ou l'Éthiopie (environ \frac{1}{5} des Éthiopiens vivent de la production de café).
c) Le café n'est pas consommé dans la zone géographique où il est cultivé.
Si les pays producteurs sont essentiellement des pays du sud, les pays du nord sont les plus gros consommateurs de café. Seulement 26 % de la production est réservée à la consommation intérieure des pays producteurs : le café est avant tout une culture commerciale d'exportation.
L'Union européenne est actuellement le plus gros importateur de café (40 % des importations), en particulier les pays scandinaves et les pays du nord de l'Europe. Les États-Unis représentent à eux seuls 22 % des importations, suivis par l'Allemagne, le Japon, la France et l'Italie.
Exercice n°1 Exercice n°2 Exercice n°3
2. Comment est organisé le marché mondial du café ?
a) Cinq grands torréfacteurs occidentaux dominent le marché du café.
Cinq sociétés des pays du nord achètent à elles seules plus de 50 % de la production mondiale de café vert (Nestlé – Suisse –, Kraft Jacobs Suchard – États-Unis –, Sara Lee – Pays Bas –, Procter & Gamble – États-Unis –, Lavazza – Italie…). En effet, le café n'est pas directement transformé dans les pays producteurs. Les géants de l'agroalimentaire qui dominent le marché l'achètent non torréfié et le font acheminer par voie maritime vers les pays consommateurs où il est transformé selon le goût des clients. L'Allemagne, qui ne produit pas un grain de café, représente ainsi 11 % des exportations mondiales de café soluble.
Les transnationales peuvent aussi stocker le café qui se conserve mieux lorsqu'il n'est pas transformé. Elles ont un poids important sur le marché et peuvent imposer leurs prix aux petits planteurs. Dans ce contexte, les pays producteurs ne perçoivent plus que 3 à 7 % du prix des ventes contre 30 % dans les années 1980. En ce sens, le marché du café est tout à fait représentatif des marchés des matières premières produites dans les pays du sud : ce sont des marchés dominés par les pays du nord.
b) Depuis sa déréglementation, le cours du café connaît de fortes fluctuations.
En 1962, les pays producteurs et consommateurs de café signent l'AIC (Accord international du café) qui fixe un prix moyen et des quotas afin d'éviter la chute des cours du café.
Mais depuis la fin de l'AIC en 1989, due aux désaccords entre producteurs et consommateurs, les quotas sur la production de café ont été supprimés. Cette déréglementation a été poussée par les États-Unis (suivis par le Canada) qui ont aussi orienté les pays producteurs d'Afrique vers le libéralisme économique.
Les cours du café sont donc devenus très instables. Ils ont baissé de 60 % entre 1998 et 2004, alors que pour le consommateur le prix du paquet n'a baissé que de 30 % sur la même période. Il s'agissait alors, en valeur nominale, des niveaux les plus bas jamais atteints depuis un siècle. Depuis 2004, les cours sont à nouveau repartis à la hausse grâce à une politique d'amélioration de la qualité des cafés produits ainsi qu'à l'apparition de nouveaux consommateurs, comme les Chinois.
Cette instabilité est due à de nombreux facteurs (climat, politiques économiques des pays producteurs…) et en particulier à la spéculation sur les cours du café, spéculation qui se fait sur les marchés boursiers des pays du nord.
c) Ces variations des cours se font au détriment des pays producteurs.
La chute du revenu des producteurs, et en particulier des petits producteurs, a eu un impact important dans les pays pauvres. La réduction des ressources s'est traduite sur le terrain par une baisse des dépenses de base et en particulier des dépenses de santé et d'éducation. De nombreux paysans pauvres se sont endettés ou ont dû quitter leurs terres (exode rural).
Dans des pays comme la Colombie, les surfaces caféières ont été en partie remplacées par des cultures illicites plus rentables. Tous ces facteurs augmentent encore le mal-développement (lacunes dans le développement humain d'un pays ; lorsque le développement est mal réparti entre les populations et entre les territoires).
Exercice n°4
3. Une régulation du marché du café est-elle possible ?
a) La filière du commerce équitable se développe en vue d'améliorer les revenus des producteurs.
Le commerce équitable reprend un principe de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant, ainsi qu'à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine ». Les labels du commerce équitable achètent donc le café directement aux petits producteurs en payant un prix juste, qui peut être au-dessus de celui du marché, et en leur assurant des revenus convenables. Ils suppriment les intermédiaires, ce qui leur permet de vendre leurs produits à un tarif juste un peu plus élevé que la moyenne. Ils s'engagent également à acheter les productions sur du long terme afin de garantir des revenus stables aux producteurs. Ces labels communiquent beaucoup autour de la solidarité nécessaire entre consommateurs du nord et producteurs du sud.
b) Mais le commerce équitable ne concerne qu'une minorité de producteurs et fait l'objet de certaines critiques.
Le commerce équitable est devenu « à la mode » dans les pays du nord. Ses labels ont été adoptés par des groupes de grande distribution qui n'hésitent pas à l'utiliser dans leur propre publicité pour se donner une meilleure image. Cette exploitation à des fins commerciales est critiquée par certains groupes écologistes et par les défenseurs de « l'idéal équitable ». Ces derniers reprochent aussi aux grands labels du commerce équitable d'assurer leurs propres certifications sans recours à des organismes de contrôle indépendants.
Enfin, le plus important problème souligné est que le commerce équitable ne concerne qu'une minorité des petits producteurs : 600 000 producteurs, ce qui représente seulement 2 % du commerce mondial de café.
c) D'autres solutions privilégient le regroupement des petits producteurs autour d'une production de qualité.
L'Organisation internationale du commerce (OIC), mais aussi certaines ONG, proposent d'augmenter la qualité du café et de maintenir la diversité des productions. De cette manière, les producteurs seraient amenés à baisser la quantité de café produite ce qui aurait un effet bénéfique sur les cours. Des labels de qualité permettraient de vendre les productions plus cher, même s'ils ne concernent qu'une partie des cafés produits. Ces propositions sont en phase avec les préoccupations actuelles qui portent sur le développement durable.
Les petits producteurs s'unissent également pour être plus forts face aux grandes multinationales du café. Ils sont aussi incités à diversifier leurs cultures pour ne plus être totalement dépendants d'une seule production.
Dans ce contexte, les États ont un rôle important à jouer pour réguler le commerce mondial. Ainsi, le gouvernement du Costa Rica, pays prospère d'Amérique centrale très impliqué dans l'exploitation raisonnée des ressources naturelles, a déjà détruit des sacs de café de moindre qualité.
→ Le commerce du café est donc représentatif des problématiques qui pèsent sur la mondialisation, de même que des inégalités de développement, interdépendances et déséquilibres qui en découlent à l'échelle planétaire.
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