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Les migrations internationales de travail et le développement

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Les migrations internationales de travail et le développement

Document 1
Des territoires mis en relation
Les migrations de travailleurs aujourd'hui
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Les migrations de travailleurs aujourd'hui
Document 2
Les migrations sont un atout
« Au niveau mondial, le nombre d'immigrants […] a explosé ces dernières années, passant, selon les estimations de 75 millions en 1965 à 175 millions aujourd'hui. […] Les migrants ne représentent que 3 % de la population mondiale, ce qui veut dire que 97 % de la population demeure d'une grande stabilité. […] Ces immigrants sont souvent la première source de revenus pour leur pays d'origine : l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) évalue le montant annuel des transferts [envois de capitaux] à plus de deux cents milliards de dollars. […] Ces transferts sont particulièrement bénéfiques pour vingt pays qui en concentrent 88 % (Philippines, Inde, Mexique, Turquie, Égypte, Maroc, Bangladesh, etc.). Ainsi, les 4,7 millions d'immigrés philippins ont transféré plus de 90 milliards de dollars entre 1995 et 2003. […] Les conséquences de ces transferts sur l'essor des économies sont par conséquent considérables, grâce aux capitaux réinvestis (construction de puits, écoles, électrification, dispensaires, etc.) et à la diffusion de nouvelles connaissances techniques et de nouvelles valeurs. »
D'aprèsLaurent Carroue, La mondialisation en débat, Paris, La Documentation photographique, n° 8037, 2004, p. 40

Document 3
L'Inde mise sur ses émigrés
« Mondialisation oblige, les pays en voie de développement subissent un exode massif de leurs diplômés vers l'Europe, l'Australie, et, surtout, les États-Unis, plus gros importateur mondial de main d'œuvre qualifiée. Chaque année, 85 000 professionnels de l'informatique quittent ainsi le sous-continent indien. Ce pays fait même figure de cas d'école en matière d'émigration de cerveaux, avec une vague sans précédent depuis le début des années 90. Tellement que l'Inde multiplie aujourd'hui les efforts pour tirer profit de cette fuite. Elle encourage ainsi les plus qualifiés des Indiens de l'étranger à retourner au pays pour y créer leur entreprise et diffuser leur savoir-faire. Un pari que la Chine et Taïwan ont déjà gagné.[…] Les autorités indiennes ne peuvent pas lutter contre un tel appel du large. […] « La fuite des cerveaux ne provoque pas de pénurie(1) de main d'œuvre qualifiée », explique Dipankar Sengupta, qui enseigne l'économie à New Delhi. « Notre système scolaire et universitaire produit trop de diplômés surqualifiés par rapport aux emplois à pourvoir dans le pays. Certains expatriés, encore peu nombreux, commencent à revenir en Inde pour créer leur start-up(2) ». »
D'aprèsJulie Auray, Faire de la diaspora un atout, dans « Alternatives économiques », nº 236, juillet-août 2003

Questions
Document 1
1. Relevez trois espaces d'accueil des migrants.
2. Relevez trois espaces de départ des migrants.
Documents 2 et 3
Quels sont les avantages de ces migrations pour les pays en voie de développement ?
Documents 1 et 3
Quels sont les avantages de ces migrations pour les pays riches ?
Paragraphe argumenté
À l'aide des informations tirées des documents et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes qui montre que les migrations internationales de travail sont diverses et qu'elles sont un atout pour le développement des pays.
(1)Pénurie : manque de ce qui est nécessaire.
(2)Start-up : jeune entreprise promise à une forte croissance.

