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Les centres d'impulsion et les inégalités de développement

Trois grandes aires de puissance dominent le monde et concentrent les pouvoirs de commandement. Au cœur du système-monde, elles favorisent la croissance de certaines régions avec qui elles ont développé des relations. D'autres au contraire sont marginalisées, ce qui accentue les inégalités de développement entre États mais aussi à l'intérieur des États. Une nouvelle hiérarchie du monde émerge ainsi de la croissance des États, ce qui n'est pas sans poser de multiples problèmes.
1. Quels sont les grands centres d'impulsion et de commandement du monde ?
a) La Triade (États-Unis, Europe occidentale, Japon) domine le monde.
Les États-Unis, l'Europe occidentale et le Japon concentrent le capital, les places financières (Bourse de New York…), les sièges des grandes institutions économiques internationales (FMI à Washington…). Ils constituent la Triade. Ils sont les acteurs principaux du monde et ont un important pouvoir de commandement dans les domaines économique, politique et culturel, c'est pourquoi on parle d'aires de puissance. Ces régions s'appuient sur de grandes mégalopoles et forment les trois pôles de l'Oligopole mondial qui sont les centres d'impulsion du système-monde…
Les facteurs de la puissance de ces régions sont multiples. Le commerce international se développe surtout entre ces trois pôles économiques les plus puissants de la planète. Leur puissance repose également sur la variété de leur production, la maîtrise de la technologie et des réseaux de transports. Ils assurent à eux seuls plus de 87 % des échanges mondiaux. Ils exportent des marchandises (des produits manufacturés), des services mais aussi des capitaux et de l'information (dans ce domaine, leur supériorité est totale). Ils s'appuient sur des populations éduquées, au haut niveau de vie, qui assurent à la fois une main d'œuvre très qualifiée et un marché intérieur important. Ils concentrent aussi les acteurs économiques majeurs comme les sièges des plus grandes firmes transnationales.
Mais ces grandes aires de puissances cherchent encore à se renforcer. Les États-Unis ont ainsi créé une zone de libre-échange avec le Canada et le Mexique (accords de l'ALENA en février 1992). Depuis 1945, le Japon privilégie le commerce extérieur. Ses exportations lui permettent en effet de financer l'achat des matières premières qui lui font défaut. Il développe aujourd'hui des relations intenses avec les pays asiatiques du Pacifique : les NPIA. L'Union européenne est sans doute l'une des tentatives les plus abouties. Fondée à l'origine sur des accords douaniers, elle repose désormais sur des liens économiques étroits entre les pays membres qui ont adopté une monnaie unique pour faciliter encore les échanges (euro).
b) Au cœur de ces trois aires de puissance, on trouve de grandes mégalopoles.
Chaque pôle a pour partenaires principaux les deux autres pôles, ce qui met les autres pays du monde à l'écart. À l'intérieur de chaque zone, les flux s'organisent autour de grandes métropoles mondiales (métropole : ville la plus importante d'un État ou d'une région), véritables carrefours au cœur des réseaux mondiaux. Elles concentrent les activités, les sièges des grandes firmes (pouvoir économique) mais aussi les lieux de décisions politiques, financiers et culturels, le plus souvent dans les centres-ville (Central Business District – quartier des affaires – par exemple). Elles attirent aussi une population très cosmopolite et sont au cœur de l'ouverture au reste du monde. En ce sens, ce sont des interfaces entre les aires de puissance et le reste du monde. Leur urbanisation connaît donc une très forte croissance depuis les dernières décennies.
Trois grandes mégalopoles (grande région urbaine formée par un tissu urbain de plusieurs grandes villes reliées par des réseaux de communication denses) sont ainsi au cœur des aires de puissance :
  • la mégalopole américaine (ou mégalopolis) sur la côte nord-est des États-Unis entre Boston et Washington (45 millions d'habitants dont 21 millions à New York ; 16 % des États-uniens) ;
  • la mégalopole européenne de Londres à Milan en passant par l'axe rhénan, Paris et Francfort (55 millions de personnes ; 10 millions à Londres) ;
  • la mégalopole japonaise, la plus dense et la plus ancienne avec 90 millions d'habitants de Tokyo à Osaka, aujourd'hui incluse dans l'archipel mégalopolitain asiatique (mégalopole japonaise plus les grandes métropoles des NPIA : Séoul, Taipei, Hong Kong et Singapour).
c) Ces centres d'impulsion entretiennent différents types de relations avec le reste du monde.
Ils ont tout d'abord des relations privilégiées entre eux, même si elles sont fortement marquées par la concurrence entre elles.
Ils ont des relais dans le sud (Nouvelle-Zélande, Australie…), qui sont également des pays développés et avec qui ils entretiennent des relations égalitaires.
