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Marcel Pagnol, Le Château de ma mère

Énoncé

Dans son roman Le Château de ma mère, Marcel Pagnol fait le récit de son enfance. Dans cet extrait, il évoque les circonstances qui l'ont forcé à se réfugier dans une grotte.
« Nous étions parfaitement à l'abri, et nous narguions les forces de l'orage, lorsque la foudre, sanglante et hurlante, frappa la barre tout près de nous et fit tomber tout un pan de roche. Alors nous entendîmes craquer les troncs d'arbres que les blocs bondissants brisaient au passage, avant d'éclater, comme des coups de mine, sur le fond lointain du vallon. Cette fois-là, je tremblai de peur, et je reculai vers le fond du couloir. « C'est beau ! » me dit Lili. Mais je vis bien qu'il n'était pas rassuré ; il vint s'asseoir près de moi, et il reprit : « C'est beau, mais c'est couillon. – Est-ce que ça va durer longtemps ? – Peut-être une heure, mais pas plus. » Des filets d'eau commencèrent à tomber des fentes de la voûte ogivale, dont le sommet se perdait dans la nuit, puis un jet d'eau nous força à changer de place. « Ce qui est malheureux, dit Lili, c'est qu'on va perdre une douzaine de pièges… Et les autres, il va falloir bien les faire sécher près du feu, et les graisser, parce que… » Il s'arrêta net, et regarda fixement derrière moi. Du bout des lèvres, il murmura : « Baisse-toi doucement, et ramasse deux grosses pierres ! » Soudain terrorisé, et rentrant la tête dans mes épaules, je restai immobile. Mais je le vis se baisser lentement, les yeux toujours fixés sur quelque chose qui se trouvait derrière moi et plus haut que moi… Je me baissai à mon tour, lentement… Il avait pris deux pierres aussi grosses que mon poing : je fis de même. « Tourne-toi doucement », chuchota-t-il. Je fis tourner ma tête et mon buste : je vis, là-haut, briller dans l'ombre deux yeux phosphorescents. Je dis dans un souffle : « C'est un vampire ? – Non c'est le grand-duc(1). » En regardant de toutes mes forces, je finis par distinguer le contour de l'oiseau. Perché sur une saillie de la roche, il avait bien deux pieds de haut. Les eaux l'avaient chassé de son nid, qui devait être quelque part dans le plafond. « S'il nous attaque, attention aux yeux ! » chuchota Lili. L'épouvante m'envahit soudain. « Partons, dis-je, partons ! Il vaut mieux être mouillé qu'aveugle ! » Je sautai dans la brume : il me suivit. »
Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, 1957

Questions
I. Un récit de souvenirs
1. 
a) « Cette fois-là, je tremblai de peur... » À quelle personne est raconté ce récit ?
b) Quel personnage désigne-t-elle ?
c) Par conséquent, à quel genre de récit appartient ce texte ?
2. 
« Nous étions parfaitement à l'abri, et nous narguions les forces de l'orage, lorsque la foudre, sanglante et hurlante, frappa la barre tout près de nous et fit tomber tout un pan de roche. »
a) Qui désigne le pronom « nous » ?
b) Quels sont les temps des verbes ? Justifiez le passage d'un temps à l'autre.
3. Pourquoi, à votre avis, se souvient-il de cet épisode de son enfance ?
II. Scène d'orage
1. Par quel sens les personnages perçoivent-ils la foudre dans le passage « Nous étions parfaitement... » à « lointain du vallon » ?
Nommez et relevez le champ lexical utilisé.
2. 
« […] la foudre, sanglante et hurlante »
a) Quelle est la figure de style utilisée ?
b) Quel sentiment la foudre provoque-t-elle chez les personnages ?
III. Une apparition
1. À partir de « Il s'arrêta net, et regarda fixement derrière moi », quel événement attire l'attention de Lili ?
2. 
a) Les deux personnages ne réagissent pas de la même façon. Justifiez cette affirmation par les éléments du récit et des dialogues .
b) Qu'en déduisez-vous sur le caractère de chacun d'eux ?
3. Pourquoi le personnage dit-il : « Il vaut mieux être mouillé qu'aveugle ! »  ?
Réécriture
« Soudain terrorisé, et rentrant la tête dans mes épaules, je restai immobile. Mais je le vis se baisser lentement, les yeux toujours fixés sur quelque chose qui se trouvait derrière moi et plus haut que moi […] Je me baissai à mon tour, lentement […] »
Recopiez ce paragraphe en remplaçant le pronom « je » par « il » et effectuez toutes les transformations nécessaires.
Dictée
« À dix pas, il lança une pierre, et sauta en l'air à plusieurs reprises, les bras écartés, en poussant des cris sauvages. Je l'imitai. Tout à coup, il s'élança : je vis sortir du fourré un lièvre énorme, qui bondissait les oreilles droites, si grand qu'on voyait le jour sous son ventre… Je réussis à couper sa route. »
Marcel Pagnol, Le Château de ma mère, 1957

Rédaction
Sujet d'imagination
Sur le chemin du retour un nouvel événement se produit. Le narrateur poursuit son récit et fait part de ses émotions dans un texte d'une vingtaine de lignes.
Pour rédiger votre texte, vous respecterez les conseils suivants :
  • rédigez le récit à la première personne ;
  • rédigez le récit aux temps du passé ;
  • respectez les règles de l'orthographe, de la grammaire et de la conjugaison.
Sujet de réflexion
Vous organisez un voyage scolaire dans un pays européen. Certains élèves de la classe refusent d'y participer parce qu'ils ont peur. Avec quelques camarades, vous rédigez un discours, qui s'adresse à tous les élèves de la classe pour les convaincre de partir.
Pour rédiger votre texte, vous respecterez les conseils suivants :
  • rédigez un texte organisé autour d'au moins trois arguments illustrés par des exemples ;
  • écrivez un texte qui respecte la situation de communication ;
  • respectez les règles de l'orthographe, de la grammaire et de la conjugaison.
(1)Grand-duc : gros hibou, rapace.

