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Le genre théâtral

Une pièce de théâtre est destinée à être jouée par des acteurs sur scène, dans un temps limité. De ces contraintes se dégage une écriture proprement théâtrale.
À quelles règles un texte de théâtre obéit-il ? Peut-on distinguer différents genres théâtraux ? Quel est le rôle du metteur en scène dans la représentation d'une pièce ?
I. Le texte théâtral
1. Une action dans un temps et un espace limités
• L'écriture théâtrale est d'abord soumise à une contrainte temporelle : la pièce se joue dans un temps très court, au maximum quatre heures. C'est pourquoi l'action est souvent prise en cours. La première scène fait connaître très clairement les principaux personnages et la situation dans laquelle ils se trouvent : c'est l'exposition, qui se prolonge parfois dans les scènes suivantes.
«  OCTAVE
Tu viens, Sylvestre, d'apprendre au port que mon père revient ?
SYLVESTRE
Oui.
OCTAVE
Qu'il arrive ce matin même ?
SYLVESTRE
Ce matin même.
OCTAVE
Et qu'il revient dans la résolution de me marier ?
SYLVESTRE
Oui.
OCTAVE
Avec une fille du seigneur Géronte ?
SYLVESTRE
Du seigneur Géronte.
OCTAVE
Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela ?
 »
Molière, les Fourberies de Scapin, I, 1

• L'action, perturbée par une série d'événements, est ensuite représentée pratiquement en temps réel (règle de l'unité de temps dans le théâtre classique). Les éléments perturbateurs constituent l'intrigue de la pièce, qui trouve sa solution au dénouement.
Pour plus de vivacité (et souvent au mépris de la vraisemblance), l'action se conclut par un coup de théâtre (le deus ex machina). Ainsi, dans les Fourberies de Scapin, l'épouse imposée par le père d'Octave se révèle être celle que son cœur avait choisie.
• Pour donner plus de vraisemblance à la représentation, le théâtre classique s'imposait la règle de l'unité de lieu (décor unique). De nos jours, même si, au cours d'une représentation, la scène est appelée à évoquer des lieux différents (par exemple, l'intérieur d'une maison, une rue, un champ de bataille, le pont d'un bateau), ceux-ci restent forcément en nombre limité. L'auteur de théâtre n'a pas la liberté illimitée du romancier qui peut faire voyager ses personnages où il veut !
2. Les impératifs du dialogue
• À aucun moment l'auteur de théâtre ne peut raconter directement les faits ou expliquer les sentiments de ses personnages ; tout doit passer par le dialogue entre les personnages de la pièce. Ainsi :
  • toute action qui ne se déroule pas sur la scène est racontée et commentée ;
  • les personnages ne peuvent livrer leurs états d'âme que dans des monologues ou interrogés par leur confident ;
Par ailleurs, le dialogue doit faire constamment avancer l'action et créer la surprise. L'écriture théâtrale suppose un art consommé !
• Sur le plan formel, un texte de théâtre se présente donc comme une sorte de long dialogue découpé en actes et en scènes ; le passage d'une scène à l'autre est lié au changement de personnages sur scène. Le dialogue est enrichi d'indications scéniques, ou didascalies (le plus souvent en italique), que le metteur en scène utilise, mais que les comédiens, bien sûr, ne disent pas. Ces indications concernent le lieu, mais aussi les gestes et les expressions des personnages.
« ARGANTE (se croyant seul)
A-t-on jamais ouï parler d'une action pareille à celle là ?
SCAPIN (à Sylvestre)
Il a déjà appris l'affaire, et elle lui tient si fort en tête, que tout seul il en parle haut.
ARGANTE (se croyant seul)
Voilà une témérité bien grande !
 »
Molière, les Fourberies de Scapin, I, 1

II. Les genres théâtraux
• Dès l'Antiquité, on a distingué deux grands genres : la comédie, qui nous fait rire et se termine bien, et la tragédie, qui, en montrant des événements graves, nous fait éprouver des émotions violentes.
En Grèce, Aristophane est le plus réputé des auteurs de comédie ; Eschyle et Sophocle ont produit de grandes tragédies. Au xviie siècle, le théâtre classique a repris cette distinction : Molière a écrit des comédies célèbres (l'Avare, le Bourgeois Gentilhomme, le Misanthrope, Dom Juan, le Malade imaginaire, etc.) ; Corneille et Racine, des tragédies non moins fameuses (par exemple, le Cid, pour le premier, Phèdre, pour le second).
• Le théâtre baroque, lui, n'hésitait pas à mélanger dans une même pièce le comique et le tragique. C'est ce qui s'est fait à nouveau, à l'époque romantique, époque à laquelle Victor Hugo a créé le drame.
Au xxe siècle, Antonin Artaud a appelé de ses vœux un théâtre total qui associe tous les arts : musique, chant, danse, cinéma… D'une façon générale, les auteurs distinguent ou associent comme ils l'entendent différentes tonalités. Paul Claudel a créé un théâtre poétique ; Albert Camus et Jean-Paul Sartre, un théâtre d'idées ; Eugène Ionesco, un théâtre qui met en évidence les absurdités de la vie et joue avec le langage, etc.
III. Le lieu théâtral
• Le mot « théâtre » désigne à la fois le spectacle et le lieu où il se donne.
Ce sont les comédiens qui créent le spectacle théâtral : ce dernier peut donc se jouer n'importe où. Autrefois, il avait lieu devant les églises ou sur les places publiques. Aujourd'hui encore, on a l'occasion de voir du théâtre en divers endroits : dans un jardin, sur une péniche, etc..
• Le théâtre traditionnel, dit à l'italienne, est constitué d'une scène, délimitée d'un côté par un rideau, sur les autres côtés par les coulisses et le décor. La salle forme un demi-cercle : les spectateurs sont installés à l'orchestre (en bas), dans les baignoires, la corbeille ou les balcons (en hauteur).
Les théâtres modernes, plus simples, se rapprochent des théâtres antiques par leur disposition : tous les spectateurs y font face à la scène. Ces théâtres disposent en général de techniques perfectionnées qui permettent des changements de décors complexes et des mises en scène hardies.
IV. La mise en scène
• Le metteur en scène organise le spectacle en fonction des indications données par l'auteur et en fonction de sa propre interprétation de la pièce. De cette dernière dépendent le jeu des acteurs, leurs déplacements sur scène, le choix des décors, des éclairages, des bruitages, de la musique.
Par exemple, si un metteur en scène monte les Fourberies de Scapin, il peut choisir d'accentuer l'aspect burlesque de la comédie (coups de bâton, personnage enfermé dans un sac) et faire de Scapin un bouffon haut en couleurs. Il peut aussi présenter Scapin comme un valet rusé, inquiétant et mystérieux, en s'appuyant sur des répliques comme : « La justice en usa fort mal avec moi, et je me dépitai de telle sorte contre l'ingratitude du siècle que je résolus de ne plus rien faire. »).
• La mise en scène évolue selon les époques et a donné lieu à beaucoup de recherches au xxe siècle. Certaines veulent donner une image de la vie réelle et sont réalistes, d'autres sont beaucoup plus sobres, avec peu de décors, et sollicitent davantage l'imagination du spectateur.
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