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La France dans la Seconde Guerre mondiale : la collaboration

Énoncé

La France dans la Seconde Guerre mondiale : la collaboration
Document 1
Maréchal Pétain, chef de l'État français, extrait du message radiodiffusé le 30 octobre 1940
« Français, J'ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich. Je vous dois à ce sujet quelques explications. C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. Je n'ai subi, de sa part, aucun diktat, aucune pression. Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement. C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française – une unité de dix siècles – dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen que j'entre, aujourd'hui, dans la voie de la collaboration. Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d'occupation. Ainsi pourrait être assouplie la ligne de démarcation et facilités l'administration et le ravitaillement du territoire. Je vous ai tenu jusqu'ici le langage d'un père. Je vous tiens aujourd'hui le langage du chef. Suivez-moi. Gardez confiance en la France éternelle. »
Cité parPierre Milza, Sources de la France du XXe siècle, Larousse, 1997

Document 2
L'armistice de 1940 vu par le général De Gaulle
« Pour moi la faute capitale de Pétain et de son gouvernement, c'était d'avoir conclu avec l'ennemi au nom de la France le soi-disant « armistice » […] avoir manqué à nos alliés ; par-dessus tout, avoir soumis l'État à la discrétion du Reich, c'est cela qu'il fallait condamner… Toutes les fautes que Vichy avait été amené à commettre ensuite : collaboration avec les envahisseurs ; combat livré à la résistance en liaison directe avec les polices et les troupes allemandes ; remise à Hitler de prisonniers politiques français, de Juifs, d'étrangers réfugiés chez nous ; concours fourni sous forme de main-d'œuvre, de matières, de fabrications, de propagande, à l'appareil guerrier de l'ennemi, découlaient infailliblement de cette source empoisonnée. »
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Tome 3, Plon, 1959

Document 3
Zoom
Affiche de Propagande, en France, sous le régime du maréchal Pétain
Affiche de Propagande, en France, sous le régime du maréchal Pétain
Questions
Document 1
À qui s'adresse le maréchal Pétain ? Quelle décision a-t-il prise concernant la France ?
Document 2
Quels sont les principaux reproches que fait le général de Gaulle au maréchal Pétain ? Quatre éléments de réponse sont attendus.
Documents 2 et 3
Quel est le but de cette affiche de propagande (document 3) ? Le général de Gaulle est-il d'accord avec cet objectif ? Justifiez votre réponse en citant un passage du document.
Paragraphe argumenté
À l'aide des documents et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes dans lequel vous présenterez les différents aspects de la collaboration.

Corrigé

Questions
Document 1
Le maréchal Pétain s'adresse aux Français. Il veut leur expliquer qu'il a décidé de mener une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie.
Document 2
Le général de Gaulle reproche à Pétain d'avoir signé l'armistice, d'avoir ainsi manqué aux engagements pris par la France envers ses alliés, d'avoir collaboré et d'avoir combattu la Résistance et livré des juifs ou des étrangers aux nazis.
Documents 2 et 3
Le but de cette affiche de propagande est de montrer aux Français qu'en acceptant de travailler en Allemagne ils contribueront à un meilleur niveau de vie en France.
Pour le général de Gaulle, ceci est bien sûr faux : cela revient à fournir de la main-d'œuvre à notre ennemi (« concours fourni sous forme de main-d'œuvre, de matières, de fabrications, de propagande, à l'appareil guerrier de l'ennemi »).
Paragraphe argumenté
Le 10 mai 1940, les troupes de l'Allemagne nazie déferlent sur la France. Très vite, c'est la débâcle, et les Allemands prennent Paris et la moitié nord de la France. Face à cette situation, le maréchal Pétain demande l'armistice le 17 juin 1940. Très vite, il met en place une politique de collaboration avec les nazis.
Au lendemain de l'armistice, Pétain obtient les pleins pouvoirs : c'est la fin de la IIIe République et le début de l'État français, installé à Vichy en zone sud, le nord de la France étant soumis à l'occupation allemande. Très vite, Pétain supprime les libertés et veut imposer la « révolution nationale » (Travail, Famille, Patrie). L'entrevue de Montoire avec Hitler en octobre 1940 marque l'entrée officielle du régime de Vichy dans la voie de la collaboration avec les nazis. Le régime favorise le pillage économique de la France par les nazis, collabore à l'arrestation et à la déportation des opposants (communistes, membres du Front populaire jugés à Riom en 1942 et déportés, résistants). Dès octobre 1940, Pétain a aussi imposé le « statut des juifs », régime d'exclusion antisémite, sans que les Allemands le lui aient demandé : il participe dès lors à la politique raciste du régime nazi qui aboutit à la déportation puis au génocide à partir de 1942. Cette collaboration se renforce par la suite, surtout avec le retour de Laval au gouvernement en 1942 : la police française opère des rafles (rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942), la milice traque les résistants et les juifs, l'État organise le STO. Celui-ci consiste à fournir de la main-d'œuvre aux nazis, qui manquent d'ouvriers dans les usines d'armement du fait de l'envoi de tous les Allemands au front. Si une large partie des Français a tout d'abord fait confiance au « héros de Verdun », seule une minorité l'a suivi dans sa politique de collaboration. Ces mesures ont au contraire poussé de plus en plus de Français à rejoindre la Résistance.
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