Corrigé

Questions
Document 1
1. Les États-Unis, l'Europe de l'Ouest et le Japon sont par exemple trois espaces d'accueil de migrants.
2. L'Amérique centrale, l'Afrique du Nord ou l'Asie du Sud-Est sont trois exemples d'espaces de départ des migrants.
Documents 2 et 3
Pour les PED, ces migrants constituent une importante source de revenus par l'envoi de devises au pays d'origine. L'émigration constitue un débouché pour des jeunes qualifiés trop nombreux par rapport aux possibilités d'emploi dans leur pays d'origine. Certains de ces migrants reviennent ensuite au pays, forts de l'expérience et de la qualification acquise à l'étranger, pour y créer leur propre entreprise et dynamiser ainsi la vie économique locale.
Documents 1 et 3
Pour les pays riches, dont l'accroissement naturel est faible, ces migrants constituent un apport de main-d'œuvre intéressant. Ils recrutent les « cerveaux » de toute la planète, ce qui renforce leur compétitivité et leur dynamisme économique. C'est le cas notamment dans le domaine de l'informatique.
Paragraphe argumenté
Environ deux millions d'hommes quittent chaque année leur pays pour rechercher du travail dans un autre État. Ces migrations sont le reflet des inégalités économiques entre un Nord développé et un Sud en développement.
Ces migrations concernent principalement des travailleurs peu ou pas qualifiés, à la recherche de travail et de meilleures conditions de vie. Leur principale destination est les États-Unis, mais aussi l'Europe occidentale. D'autres pays riches accueillent quelques-uns de ces migrants (Japon, Australie), mais aussi les pays pétroliers de la péninsule arabique. Il s'agit cependant principalement de flux Sud-Nord. Les États-Unis, principalement, organisent aussi à leur profit un autre type de migration économique, à destination exclusive des travailleurs très qualifiés, le brain drain : ils attirent les « cerveaux » d'Europe et d'Asie de l'Est.
Ces migrations peuvent être un atout pour les pays en développement, qui connaissent un fort chômage et dont la croissance démographique très forte est un frein au développement économique. Les migrants envoient de l'argent à leur famille restée au pays. Pour certains pays, cet apport de devise est une ressource importante, qui va favoriser le développement. Cependant, cet apport ne se fait en général que sur une génération, au mieux, et laisse ces pays déjà fragiles dépendre d'une ressource peu maîtrisable. Dans les pays où le système éducatif est assez développé, une partie de la population la plus qualifiée émigre. C'est notamment le cas des informaticiens indiens, qui ont le mérite de parler anglais. Le pays de départ tente de faire revenir après quelques années ces migrants qualifiés pour qu'ils réinvestissent l'expérience acquise à l'étranger en fondant leur propre entreprise dans leur pays d'origine. Ce mouvement est encore très limité. Si ce départ des plus qualifiés ne crée pas forcément de pénurie dans le pays de départ, il est cependant une perte sèche pour celui-ci, qui a financé la formation de jeunes pour les voir ensuite valoriser leurs compétences ailleurs. Les migrations internationales de travail peuvent donc être un atout pour les pays d'origine des migrants, mais cela reste à nuancer, tant il semble bien qu'elles renforcent surtout la dépendance et la fragilité de ces pays.
Pour les pays d'accueil, ces migrations peuvent aussi être un atout. En effet, les PID connaissent une faible croissance démographique et un vieillissement de leur population. Leur besoin en main-d'œuvre peut trouver sa solution dans le recours à l'immigration. Ainsi, aux États-Unis, principal foyer d'accueil, les moins qualifiés vont effectuer les travaux les plus mal payés (saisonniers agricoles par exemple), tandis que les « cerveaux » recrutés à l'étranger viennent renforcer la compétitivité américaine. Ces migrants, qui font plus d'enfants, dynamisent l'accroissement naturel de la population. Cependant, la présence de communautés d'origine étrangère entraîne parfois d'inquiétants phénomènes de rejet et d'intolérance dans les pays d'accueil, eux aussi fragilisés par la mondialisation et la crise économique.
Les migrations de travail sont un phénomène important dans le monde actuel, dont elles révèlent les inégalités économiques. Elles sont un atout pour le développement des PED comme des PID, même si le bilan reste à nuancer.
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