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La Chine

Depuis quelques années, le nombre de produits « Made in China » (fabriqués en Chine) que l'on trouve sur le marché mondial est de plus en plus important. Pays très grand et surtout le plus peuplé du monde, avec 1,3 milliard d'habitants, la Chine compte désormais parmi les principales puissances mondiales. Comment ce pays, autrefois si pauvre, est-il devenu un des pôles de puissance de l'aire asiatique sans remettre en cause son régime autoritaire ?
1. Comment la Chine a-t-elle pris la voie de l'ouverture et du développement ?
a) Elle a renoncé au modèle soviétique pour copier le développement économique de la Corée du sud.
Entre 1949 et 1978, la Chine de Mao Zedong a appliqué, sur le modèle soviétique, les principes d'une économie socialiste. L'ensemble de l'économie a été nationalisée : terres, usines, transports, commerces… De grandes entreprises d'État ont été créées et une planification rigide a été imposée. Le secteur agricole et la production de biens de consommation ont été sacrifiés au profit de l'industrie lourde. Les résultats ont été catastrophiques malgré le développement des industries de base (fer, acier, ciment).
À la mort de Mao en 1976, une fraction du Parti communiste chinois, menée par Deng Xiaoping, a donc entrepris de réformer l'économie. Observant l'extraordinaire développement économique de sa voisine, la Corée du Sud, Deng Xiaoping décide de libéraliser l'économie chinoise tout en conservant le cadre politique communiste : c'est l'« économie socialiste de marché ». Comme il le dit lui-même : « Peu importe que le chat soit noir ou gris, pourvu qu'il attrape les souris ! ». Les campagnes et l'économie sont décollectivisées : chaque paysan produit désormais dans son propre intérêt.
La Chine a donc pris le pari d'être à la fois un pays communiste (dans la gestion politique du pays) et capitaliste (dans le domaine économique). Après une période où l'individu s'effaçait devant le collectif, le nouveau slogan est « enrichissez-vous ! ».
b) Elle a réussi son insertion dans l'économie mondiale.
Des zones économiques spéciales (ZES), dans lesquelles les investissements étrangers sont autorisés et surtout développés (fiscalité avantageuse, main d'œuvre, existence d'un marché), sont créées sur le littoral, à Shenzen, Zhuhai, Shantou, Xiamen… Grâce à l'ouverture commerciale et à l'apport de capitaux internationaux (qui proviennent pour 50 % des Chinois de Hong Kong, de Singapour et de Taïwan), la Chine peut enfin faire jouer son avantage comparatif majeur : une main-d'œuvre nombreuse, disciplinée et bon marché (« pays atelier ») principalement issue des campagnes.
Cette situation attire les grands groupes internationaux. Dès lors, les implantations industrielles se multiplient, mais toujours avec une administration en partie chinoise : usine de télécommunications Bell (États-Unis) à Shanghai, usines automobiles Jeep (États-Unis) à Pékin (Beijing), Volkswagen (RFA) à Shanghai, Peugeot (France) à Guangzhou, etc.
c) Elle est pourtant restée un régime autoritaire.
Les structures politiques (la dictature du parti unique) et une partie des structures économiques socialistes (de grandes entreprises d'État, une bureaucratie pléthorique) persistent néanmoins. La Chine reste donc un pays sous régime autoritaire malgré une volonté affichée de transparence (communication autour des J.O. de Pékin). La politique chinoise au Tibet, qui n'a pas changé depuis l'ouverture économique du pays, en est un bon exemple. Le Tibet est occupé par la Chine depuis 1959 qui y mène une politique de répression contre les Tibétains. Il en va de même pour les réticences chinoises à entendre les chefs d'États étrangers parler de la démocratie dans le pays.
Les libertés individuelles sont également limitées, comme le montrent des événements récents. De nombreux cyberdissidents ont été arrêtés et la police chinoise contrôle les sites Internet et les e-mails.
La spectaculaire réussite chinoise est totalement soutenue par un régime politique qui, en tant que régime autoritaire, n'hésite pas à prendre toutes les mesures (y compris les plus radicales !) pour favoriser son développement économique. La puissance économique chinoise est en effet un point d'appui pour ses dirigeants qui veulent accroître la puissance politique et diplomatique du pays.
Exercice n°1Exercice n°2
2. Quelles ont été les conséquences de l'ouverture économique chinoise ? Quelles sont ses perspectives ?
a) La Chine se développe rapidement.
