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Les mutations de l'industrie française

L'industrie française se classe au au 3e rang européen et au 5e rang mondial. La crise économique a cependant mis en avant les faiblesses dont souffre ce secteur d'activité. Sous l'effet de la mondialisation des échanges et des mutations technologiques, l'industrie française est amenée à se transformer profondément.
Quel est le poids de l'industrie dans l'économie ? Comment évoluent les différentes productions industrielles ? Quelles sont les conséquences de ces transformations sur l'espace industriel ?
I. Un secteur en déclin ?
1. Son poids économique
• L'industrie occupe une place importante dans l'économie française. Elle fournit 26,4 % du PIB (en 2004). Représentant 15 % de la production européenne, soit 5 à 6 % de la production mondiale, les produits industriels français participent des excédents de la balance commerciale française. Le secteur secondaire emploie 24,4 % de la population active (en 2003).
2. Les difficultés
• La crise économique a sévèrement touché plusieurs secteurs de l'industrie traditionnelle (sidérurgie, chantiers navals) entraînant un ralentissement de la croissance, la fermeture d'entreprises et l'augmentation du chômage. 1,5 million d'emplois ont disparu entre 1980 et 2000. Certaines régions (notamment le Nord et l'Est) ont été particulièrement affectées par la désindustrialisation. La forte demande liée au développement de la Chine a toutefois permis à la métallurgie de redresser un peu la tête à partir de 2003.
• L'industrie française présente un certain nombre de faiblesses.
  • La gamme des productions est assez étendue mais présente peu de spécialisation : la France occupe rarement la première place dans un secteur précis. Pour certains produits, enfin, la France dépend de l'extérieur (motocyclettes, machines, électronique grand public).
  • La recherche-développement a été longtemps négligée. Les liens avec l'entreprise restent insuffisants et la formation de la main d'œuvre n'est pas toujours adaptée.
  • L'originalité de l'industrie française (une partie des entreprises appartient à l'État) a parfois freiné les mutations, la liberté d'action des entreprises publiques étant plus restreinte. Le désengagement de l'Etat depuis une quinzaines d'années tend cependant à réduire cette forme de rigidité.
3. Face à la mondialisation
• En soumettant l'industrie à une concurrence de plus en plus forte, la mondialisation l'oblige à se transformer.
• Les entreprises se concentrent pour accroître leur taille, devenir plus compétitives et pénétrer plus facilement les marchés étrangers. La situation en 2002 est assez moyenne : la France ne compte que 4 entreprises industrielles parmi les 100 premières (Total Fina, PSA, EDF et Suez).
• L'industrie s'internationalise : la France investit essentiellement dans les pays du Nord mais délocalise une partie de ses activités industrielles dans les pays en développement ou en Europe de l'Est. Aujourd'hui, la France compte une vingtaine de multinationales capables de s'imposer sur les marchés extérieurs (comme Alstom, Renault, l'Oréal, Saint-Gobain, Danone, LVMH, etc.).
II. L'évolution des secteurs
1. Les industries traditionnelles
Les industries traditionnelles ont été fortement touchées par la crise économique, victimes notamment de la concurrence des NPI (nouveaux pays industrialisés).
• La sidérurgie : après avoir enregistré un net recul de la production à la fin du xxe siècle, le secteur restructuré et dopé par la croissance des nouvelles puissances d'Asie (Inde et Chine) ou des pays d'Europe de l'Est, se redresse. Il reste fragile, mais il a trouvé son équilibre.
• Le textile et la confection ont connu un déclin qu'accentue la libération des marchés survenue en 2005. La concurrence de la Chine déstabilise la production française.
• Les industries de la mode et du luxe se distinguent. L'Oréal est leader mondial : premier exportateur de parfums et de produits cosmétiques, le groupe représente 35 % des parts du marché mondial.
2. L'industrie automobile
• L'automobile reste encore un secteur influent de l'économie. Nettement dominé par deux groupes, Renault et PSA (Peugeot), ce secteur a connu des périodes de crise et de restructuration (fermeture d'usine, licenciements, dans les années 1980). Les performances des marques françaises dans les compétitions internationales (pneus Michelin, moteurs Renault, Peugeot et Citroën en rallyes) permettent à la France de battre des records de vente en 2003, avec 5,7 millions de véhicules, et de réaliser 10 % des ventes mondiales.
