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L'uniformisation des cultures et des religions dans le monde

La mondialisation ne concerne pas uniquement l'économie mondiale. En reliant les hommes et en multipliant les interdépendances entre les territoires, elle a favorisé l'émergence d'une culture mondiale et une uniformisation des modes de consommation. Mais face à cette forme de standardisation du monde, des résistances se sont développées. Le monde hésite ainsi entre uniformisation et diversité et c'est finalement l'hétérogénéité culturelle qui semble dominer.
1. Pourquoi parler d'une « culture-monde » ?
a) La multiplication des échanges favorise une uniformisation des modes de consommation.
Les différents espaces mondiaux sont aujourd'hui reliés par un réseau de transport (surtout développement du transport aérien) et de communication (Internet, la télévision…). Ces réseaux sont exploités par les grandes firmes transnationales, surtout occidentales, qui vendent leurs produits aux consommateurs du monde entier. Ces produits sont tout d'abord des produits manufacturés et standardisés. La stratégie des entreprises, consistant à créer des standards de consommation rendant plus facile la commercialisation de leur production, a eu des effets sur la mise en place d'une mondialisation culturelle. Ce phénomène s'est accentué avec la commercialisation de produits culturels (films, émissions de télévision, œuvres d'art…) ou par l'achat à l'échelle internationale, par de grands groupes, de complexes de loisirs uniformisés (Disneyland), de journaux, d'éditeurs… Cette uniformisation des modes de consommation touche particulièrement les jeunes générations (par exemple : abandon en Afrique de l'ouest des vêtements traditionnels au profit des vêtements de marque occidentaux importés par des fripiers).
Elle est aussi favorisée par les migrations de population qui participent au brassage culturel (exemple des communautés immigrées ayant gardé une partie de leur traditions tout en adoptant celles du pays d'accueil). Les migrations touristiques sont caractéristiques de cette situation car elles permettent à des populations de découvrir de nouveaux espaces tout en créant des espaces touristiques uniformisés comme les stations balnéaires, par exemple.
b) La culture occidentale influence le modèle culturel planétaire qui émerge.
Dans ce contexte, la culture occidentale en général, et la culture américaine en particulier, se diffusent largement dans le monde. Cette influence qui paraît dominante est le résultat de l'histoire (le modèle occidental s'est largement diffusé dans le monde depuis la période coloniale) mais aussi de la domination économique des États-Unis et de l'Europe occidentale qui concentrent la plupart des firmes transnationales dont nous avons parlé précédemment.
Ainsi les produits culturels et commerciaux occidentaux (films de Hollywood, séries télévisées, Coca Cola…) se sont largement diffusés jusqu'aux endroits les plus reculés de la planète véhiculant les valeurs et les modes de vie du monde occidental. Les grandes valeurs occidentales (les droits de l'homme, le modèle démocratique, la liberté individuelle, l'individualisme, le culte de la réussite individuelle, le libéralisme économique…) se greffent désormais avec plus ou moins de réussite sur des sociétés culturellement très différentes. L'hégémonie de la langue anglo-saxonne dans les échanges internationaux accroît encore l'impression d'une domination du modèle américano-occidental sur le monde.
c) Mais l'hétérogénéité culturelle domine davantage le monde que le modèle occidental ou américain.
En réalité, nous assistons à la création d'un « village planétaire » qui favorise la mondialisation culturelle et le brassage des cultures et de nombreuses influences. Les pôles de l'uniformisation culturelle ne sont pas uniquement les pays occidentaux. Les mangas japonais, les « telenovelas » brésiliennes, les informations de la chaîne arabe « Al-Jazira », les films indiens de Boollywood… se sont autant implantés dans le monde que Mac Donald's ou Coca Cola.
La transmission presque simultanée des informations par la télévision, Internet et le satellite crée ainsi l'illusion d'un monde unifié en interconnexion et interdépendance permanentes.
L'un des exemples les plus emblématiques de cette réalité est probablement la mondialisation des grandes manifestations sportives. Lorsque les jeux olympiques ont été recréés par le baron Pierre de Coubertin en 1896, seuls 245 athlètes et quelques milliers de Grecs ont pu y assister. Alors qu'en 2004, à Athènes, 10 500 athlètes de plus de 200 pays se sont affrontés devant plus de 4 milliards de téléspectateurs. Il en va de même pour le football, la discipline la plus médiatisée de la « planète sport » dont les plus grands joueurs sont connus à l'échelle internationale et pris en exemple par les enfants de tous les pays. Dans ce contexte, il est facile de comprendre les enjeux économiques (publicités des grandes firmes) mais aussi politiques (J.O. de Pékin) engendrés par les grandes manifestations sportives.
Exercice n°1
2. Quelles sont les formes de résistance face à l'uniformisation du monde ?
a) Les mouvements de résistance des altermondialistes et des États eux-mêmes
Les mouvements altermondialistes, nés dans les années 1990, forment des associations internationales regroupant des dizaines de milliers de membres. Ils utilisent les outils de communication de la mondialisation et sont très actifs dans le « village planétaire ». Ils font pression sur les autorités et instances internationales pour dénoncer la « mondialisation libérale » et l'uniformisation du monde. Ils veulent proposer un autre modèle de développement économique et social et militent pour l'action citoyenne.
Des politiques visant à promouvoir la diversité culturelle sont aussi mises en place par des États et des institutions internationales. C'est le cas de la politique d'exception culturelle créée par la France pour préserver la production cinématographique et audiovisuelle nationale en la protégeant des règles du libre échange de l'OMC. Cette politique est soutenue par l'Union européenne depuis 1994.
