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Pays développés et pays en développement

Le monde a connu depuis la Seconde Guerre mondiale une forte croissance économique. Mais cet enrichissement spectaculaire s'accompagne de l'accentuation manifeste des inégalités : 15 % de la population contrôlent de 75 % (industries, commerce) à 85 % (capitaux, technologies, informations) de la richesse mondiale.
Quels éléments distinguent les pays riches des pays pauvres ? L'évolution va-t-elle dans le sens d'un renforcement ou d'une disparition des inégalités ?
I. Caractéristiques des pays développés et des pays en développement
1. Évaluer la richesse et le développement
• Pour évaluer la richesse d'un État, on s'appuie généralement sur des critères économiques comme la croissance. Celle-ci correspond à l'augmentation de la richesse du pays mais cela ne signifie pas que tous les habitants en bénéficient. L'indicateur le plus souvent utilisé, le PIB (ou le PNB) par habitant, donne une idée de la richesse moyenne d'une population. Il ne permet pas, cependant, de déterminer l'état de son développement.
• En effet, le développement ne se limite pas à l'accroissement des revenus. Il correspond à également à une transformation de la société, au progrès des mentalités et l'amélioration de la qualité de vie. Pour l'évaluer, on a mis au point un indicateur spécifique : l'indicateur de développement humain, l'IDH. C'est un indice qui prend en compte plusieurs facteurs : l'espérance de vie, le niveau d'instruction et le niveau de vie. Il varie de 0 à 1 (au-delà de 0,8, on estime qu'il est élevé ; au-dessous de 0,5, on estime qu'il est faible).
• De façon plus sommaire, on peut aussi utiliser, pour évaluer le niveau de développement d'un pays, le pourcentage de pauvres de sa population totale.
2. Pays riches et pays pauvres
On distingue globalement deux groupes de pays dans le monde : le Nord regroupant les pays développés et le Sud qui rassemble les pays en voie de développement (PVD), aussi appelés pays en développement (PED).
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Un monde inégalement développé
Un monde inégalement développé
Plusieurs éléments les opposent :
Le niveau de vie : élevé pour le Nord (le PNB par habitant des États-Unis était, en 2003, de 36 562 dollars), il est faible pour le Sud (710 dollars par habitant en Éthiopie).
La modernité de l'économie : les pays développés se caractérisent par une agriculture productive, une gamme variée d'industries comprenant les industries de pointe (télécommunications et informatique), des services et des infrastructures très développés. À l'inverse, l'économie des pays en voie de développement est dominée par une agriculture extensive, dont la production ne suffit pas toujours à nourrir la population ; l'industrialisation y est souvent insuffisante tout comme le réseau de transport. D'où une moindre importance de ces pays dans le commerce mondial. Les PVD exportent surtout des matières premières et des produits manufacturés simples (les textiles) alors que les pays développés exportent des produits de haute technologie qui rapportent davantage.
La croissance de la population : faible dans les pays du Nord, elle est forte au Sud car la fécondité et le taux de natalité y sont élevés (d'où une population très jeune).
L'espérance de vie : la population des pays riches bénéficie d'une alimentation équilibrée et d'un bon encadrement sanitaire et médical, l'espérance de vie y est donc élevée. Les pays pauvres, en revanche, connaissent encore des problèmes alimentaires (852 millions de personnes, en 2002, souffraient de sous-nutrition). Dans certains pays, la situation est si fragile que la famine peut survenir très vite. Par ailleurs, l'hygiène et la santé sont moins surveillées. L'espérance de vie est plus basse et la mortalité, infantile en particulier, plus importante.
L'accès à l'éducation : si la quasi-totalité de la population du Nord est alphabétisée, celle du Sud comprend une part importante d'analphabètes car la scolarisation est limitée.
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Le taux d'analphabétisme dans le monde
Le taux d'analphabétisme dans le monde
Les inégalités sociales (entre les personnes) et les inégalités spatiales (entre les régions) sont plus accentuées dans le Sud.
II. Le Nord : les pays développés
1. Quels sont les pays du Nord ?
• Le Nord est dominé par la Triade qui regroupe les grands pôles économiques du monde :
– Au classement par pays, les États-Unis sont la première puissance économique mondiale. Ils se classent au premier rang des puissances agricoles et des puissances industrielles. Leur domination dans les domaines clefs (informatique et télécommunications) et leur maîtrise de la haute technologie leur permettent d'être bien placés dans les échanges mondiaux. Depuis 1991, ils connaissent une croissance économique continue.
– Le Japon possède une industrie puissante, malgré la crise récente. Il a énormément investi en Asie du Sud-Est.
– L'Union européenne, qui regroupe vingt-cinq pays depuis 2004, représente à cette date 7,2 % de la population mondiale mais produit 20 % de la richesse mondiale, ce qui la place à la première place devant les États-Unis (15 %). Elle assure 38 % du commerce mondial.