3. Les industries de pointe
• Depuis une dizaine d'années, de gros investissements sont consentis pour développer la recherche, la France semblant aborder avec retard la troisième révolution industrielle. Le rôle de l'État reste prépondérant dans certaines industries comme l'aéronautique et l'aérospatiale où la coopération au niveau européen joue aussi un rôle important. Aujourd'hui, EADS occupe la troisième place mondiale dans le secteur de l'aéronautique. Ariane Espace est leader dans son domaine. Dans celui des télécommunications et des technologies de l'information, la France comble petit à petit son retard.
4. Les IAA
• Les industries agroalimentaires (IAA) comprennent à la fois les productions vendues en l'état (céréales, vin) et les produits transformés (viande, biscuits, produits laitiers, huile, sucre, boissons et tabac, conserves). Elles constituent le premier secteur industriel en France (22 % du chiffre d'affaire national en 2002) : le pays est ainsi devenu le premier exportateur mondial de produits agroalimentaires, devant les États-Unis. Les industries agroalimentaires créent de nombreux emplois (3e employeur de France), malgré certaines difficultés en partie liées à la pression des géants de la distribution.
5. Chimie, pharmacie et transformation des métaux
• Saint-Gobain est le premier producteur mondial pour la production de verre. La France développe aussi ses activités dans la plasturgie (2e rang européen). Dans les domaines de la chimie et des industries pharmaceutiques (Aventis), les chiffres d'affaires réalisés sont parmi les meilleurs de l'industrie et place la France au 3e rang européen.
III. Les mutations de l'espace industriel
1. De nouveaux facteurs de localisation
• Les anciens facteurs de localisation, comme la présence de matières premières ou d'énergie, jouent beaucoup moins. Les industries exigent désormais des salariés très qualifiés. La présence d'universités, de laboratoires de recherche ou d'une technopôle est déterminante. Les moyens de communication jouent également un rôle clé dans l'implantation des industries (la proximité par rapport à la mégalopole européenne est privilégiée). Toutefois, la mondialisation favorise les délocalisations vers les pays d'Asie ou d'Europe de l'Est. Les industries traditionnelles, comme le textile et l'électroménager, sont les plus touchées.
2. Quel espace industriel ?
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Les dynamiques de l'espace industriel français
Les dynamiques de l'espace industriel français
La coupure opposant deux France de part et d'autre d'une ligne Le Havre-Marseille est toujours d'actualité. L'Est regroupe la majeure partie des régions industrielles.
Il faut cependant distinguer différents types de région.
Les régions dynamiques. L'Île-de-France, la plus puissante, est dotée d'une industrie performante et diversifiée (industries de luxe, de pointe, chimie, automobile). Elle bénéficie de la présence de Paris qui concentre les pouvoirs de commandements. Rhône-Alpes est la deuxième région industrielle de France. Son dynamisme repose à la fois sur les industries chimiques, les biens d'équipement industriels et les hautes technologies (technopôle de Grenoble-Meylan).
Les vieilles régions industrielles. Le Nord, fortement touché par la crise, paraît réussir sa reconversion : de nouvelles activités s'installent (automobile, avec Toyota, aluminium, avec Péchiney), des technopôles (Villeneuve d'Ascq) attirent les industries de haute technologie. La Lorraine en revanche souffre encore des effets de la crise (effondrement de la sidérurgie), malgré les tentatives de reconversion.
Les régions montantes. L'Ouest a rattrapé une partie de son retard, mais reste handicapé par sa situation périphérique par rapport à l'Europe. Le Sud connaît un nouveau dynamisme. La présence de technopôles (Sophia-Antipolis), le développement des industries de pointe (IBM à Montpellier), les investissements étrangers et le cadre de vie (héliotropisme) expliquent ce phénomène. Cette région dispose en outre d'un bon réseau de communication. Il faut cependant noter que cette évolution concerne surtout les grandes agglomérations (Bordeaux, Montpellier et Toulouse).
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