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L'Union européenne

La constitution d'unions régionales est bien souvent pensée comme le seul moyen de résister à la concurrence, en « pesant plus » dans une économie mondialisée. Le xxe siècle a ainsi vu le développement sans précédent des regroupements régionaux.
Le poids de l'Union européenne élargie à 27 (500 millions d'habitants, PIB total d'environ 16 500 milliards de dollars en 2009) suffit-il à mettre en péril l'hégémonie américaine (290 millions d'habitants, PIB total d'environ 14 000 milliards de dollars en 2009) sur l'économie mondiale ? Quel rôle cette union, encore embryonnaire sur le plan politique, peut-elle jouer face aux géants émergents que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ?
1. En quoi l'Union européenne est-elle l'exemple d'un processus d'intégration régionale avancé ?
Lorsque plusieurs nations ou régions constituent un espace économique unique à partir d'économies nationales cloisonnées, on parle de processus d'intégration. Traditionnellement, on distingue cinq étapes dans l'intégration.
Les trois premières étapes ont pour objectif la création d'un grand marché par la suppression des entraves à l'échange.
• La zone de libre-échange : aucune barrière tarifaire ou non tarifaire au sein de la zone mais conservation par chaque pays d'une politique douanière extérieure autonome.
1951 : création d'un marché commun du charbon et de l'acier (la CECA).
• L'union douanière : mise en œuvre d'une politique douanière commune aux membres de la zone vis-à-vis de l'extérieur.
1957 : signature du traité de Rome (création de la CEE et mise en place progressive d'une union douanière).
• Le marché commun : ouverture de l'ensemble des marchés (biens et services, travail, capital).
1986 : signature de l'Acte unique européen. La CEE devient la Communauté européenne et se dote d'un symbole d'unité : le drapeau européen. L'Acte unique prévoit l'harmonisation des normes, la disparition des contrôles aux frontières, l'ouverture des marchés publics.
• L'union économique : approche plus volontariste qui prévoit une régulation du marché par des interventions étatiques (harmonisation des politiques économiques).
1992 : signature du traité de Maastricht (préparation de l'Union économique et monétaire, création de la Banque centrale européenne, adoption du principe de subsidiarité).
• L'union économique et monétaire : la zone se dote de politiques communes et crée une monnaie commune, voire unique.
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2. Quels sont les avantages que procure l'UEM et quels sont les risques qu'elle contient ?
• Arme contre la spéculation, l'euro signe la fin de l'instabilité des taux de change et supprime les coûts de conversion. De plus, la volatilité des taux d'intérêt est réduite. Les marchés financiers européens sont plus attractifs. Enfin, la monnaie unique renforce tous les avantages du grand marché en facilitant les économies d'échelle, en aiguisant la concurrence et en stimulant l'innovation. L'offre est ainsi plus concurrentielle et plus lisible pour le consommateur.
• Cependant, l'UEM présente aussi des contraintes : la fin de l'autonomie des politiques monétaires, des risques sociaux forts (la concurrence et la transparence des marchés rendent indispensables certaines restructurations). Enfin, la mise en concurrence des systèmes de rémunération et de protection sociale risque d'accroître les inégalités entre pays.
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3. Quelles sont les politiques communes menées par l'Union européenne ?
• Les pays appartenant à « l'Euroland » (actuellement, 16 pays) sont soumis à une politique monétaire commune décidée par la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques. Celle-ci assure la gestion de l'euro (taux de change) et fixe un taux d'intérêt unique pour toute la zone avec un double objectif : interne (une faible inflation) et externe (maintien d'un euro fort par rapport au dollar).
• Par ailleurs, l'Europe mène une politique agricole commune (PAC) depuis les années 1960, pour accroître la productivité de l'agriculture, assurer un niveau de revenu équitable aux agriculteurs, stabiliser les marchés et garantir la sécurité des approvisionnements.
• Malgré l'ampleur des sommes qu'elle mobilise (40 % à elle seule de l'ensemble du budget de l'Union), la PAC n'a pas mis fin aux surproductions chroniques, et à l'instabilité des revenus agricoles. Bénéficiant, pour l'instant encore essentiellement aux pays fondateurs de l'Union, en particulier la France, elle est de plus en plus contestée, notamment par les nouveaux adhérents dont les agricultures sont moins modernisées. Plusieurs réformes sont intervenues depuis 1992 et un nouveau projet devrait voir le jour à l'horizon 2013, en intégrant de manière plus contraignante les objectifs qualitatifs et environnementaux.
• Concernant les politiques industrielles, les grandes orientations européennes vont dans le sens d'un libéralisme économique maîtrisé, c'est-à-dire vers la constitution d'un grand marché : libre circulation des biens et des capitaux, suppression des monopoles (ouverture du marché de la téléphonie et de l'électricité, par exemple), désengagement de l'État, etc. Cette orientation fait débat, notamment à l'occasion du démantèlement de certains services publics.
Exercice n°6Exercice n°7
4. Quels sont les enjeux économiques et politiques à venir pour l'Union européenne ?
• L'Europe a vocation à devenir une fédération d'États et non un État fédéral comme les États-Unis. Il s'agit plus d'un partage de souveraineté que d'un transfert de souveraineté.
• Sur le plan économique, la monnaie unique devrait inciter l'Europe à réaliser une plus grande intégration de ses politiques budgétaires.
• À terme, la création d'un « gouvernement économique européen » doté d'un budget conséquent pourrait permettre de coordonner les politiques budgétaires autrement que par l'application de critères de convergence et d'articuler politique monétaire et budgétaire (policy mix).
• Sur le plan politique, des réformes institutionnelles semblent indispensables : accroissement des pouvoirs du Parlement européen, création d'un exécutif capable d'intervenir dans tous les domaines de compétences de l'Union. Enfin, se pose la question d'une éventuelle force militaire d'intervention et d'une diplomatie commune, ce qui serait la véritable traduction de l'existence politique de l'Union. Sur tous ces points, le consensus est loin d'être acquis, que ce soit dans la classe politique ou dans les opinions publiques.
La citation
« C'est la force de l'économie qui fait la force d'une monnaie et non l'inverse. » (R. Barre, Économie politique, 1997)
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