Ils entretiennent des relations de domination avec le reste du monde. Ils contrôlent ainsi le commerce et les réseaux de transports (en particulier pour l'énergie dont ils ont besoin). Chaque pôle organise l'espace autour de lui pour se renforcer. Des relations commerciales privilégiées se mettent ainsi en place entre États voisins (les États-Unis avec l'Amérique latine par exemple).
Les aires de puissance ont aussi des relations de domination avec les pôles secondaires (puissances émergentes : Chine, Inde, Brésil, Russie, Afrique du Sud) en voie d'intégration dans le centre du système-monde. Les plus grandes entreprises délocalisent vers les pays ateliers où la main d'œuvre est moins chère.
2. Comment se développent les autres régions dans cette nouvelle organisation du monde ?
a) Des périphéries intégrées profitent de liens privilégiés avec le centre.
Une partie des régions du monde est reliée aux grands centres d'impulsion sans pour autant avoir le pouvoir décisionnel : ce sont des périphéries dominées (car elles dépendent du centre). Ces dernières profitent de leurs relations économiques avec le centre pour augmenter leur croissance économique et améliorer leur développement.
Certaines de ces périphéries sont autonomes car elles ont atteint un stade de développement et une puissance suffisante pour avoir une marge de décision. C'est le cas des Nouveaux pays industrialisés d'Asie, les NPIA. Leur part dans les échanges s'élève actuellement à environ 10 %. Leur développement suit le modèle japonais, dont ils deviennent un concurrent, et repose sur le commerce international. Les « dragons » (Corée du sud, Singapour, Taïwan), dont le décollage économique a commencé dans les années 1960, sont aujourd'hui des pays développés qui participent activement à l'économie mondiale.
Les NPIA, dont le développement est plus récent, sont parfois surnommés « bébés dragons ou tigres ». Il s'agit de la Chine, la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, la Malaisie, l'Indonésie et les Philippines, qui tous bénéficient d'une main d'œuvre bon marché. À la différence des « dragons », ces pays commercent essentiellement avec l'Asie. Tous n'ont pas encore atteint le développement des pays du nord mais leurs progrès sont spectaculaires malgré des crises (fin des années 1990). Ce sont souvent des pays ateliers pour les grandes firmes multinationales.
Les pays ateliers, les pays fournisseurs de matières premières, les états rentiers (hydrocarbures) et les paradis fiscaux peuvent être considérés comme des pays dominés, dépendants des grands centres d'impulsion et de leur marché économique. Ainsi, l'Europe de l'Est profite de son intégration dans l'Union européenne : des États comme la République tchèque connaissent une croissance rapide et une restructuration de leurs économies qui dépendent totalement des exportations vers l'UE.
Les pays pétroliers (du Moyen-Orient en particulier) participent depuis longtemps au commerce international. Pays rentiers, ils ont longtemps souffert d'une fragilité économique du fait de leur source de revenus quasi exclusive. Beaucoup de ces États ont amorcé aujourd'hui une diversification de leur économie (développement urbain et touristique de Dubaï par exemple) ou du moins ont investi une partie de leurs revenus dans des entreprises étrangères.
b) De nouvelles puissances émergent.
Des pays en développement connaissent actuellement une croissance économique particulièrement rapide qui les distingue des autres PED : ce sont les pays émergents. Ils se caractérisent par un fort taux de croissance du PIB, un niveau relativement élevé d'industrialisation et d'exportation de produits industriels, un fort taux d'ouverture à l'extérieur et un marché intérieur en expansion. Sur la dizaine de pays pouvant entrer dans cette catégorie, quatre États ont un potentiel de développement très fort : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (BRIC).
Ces pays s'appuient sur une population nombreuse (plus d'un milliard d'habitants pour l'Inde et la Chine), jeune et de plus en plus éduquée. Elle leur permet à la fois de disposer d'un réservoir de main d'œuvre à faible coût (la Chine est un pays atelier à l'économie extravertie - dépendant de ses exportations - attirant les capitaux étrangers) mais aussi de développer des programmes scientifiques ambitieux (secteur informatique en Inde, nouvelles technologies agricoles au Brésil…). Ces pays se sont ouverts au capitalisme international et malgré de grandes différences politiques (la Chine est une dictature communiste, le Brésil et l'Inde sont des démocraties, la Russie hésite entre les deux régimes), ils ont favorisé leur développement économique par d'importantes réformes pour attirer les capitaux étrangers…
Le poids international des ces pays émergents ne cesse donc d'augmenter, y compris au niveau des instances internationales comme l'OMC où ils peuvent s'allier pour défendre leurs intérêts face aux grands pôles de puissance. Ces États sont donc en passe de devenir des puissances géopolitiques internationales après s'être imposés au niveau régional.
c) Des pays sont laissés en marge du développement économique.