• Les pays de l'ancien monde communiste étaient autrefois considérés comme des pays développés. À partir de 1990-1991, ils ont adopté l'économie de marché mais l'adaptation s'avère difficile (agriculture peu productive, industrie peu variée, infrastructures parfois limitées, retard technologique). Il faut cependant distinguer les anciennes démocraties populaires d'Europe de l'Est (l'IDH de la Hongrie est de 0,837 en 2004, celui de la République tchèque, de 0,867) des ex-Républiques asiatiques de l'URSS (l'IDH du Tadjikistan est de 0,677), ces dernières étant désormais considérées comme faisant partie du Sud.
2. Les facteurs de la richesse du Nord
Les pays du Nord sont des États anciennement industrialisés et leurs atouts sont multiples.
• Ils sont les grands investisseurs de la planète. Les principaux mouvements de capitaux ont lieu entre les trois pôles de la Triade. Les pays du Nord disposent donc des capitaux nécessaires pour mieux s'intégrer dans les échanges mondiaux, moderniser sans cesse leur économie et favoriser le développement de la recherche.
• La maîtrise de la technologie de pointe est capitale aujourd'hui. Les pays industrialisés détiennent 90 % du potentiel scientifique mondial. Les États-Unis, par exemple, comptent 7,4 chercheurs pour 1000 habitants, soit plus de deux millions. Ils contrôlent bien souvent la diffusion des découvertes dans le reste du monde.
• Leur dernier atout est constitué par les FMN ou firmes multinationales : elles produisent 40 % de la richesse créée chaque année. Toutes appartiennent aux pays du Nord.
3. Les contrastes du Nord
La pauvreté n'est pourtant pas absente des pays du Nord. Les États développés comptent une centaine de millions de pauvres et environ cinq à dix millions de personnes sans domicile fixe. Avec la mondialisation s'est en effet développée la concurrence. Elle s'accompagne du développement de l'emploi précaire, voire du chômage dans le cas de l'Europe. La pauvreté dans les pays riches varie selon le sexe, l'âge, la région habitée et n'est pas la même à la ville ou à la campagne.
III. Des « Sud » très divers
L'expression « tiers-monde », utilisée depuis 1952 pour désigner les pays peu ou pas développés n'appartenant à aucun des deux blocs (Est ou Ouest), ne correspond plus vraiment à une réalité. Cet espace présente une très grande diversité.
1. Les NPI
• Les NPI sont les nouveaux pays industriels. La première génération d'entre eux (Corée, Singapour) a développé son industrie grâce aux investissements étrangers. Ils se sont spécialisés dans les produits vendus sur le marché mondial. Ils ont rejoint, aujourd'hui, les pays développés. La deuxième génération de NPI (Viêt Nam, Thaïlande, Indonésie) connaît une forte croissance mais son développement n'est pas encore complet.
2. Les pays intermédiaires
L'expression utilisée pour les désigner, « pays émergents », recouvre une grande variété de situations.
Le Brésil est un pays puissant (son PNB est le 12e mondial) mais mal développé (il est au 65e rang en termes d'IDH). Il y subsiste de fortes inégalités entre les hommes et la mise en valeur de l'espace y est déséquilibrée : la région du Sudeste concentre l'essentiel des hommes et des activités.
La Chine connaît une forte croissance mais les inégalités y restent très fortes, en particulier entre les paysans du centre et les habitants des villes du littoral (où sont concentrées les zones d'économie spéciales, les ZES). Elle présente de plus l'un des traits caractéristiques du sous-développement : une relative dépendance technologique. Encore un peu en retrait, l'Inde connaît un essor du même ordre et pourrait devenir une autre « puissance nouvelle » dans les années à venir.
3. Les pays pétroliers
• Grâce à leurs ressources naturelles (gaz, pétrole), ce sont des pays riches. Pour autant, leur développement n'est pas achevé : le secteur industriel y est très peu étendu. Par ailleurs, l'accès à l'éducation n'y est pas toujours assuré à tous, en particulier aux femmes (dans les pays du Golfe notamment).
4. Les pays moins avancés
• La situation des PMA est très difficile. Ils sont très nombreux en Afrique subsaharienne (Mozambique, Niger) mais existent aussi en Asie (Bangladesh). Encore touchés par la sous-alimentation, ils comptent parfois plus de 50 % de pauvres (Éthiopie). L'accès à l'hygiène, aux soins et à l'éducation y est limité.
• Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l'instabilité politique, le manque de scrupules des dirigeants, la croissance rapide de la population qui absorbe toute augmentation des richesses, le manque d'investissements, la dépendance vis-à-vis du Nord et une explosion urbaine mal maîtrisée qui renforce la misère. L'évolution des PMA est préoccupante : ces pays sont quasiment à l'écart des échanges internationaux.
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