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La réduction des déficits publics favorise-t-elle la croissance économique ?

Énoncé

À partir des annexes et de vos connaissances, effectuez les travaux suivants.
1. Relevez les disparités de consommation entre les différentes professions et catégories socioprofessionnelles (PCS).
2. Déterminez si la loi d'Engel est vérifiée dans ce cas.
3. Présentez les facteurs qui influencent l'arbitrage des ménages entre consommation et épargne.
4. Analysez les conséquences que cet arbitrage peut avoir sur l'économie.
Annexe 1
Extrait de l'enquête Budget de famille 2006 (publiée en janvier 2008)
« 

Cadres
Prof. intermédiaires(1)
Ouvriers
Produits alimentaires
11,90
13,6
15,5
Boissons alcoolisées, tabac
1,8
2,4
3,5
Habillement et chaussures
8,9
8,7
7,9
Logement, eau, gaz, électricité
11,4
13,5
18,4
Équipement, nettoyage maison
8
8,8
6,9
Services médicaux et santé
2,2
3,3
2,5
Transport
16,2
17,6
16,8
Communication
3,2
3,7
3,9
Culture, loisirs, hôtel, restaurant
23,9
17
14
Autres services (assurance, finance)
12,5
11,4
10,6
Totaux
100
100
100
Champ : France métropolitaine. »
Source : Insee

Indication de lecture : en 2006, les dépenses consacrées aux produits alimentaires représentaient 11,90 % du budget des cadres.
Annexe 2
Consommation : les Français restent pessimistes
« Premiers résultats du nouveau baromètre Viavoice-BPCE pour France Info et Les Échos : en dépit des signes de reprise économique, pessimisme et perturbations restent les maîtres mots des Français en matière de consommation pour les mois à venir… Les Français ne voient pas leur avenir économique en rose À peine plus de 10 % (11 %) estiment que leurs revenus vont augmenter au cours des trois prochains mois. Ils sont près de la moitié (47 %) à penser, à l'inverse, que leurs revenus vont diminuer. Et de reporter sur leurs prévisions de dépenses ces perspectives qu'ils imaginent moroses. Seulement un Français sur dix envisage de dépenser davantage pour l'alimentation ou l'habillement (dépenses courantes). Ils sont 7 % à envisager l'achat d'une voiture, 4 % l'achat d'un appartement. Ces anticipations prudentes en matière de consommation ne sont pas compensées par des perspectives plus positives en matière d'épargne. Seulement 7 % des Français pensent mettre davantage d'argent de côté dans les mois à venir; ils sont 30 % à envisager d'en mettre moins. Restrictions Ce pessimisme ambiant s'inscrit dans le contexte des mouvements sociaux contre la réforme des retraites. Lesquels ont imposé des contraintes importantes aux Français, et particulièrement aux Franciliens. Au total, 36 % des personnes interrogées affirment avoir connu ces dernières semaines des difficultés dans leurs déplacements. En Île-de-France, ils étaient plus de la moitié à subir ces contraintes (51 %). Ce mois d'octobre 2010 apparaît donc comme un temps de restrictions : restrictions concernant les comportements économiques à venir, et restrictions en matière de déplacements dans le contexte des mouvements sociaux. Cette tonalité négative donne donc un coup de semonce majeur pour les espoirs de reprise économique en France. »
Source : sondage Viavoice, France Info, 29 octobre 2010

(1)Professions intermédiaires de l'enseignement et de la santé de la fonction publique, professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises, techniciens, contremaîtres, agents de maîtrise.

Corrigé

1. La première disparité porte sur le poste alimentaire. Ainsi, plus les revenus sont faibles et plus les produits alimentaires vont peser lourd dans le budget des familles. Ainsi, les ouvriers, dont les revenus sont inférieurs à ceux des cadres et des professions intermédiaires, consacrent 15,5 % de leur budget à ce poste.
Il convient également de noter qu'en ce qui concerne les dépenses consacrées au logement, l'eau, le gaz et l'électricité, les ouvriers représentent la PCS qui consacre la plus grande part de son budget à ces dépenses : 18,4 %, comparativement à 11,4 % pour les cadres.
Enfin, les dépenses considérées comme accessoires, sont celles qui correspondent aux besoins secondaires et qui ne satisfont pas un besoin impérieux (nécessaire à la survie). Elles représentent la deuxième disparité de consommation entre les différentes professions et catégories socioprofessionnelles (PCS). Il convient de regrouper ici : la culture, les loisirs, l'hôtel, etc. Dans cette catégorie, ce sont les cadres les plus grands consommateurs de besoins secondaires. En effet, ils accordent 23,9 % de leur budget à ces dépenses, contre 14 % pour les ouvriers.
2. Engel considère que plus les revenus sont faibles et plus la part des dépenses totales consacrée aux besoins primaires que sont l'alimentation et l'habillement est élevée. Dans le même temps, la part des dépenses totales consacrées aux besoins secondaires (loisirs, culture, etc.) diminue. Le phénomène inverse se vérifie pour les revenus élevés.
Eu égard aux informations délivrées par l'annexe 1, il est possible de vérifier dans sa quasi-intégralité cette loi. En effet, pour les besoins primaires, en ce qui concerne l'alimentation, elle se vérifie. Cependant, en ce qui concerne l'habillement, l'impact dans le budget de toutes les PCS est le même. Donc, pour cette catégorie de besoins primaires, la loi d'Engel n'est pas vérifiée. Par ailleurs, le corollaire de cette même loi en matière de besoins secondaires est tout à fait vérifié : pour les revenus modestes, la part des dépenses consacrée à la satisfaction des besoins secondaires diminue alors que pour les revenus plus élevés, elle augmente.
3. 47 % des Français considèrent que leurs revenus vont diminuer dans un très proche avenir. Par conséquent, ces derniers sont peu enclins à consommer. On pourrait alors penser que ces mêmes personnes s'engagent dans une épargne de précaution, mais il semble que ce ne soit pas le cas. Ainsi, l'un des premiers facteurs influençant l'acte d'épargne ou de consommation est le niveau « du moral des Français ». Quand celui-ci est au plus bas, la croissance est en berne, car la consommation des agents économiques est ralentie. Pour autant, cela ne profite pas à l'épargne. Afin que les Français épargnent, des facteurs autres qu'une morosité ambiante sont nécessaires. En effet, les taux de rémunération des différents livrets doivent être suffisamment attractifs et les plafonds suffisamment hauts.
C'est aussi la conjoncture économique et sociale qui influence le comportement des ménages. Si celle-ci est favorable, la croissance repart, portée par la consommation des ménages tout comme l'épargne d'investissement (ex. : l'achat d'un appartement à des fins locatives).
4. Les conséquences de cet arbitrage se reportent sur les grands équilibres économiques que sont : la croissance, le chômage, l'inflation et le commerce extérieur. Si la consommation des ménages et celle des entreprises sont en berne, alors la croissance s'en trouve affectée. Celle-ci ne peut augmenter et donc porter l'emploi. Le pays se retrouve alors dans un cercle vicieux dans lequel le manque de croissance provoque du chômage (technique, partiel et licenciements) et de l'inflation, ce qui pénalise alors les échanges commerciaux extérieurs puisque le pays n'est plus compétitif.
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