De même, l'UNESCO a reconnu en 2005 la nécessité de promouvoir la diversité culturelle contre la domination de l'anglais et pour protéger les productions culturelles contre la loi du marché.
b) Les nationalismes et les régionalismes
Cette volonté de préserver le pluralisme culturel débouche aussi sur l'affirmation des particularismes locaux en réaction à la crise identitaire générée par la mondialisation, affirmation menée par des groupements de défense des identités locales nés dans les années 1970. On assiste ainsi à la promotion des langues et histoires régionales, des produits locaux, des cultures locales, des techniques traditionnelles… qui apparaissent comme autant de richesses patrimoniales à préserver de la standardisation portée par la mondialisation. La gastronomie en est un bon exemple.
Mais ce regain des cultures régionales et nationales peut aussi déboucher sur des mouvements violents comme ceux des indépendantistes basques ou corses, caractérisés par une volonté de replis communautaires.
c) Les communautarismes
En favorisant les brassages culturels, la mondialisation a permis l'émergence de sociétés multiculturelles et métissées, marquées par de nombreux apports culturels extérieurs. De nouvelles formes de cultures et de modes de vie ont ainsi émergé.
Mais ce multiculturalisme est aussi l'objet de peurs et de craintes de perte d'identités culturelles traditionnelles. Ces craintes engendrent parfois des replis communautaires de la part de minorités ethniques et religieuses peinant à s'intégrer dans des pays d'accueil aux valeurs parfois radicalement différentes. Mais les peurs peuvent aussi être le fait de communautés d'origine des pays d'accueil rejetant les nouveaux venus. On assiste alors à des poussées de xénophobie (contre les Occidentaux dans les pays arabes par exemple) ou de nationalisme (Europe de l'Est). Ces tensions ont pu déboucher dans les cas extrêmes sur des conflits ethniques ou des attentats.
Exercice n°2
3. En quoi les aires de civilisation sont-elles un facteur de différenciation de l'espace mondial ?
a) Il existe toujours plusieurs grandes aires de civilisation dans le monde aux frontières difficiles à définir.
Les aires de civilisation sont des aires culturelles (aires géographiques étendues où l'on trouve des traits culturels dominants) unifiées par une histoire commune, une unité politique, culturelle, économique et religieuse. Chaque civilisation est liée à un territoire, mais il est parfois difficile de définir les frontières des différentes aires culturelles.
Le monde peut cependant être divisé en plusieurs aires de civilisation. En Asie, les civilisations du riz ont donné naissance à deux aires culturelles : l'aire extrême-orientale (influence du bouddhisme et du confusianisme) et l'aire indienne regroupent ainsi plus de 3 milliards de personnes. L'aire musulmane (un milliard de personnes) s'étend de l'Afrique à l'Asie du sud-est (où l'on trouve aujourd'hui le plus de musulmans). La civilisation occidentale (800 millions de personnes) s'étend de l'Europe à l'Amérique du nord et a influencé l'aire latino-américaine. L'aire africaine se caractérise par une grande diversité ethnique et par la place de l'animisme (600 millions de personnes). L'aire slave compte environ 300 millions de personnes de langue slave en majorité orthodoxes.
b) Ces aires culturelles sont souvent influencées par les religions, même si elles ne recoupent pas forcément leurs limites.
Les religions sont des phénomènes culturels majeurs. Les grandes religions influent sur le mode de vie, les traditions, les habitudes vestimentaires et alimentaires de leurs croyants. En ce sens, elles sont d'importants facteurs d'affirmation identitaire et culturelle. Même lorsque leur influence s'est amoindrie dans une société, les traditions et coutumes qu'elles ont engendrées peuvent perdurer. Elles participent donc à la définition des aires culturelles (civilisations) même si les frontières des aires de civilisation ne sont pas toujours celles des religions.
Depuis quelques siècles, les grandes religions monothéistes ou révélées (bouddhisme, christianisme, islam, judaïsme) ont marqué les civilisations mondiales de leur empreinte. Deux communautés religieuses sont particulièrement représentées :
  • le christianisme est le courant religieux le plus répandu au monde. Il a profondément marqué les civilisations occidentales même si la laïcisation des sociétés a fortement progressé en Europe en particulier. Le christianisme sous ses différentes formes (catholicisme, protestantisme, orthodoxie) reste fort en Afrique et en Amérique Latine ;
  • l'islam est la seconde religion du monde (plus d'un milliard de croyants). Mais il existe aussi de nombreuses autres religions et sectes dans le monde dont les aires de répartition se chevauchent souvent ou, pour le moins, n'ont pas des contours très nets.
c) Les religions et les aires culturelles entrent en compte dans les enjeux géopolitiques et peuvent être des facteurs de division et de différenciation des espaces.
L'existence de nombreuses aires culturelles et religieuses contribue à la fois à une fragmentation du monde, mais aussi à une richesse culturelle à condition qu'elle ne soit pas source d'affrontements. La place de la religion dans les sociétés laïques pose ainsi problème en occident où des communautés musulmanes se sont installées. La question de l'application des règles de la religion dans la société est aussi soulevée par le judaïsme, l'hindouisme et de nombreuses autres religions…
Pour certains, comme Samuel Huntington, la mondialisation des flux et des échanges depuis la fin de la seconde guerre mondiale a provoqué en contrecoup des réactions identitaires et le « choc des civilisations », en particulier l'opposition entre monde musulman et occident chrétien. Selon ses défenseurs, cette théorie explique la plupart des conflits.
En réalité, cette conception géopolitique du monde est trop simpliste et très critiquée aujourd'hui. Les problèmes liés aux rapports de domination politique et économique expliquent davantage les fondamentalismes et intégrismes que la confrontation entre religions.
Exercice n°3
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