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Un regard sur l'évolution de l'homme

Les primates regroupent environ 230 espèces avec une grande diversité : de 15 cm de grandeur pour un microcèbe à 1,80 m pour un gorille. Hormis l'espèce humaine, les autres primates vivent dans les régions intertropicales du globe (Australie exclue).
1. Des primates fossiles aux grands singes actuels
Ces mammifères partagent des caractères communs : un pouce opposable aux autres doigts de la main, des ongles plats, des orbites en façade (favorisant une vision binoculaire), une gestation longue, des soins aux jeunes…
Parmi ces primates, les hominoïdés partagent des caractères anatomiques et physiologiques communs : absence de queue, bipédie (constante ou temporaire)… Les grands singes ont une socialisation poussée.
Plusieurs arbres phylogénétiques reflètent la généalogie des primates. La figure suivante en représente une des versions communément admises.
Arbre phylogénétique des primates
Les hominoïdes seraient apparus il y a 23 Ma, les hominidés il y a 10 Ma, les hominines il y a 7 Ma.
En comparant des protéines et l'ADN (l'« horloge moléculaire »), les chercheurs arrivent à estimer les dates de divergence.
Arbre phylogénétique des grands singes
Les plus lointains ancêtres communs à l'ensemble des primates seraient apparus il y a 65-50 Ma en Afrique. Toutes les analyses concordent sur l'hypothèse de l'origine africaine, mais les fossiles du Miocène sont peu nombreux, très dispersés et souvent réduits à un morceau de mandibule. Kenyapithecus est un ancêtre hypothétique (−15 à −11 Ma). Le suffixe pithecus signifie « singe ».
Les primates partageant un ancêtre commun récent avec l'homme actuel sont les chimpanzés (Pan troglodytes) et les bonobos (Pan paniscus). Des chercheurs américains ont analysé 97 gènes fonctionnels de l'homme et du chimpanzé. La coïncidence entre les deux génomes est de 99,4 % (les chercheurs ont alors proposé de classer les paninés parmi le genre Homo).
Il y a 0,4 % de différence entre le génome du bonobo et celui du chimpanzé. Les deux espèces auraient dérivé lors de la formation du fleuve Congo il y a 2 Ma environ.
2. L'évolution des hominines
Les caractères définissant les hominines sont liés à l'acquisition de la bipédie, avec une position du trou occipital sous le crâne (liée à la station debout).
Les hominines du Miocène supérieur, un nouveau grade évolutif de la famille humaine
Orrorin tugenensis du Kenya et Ardipithecus kadabba d'Éthiopie (−6 Ma) en Afrique orientale, et Sahelanthropus tchadensis « Toumai »(−7 Ma) en Afrique centrale sont les plus anciens hominines décrits. Leurs caractères anatomiques connus – denture, crâne et squelette – montrent que ce ne sont ni des australopithèques, ni des représentants du genre Homo. D'après Pascal Picq, Orrorin (ou Millenium ancestor) devait vivre en communauté, mesurer environ 1 m pour 30 à 40 kg, être arboricole, mais avec des possibilités de bipédie, avoir un régime omnivore, être capable d'apprendre, d'utiliser et de fabriquer des outils rudimentaires.
Les hominines
Les australopithèques (singes d'Afrique australe) sont Apparus vers −4,2 Ma et ont disparus vers −1 Ma, on en trouve de nombreux restes fossiles en Afrique de l'Est. Les fossiles les plus anciens sont retrouvés dans la zone des Afars (où un rift continental est en cours de formation). Deux genres d'hominines se sont individualisés. Il n'est pas impossible que certains restes fossiles soient plus apparentés aux paninés.
Le genre Australopithecus (littéralement « singe du Sud »)
Les traces de pas du site de Laetoli attestent d'une bipédie (−3,6 Ma). Actuellement, sept espèces sont identifiées.
Certains ont une forme « gracile » :
  • Australopithecus anamensis (−4,2 Ma).
  • Australopithecus afarensis : le plus célèbre d'entre eux est le squelette de Lucy ; la forme de son bassin laisse penser à une locomotion bipède et la courbure des phalanges des pieds et des mains est proche de celle des grands singes actuels ; l'articulation de l'épaule est plus orientée vers le crâne que chez les humains modernes, la longueur des bras reflète leur aptitude à saisir efficacement les branches et à grimper (on suppose donc très probablement une vie arboricole). Australopithecus afarensis se distingue également par un volume crânien faible, peu différent de celui du chimpanzé actuel (de 380 à 430 cm3 pour une taille adulte de 1,10 à 1,35 m selon le sexe), une denture en V aux molaires développées, un prognathisme prononcé et un dimorphisme sexuel relativement marqué, au niveau de la taille du corps mais aussi dans la forme des canines.