La Chine, pays le plus peuplé du monde, est désormais la quatrième puissance économique mondiale (devant le Royaume-Uni et la France). Membre de l'OMC depuis 2001, elle est aujourd'hui, un pays émergent, bien loin de la grande pauvreté. Membre du Conseil de sécurité de l'ONU depuis 1971, elle est la seule puissance asiatique à pouvoir faire entendre sa voix sur la scène internationale.
Depuis une vingtaine d'années, la Chine progresse très rapidement. C'est même le pays au monde où la croissance économique est la plus forte. Le PIB a ainsi progressé de 11,4 % en 2007 ! Il a été presque multiplié par 8 en 27 ans ! Aucun autre pays ne peut se prévaloir d'un tel développement économique. Cette croissance explique d'ailleurs en partie la hausse du prix de certaines matières premières (fer, cuivre, charbon, acier, ciment) dont elle est le premier consommateur mondial de même que celle du pétrole (second consommateur mondial).
Les entreprises chinoises s'appuient à la fois sur un vaste marché intérieur et sur une économie extravertie (dont la croissance dépend en grande partie de ses exportations). Mais elles veulent aussi s'orienter vers des productions industrielles à haute valeur ajoutée et font des efforts pour former des personnels qualifiés et acquérir des brevets.
Partenaire commercial des États-Unis, la Chine a des ambitions mondiales et cherche à s'implanter en Asie, en Amérique latine, en Afrique et en Europe.
b) Les inégalités territoriales s'aggravent.
Les déséquilibres géographiques se sont accentués entre une Chine littorale active et attractive, en pleine croissance, et une Chine intérieure moins développée, plus rurale, que les hommes quittent pour rejoindre « l'Eldorado » littoral.
Depuis les années 1980, l'industrialisation concerne ainsi essentiellement les littoraux, notamment autour de Shanghaï et de Hong Kong. Les côtes chinoises sont ainsi devenues l'interface entre le pays et le reste du monde. Les réseaux de transports, les grands ports ont été développés de manière à faire face à la croissance des flux de marchandises et de personnes. La rapidité du développement des réseaux de transports chinois pose aussi des problèmes techniques : manque de personnel qualifié, nécessité d'acheter de nouveaux avions, etc. Au cœur de ces réseaux, les grandes métropoles chinoises connaissent une urbanisation spectaculaire car elles concentrent les activités et les pouvoirs. Ce développement économique et urbain se fait souvent au mépris de l'environnement et de la préservation du patrimoine chinois (destruction de quartiers historiques pour construire des immeubles, temples inondés par la construction de barrages, pollution…).
La plupart des efforts du gouvernement se concentrant sur le développement littoral, la Chine de l'intérieur reste très rurale et profite moins de la modernisation du pays. La Chine intérieure souffre ainsi de conditions sanitaires et sociales plus défavorables. De plus, la fermeture d'entreprises peu rentables a entraîné une augmentation du chômage. Cette situation explique l'exode rural des paysans chinois vers les grandes métropoles, ce qui assure aux industries un important réservoir de main d'œuvre bon marché.
c) Les inégalités sociales se creusent.
L'IDH de la Chine (0,77) la place au 81e rang mondial (sur 177 pays). Son PIB par tête s'élève à 2 004 dollars par habitant en 2006 (1 274 dollars/habitant en 2003) : il est en progrès constant.
De tels chiffres ne sont cependant que des moyennes et masquent une augmentation des inégalités sociales. Ainsi, l'accroissement de la richesse a permis l'émergence d'une élite économique (souvent liée au pouvoir politique) : les 10 % les plus riches de la population concentrent plus de 45 % du revenu national. On voit aussi apparaître des classes moyennes, essentiellement urbaines, qui peuvent accéder à la consommation (environ 300 millions de personnes).
Mais ces deux catégories sont minoritaires dans une population de 1,3 milliard d'habitants encore essentiellement rurale (49 % des Chinois travaillent dans l'agriculture) et vivant souvent dans la pauvreté. Les tensions sociales augmentent en particulier dans les campagnes où les mouvements de protestation se sont multipliés ces dernières années, en ce qui concerne surtout les saisies illégales de terres par les autorités locales.
→ Puissance en devenir aux ambitions importantes, la Chine des années 2000 conserve donc du point de vue social des caractéristiques de pays pauvre. La réduction des inégalités sociales et territoriales est un enjeu important pour le pays s'il veut préserver son processus de développement.
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