Les échanges entre la Triade et le reste du monde sont faibles et inégaux. Les autres régions sont très dépendantes. Elles exportent pour l'essentiel des produits primaires et importent des produits manufacturés ainsi que la technologie nécessaire à leur développement. Ces zones constituent des périphéries en marge.
Une cinquantaine de pays d'Amérique latine, d'Asie et surtout d'Afrique sont ainsi des espaces en marge du commerce international, ce qui accroît encore leurs difficultés économiques. 2,5 milliards de personnes vivraient ainsi dans ces pays avec moins de 2 dollars par jour.
Le fonctionnement du système-monde rend plus difficile le développement de ces pays les moins avancés (PMA), en ce sens il est une source d'inégalité de développement à l'échelle mondiale.
3. Quelles évolutions découlent des différences de rythmes de croissance des pays du monde et quelles en sont les conséquences ?
a) La croissance économique a débouché sur des inégalités de développement et des problèmes sociaux.
Le monde est divisé entre des pays du Nord plus ou moins riches et industrialisés et des pays du sud caractérisés par une grande diversité de développement. C'est un monde complexe : il y a « des Nord et des Sud ». Les inégalités (sociales et spatiales) sont aussi très fortes à l'intérieur des pays.
On voit ainsi apparaître des sociétés duales dans les pays émergents avec des classes moyennes qui se développent et des élites qui s'enrichissent du fait de la croissance économique, alors qu'une majorité de la population reste pauvre. Les inégalités spatiales s'ajoutent aux inégalités sociales : les grandes métropoles des PED attirent les capitaux, les activités et les hommes provoquant un fort exode rural. On voit ainsi se développer les problèmes de sous-emploi, de pauvreté, de violence et de logement dans les zones urbaines (croissance des bidonvilles). En plus de ce phénomène de métropolisation, on constate un phénomène de littoralisation (concentration des hommes et des activités sur les littoraux) particulièrement net en Chine, par exemple, où le littoral est se trouve en pleine croissance et constitue l'interface privilégiée du pays avec le reste du monde.
On constate aussi des inégalités spatiales (quartiers riches jouxtant des quartiers défavorisés) et une augmentation des inégalités sociales dans les pays les plus riches. Les écarts se creusent entre les populations accédant à la consommation et celles qui en sont exclues. Une partie non négligeable de la population des pays riches vit en dessous du seuil de pauvreté (12 % aux États-Unis).
Toutes ces inégalités provoquent des tensions à l'intérieur des États (tensions sociales, montée des extrémismes…) et entre les États. Les pays riches tentent ainsi de limiter la pression migratoire venant des pays pauvres par des lois visant à renforcer leurs frontières.
b) Le développement économique et l'augmentation des besoins énergétiques sont responsables de multiples pollutions et posent la question de la gestion des ressources naturelles.
La croissance économique a aussi des répercussions en terme de pollution et d'exploitation des ressources naturelles. Ce phénomène n'est pas nouveau, mais il s'est particulièrement développé avec l'industrialisation du monde depuis le xixe siècle et s'est considérablement accentué ses dernières décennies. Ainsi la multiplication des activités industrielles, mais aussi le mode de vie des pays développés (usage de transports individuels et des énergies fossiles) provoquent des pollutions jouant apparemment un rôle dans le réchauffement climatique actuel.
Les importants besoins en ressources naturelles (halieutiques, énergétiques, besoins en eau…) amènent à l'épuisement de certaines espèces et de certains gisements de matières premières (problème des énergies fossiles). L'exploitation des forêts, zones humides… entraîne la dégradation de certains écosystèmes sensibles.
c) La prise de conscience de la nécessité d'un développement durable débouche sur des réponses timides.
Comment permettre aux pays de poursuivre leur développement, y compris leur croissance économique, sans compromettre les besoins des générations futures (c'est la définition du développement durable) ? Les États se rejettent mutuellement la responsabilité de la situation actuelle : aux pays riches qui leur reprochent une industrialisation peu soucieuse des normes anti-pollution, les pays émergents rappellent qu'ils ne sont pas les plus gros pollueurs de la planète (ce sont les pays du nord qui produisent en effet le plus de déchets et de CO2).
Des accords internationaux ont été passés pour favoriser le développement durable de la planète (Protocole de Kyoto en 1998 pour réduire les émissions de CO2 dans les pays industriels, Déclaration du Millénaire en 2000 dans le cadre de l'ONU…). Mais les progrès restent limités (les États-Unis n'ont pas signé à Kyoto) et beaucoup d'efforts restent à faire malgré un début de prise de conscience dans les opinions publiques.
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