  • Australopithecus africanus (−3,5 à −2 Ma) découvert en Afrique du Sud.
  • Australopithecus bahrelghazali (−3,5 à −3 Ma) découvert au Tchad.
D'autres ont des formes plus « robustes » :
  • Australopithecus boisei (−2,2 à −1 Ma).
  • Australopithecus æthiopicus (−3 à −2,5 Ma).
  • Parenthropus robustus.
Les australopithèques vivaient de façon contemporaine avec Ardipithecus ramidus (de ardi, « sur le sol » en langue afar, la racine grecque pithecos, « singe » et ramid, « racine » en langue afar) et Kenyanthropus platyops (« homme à face plate du Kenya »), datant de −3,5 à −3,2 Ma (Pliocène).
Le genre Homo
Les plus anciens restes fossiles actuellement retrouvés et attribués au genre Homo sont datés de −2,3 Ma. Homo rudolfensis et Homo habilis sont les premiers représentants de ce genre, cette spéciation pouvant être liée à un facteur climatique.
Le genre Homo regroupe des espèces bipèdes exclusivement terrestres et avec des caractères anatomiques particuliers : une boîte crânienne plus volumineuse, une réduction de la face, des canines réduites et incisiformes, des dents recouvertes d'une couche d'émail très épaisse, un squelette adapté à la bipédie (bassin élargi en cuvette, colonne vertébrale à plusieurs courbures, membres supérieurs et inférieurs qui ont perdu leur adaptation au grimper, membres postérieurs adaptés à la course d'endurance). Afin de satisfaire leurs besoins énergétiques, les premiers hommes vont manger davantage de viande et en devenant chasseurs, vont élargir leur territoire de chasse, partant vers −2 à −3 Ma à la conquête du « vieux continent » : de l'Afrique vers l'Eurasie.
En Afrique de l'Est (−1,8 à −0,6 Ma), Homo ergaster et son probable descendant Homo erectus commencent à domestiquer le feu et à utiliser des outils plus sophistiqués : les bifaces. Après avoir conquis le continent africain, ils conquièrent l'Eurasie en plusieurs vagues : vers −1,7 Ma en Géorgie, −800 000 ans à −120 000 ans en Extrême-Orient, Pithécanthrope à Java et Sinanthrope en Chine (−800 000 ans). L'arrivée en Europe serait datée de −650 000 ans.
Pour les chercheurs, la taille du genre Homo est restée plus ou moins stable pendant 2 Ma, jusqu'à l'apparition d'une nouvelle espèce en Afrique il y a seulement 200 000 ans : Homo sapiens, sensiblement plus grande que toutes les autres espèces existant à l'époque.
Des études récentes ont montré qu'il y a 200 000 ans, une mutation génétique aurait rendu nos ancêtres plus résistants face aux infections bactériennes, ce qui a sauvé des épidémies le petit groupe d'humains, nos ancêtres.
Homo neanderthalensis (−80 000 à −35 000 ans) présente des caractères dits archaïques (partagés avec les ancêtres) comme un bourrelet sus-orbitaire épais, un prognathisme, et des caractères modernes (comme l'homme actuel), crâne volumineux, taille de 1,60 m environ. Il fabriquait des outils de pierre taillée (industrie moustérienne), enterrait ses morts, vivait dans des abris sous roche. Occupant l'Europe, il s'éteint probablement à cause de la compétition avec Homo sapiens.
Des populations d'Homo ergaster venant d'Afrique et d'Asie sont à l'origine des Cro-Magnon (Homo sapiens) (des fossiles datant de −90 000 ans ont été retrouvés au Proche-Orient). De grande taille, artistes et artisans, ils construisent des habitations.
Le langage articulé est le propre d'Homo sapiens, mais on ne sait pas si nos ancêtres en disposaient.
Exercice n°1Exercice n°2Exercice n°3Exercice n°4Exercice n°5
Ainsi, la lignée humaine n'est pas linéaire mais buissonnante : à partir de primates, plusieurs branches ont évolué depuis 6 Ma et ont cohabité, voire ont été interfécondes. Elles se sont toutes éteintes à l'exception d'une seule : Homo sapiens. Originaire d'Afrique, la lignée humaine a conquis le monde entier.
Enfin, gardons à l'esprit que toutes les connaissances qui ont permis d'établir l'arbre phylogénétique des grands primates sont basées sur des découvertes d'anthropologues. Une découverte inattendue de fossiles pourra amener à revoir nos connaissances…
Ce qui est attendu…
  • Savoir comparer les génotypes de différents primates.
  • Savoir positionner quelques espèces de primates actuels ou fossiles dans un arbre phylogénétique, à partir de l'étude de caractères ou de leurs productions.
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