Corrigé

Les conseils de l'enseignant
Le texte est un extrait de récit autobiographique ; il alterne passages narratifs et descriptifs, dialogues. Il faut observer le titre des rubriques pour mieux analyser le texte et trouver les réponses aux questions posées. Par exemple, la rubrique « Un récit de souvenirs » concernera le récit autobiographique, le narrateur, les temps du récit.
Questions
I. Un récit de souvenirs
1. 
a)  Le récit est raconté à la première personne du singulier, « je » (« tremblai », « reculai »).
b)  Ce pronom personnel désigne le narrateur, personnage principal du récit.
c)  Ce texte appartient au récit autobiographique, car le personnage, le narrateur et l'auteur sont une seule et même personne.
2. 
a) Le pronom personnel « nous » désigne le narrateur et son ami Lili.
b)  Les temps employés sont l'imparfait de l'indicatif (« étions », « narguions ») et le passé simple (« frappa », « fit »). L'imparfait exprime l'arrière-plan du récit, l'état dans lequel se trouvent les personnages ; le passé simple marque les événements de premier plan qui font progresser le récit, la foudre qui tombe et la chute des rochers.
3. Le narrateur personnage se souvient de cet épisode car il a eu très peur à cause de la violence de l'orage et à cause du grand-duc , .
II. Scène d'orage
1. Les personnages perçoivent la foudre grâce à l'ouïe. Nous notons le champ lexical du bruit : « orage », « foudre », « hurlante », « entendîmes », « craquer », « éclater », « coups de mine ».
2. 
a)  La figure de style utilisée est la personnification, car la foudre est couleur du sang et elle hurle, comme un humain ou encore comme un animal.
b)  La foudre, particulièrement violente et bruyante, provoque la peur chez les personnages : « je tremblai de peur » , « il n'était pas rassuré » .
III. Une apparition
1. L'événement qui attire l'attention de Lili est la présence d'un grand-duc, rapace dont il voit briller les yeux dans l'obscurité de la grotte.
2. 
a)  Lili ramasse des pierres pour se défendre au cas où le grand-duc les attaquerait ; il veille à ne pas faire de bruit, il murmure, il chuchote. Le narrateur est immédiatement terrorisé, avant même de savoir ce qu'il se passe : il craint que ce soit un vampire, puis redoute l'attaque de l'oiseau ; épouvanté, il s'enfuit.
b)  Le narrateur est plus peureux que Lili ; ce dernier se montre prudent, car il semble mieux connaître la nature, les animaux. D'ailleurs il admire la beauté de l'orage qui se déchaîne (« C'est beau ! » ). Il est plus réaliste car il se soucie des pièges qui vont être perdus ou abîmés par la pluie.
3. Le narrateur préfère être mouillé plutôt qu'aveugle : il choisit le moindre mal, le danger le moins grand. S'il est mouillé, il sèchera ses vêtements tandis que, si le grand-duc lui crève les yeux, il sera définitivement aveugle.
Réécriture
Soudain terrorisé, et rentrant la tête dans ses épaules, il resta immobile. Mais il le vit se baisser lentement, les yeux toujours fixés sur quelque chose qui se trouvait derrière lui et plus haut que lui […] Il se baissa à son tour, lentement […]
Dictée
Le texte est inspiré du récit de Marcel Pagnol, Le Château de ma mère : il présente donc les mêmes caractéristiques (récit à la première personne, imparfait et passé simple).
Les terminaisons des verbes du premier groupe au passé simple sont -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent : « il lança », (il) « sauta », « je l'imitai », « il s'élança ». Attention à ne pas oublier la cédille devant -a pour les verbes en -cer, lancer, s'élancer.
Les terminaisons des verbes du deuxième groupe et de certains verbes du troisième groupe au passé simple sont -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent : « je réussis » (réussir), « je vis » (voir).
Plusieurs verbes sont à l'infinitif car ils dépendent d'un autre verbe (pouvoir, devoir, savoir, laisser, etc.) ou d'une préposition : (« je vis ») « sortir », « à couper » (on peut remplacer ce verbe du premier groupe par l'infinitif d'un verbe du troisième groupe : interrompre, sortir).
Les adjectifs et participes s'accordent en genre et en nombre avec le nom qu'ils qualifient : « les bras écartés », « des cris sauvages », « un lièvre énorme… si grand », « les oreilles droites ».
Les déterminants sont une marque qui indique généralement le genre (masculin ou féminin) et le nombre (singulier ou pluriel) du nom ou du groupe nominal : dix pas, une pierre, l'air, plusieurs reprises, les bras écartés, des cris sauvages, du fourré, un lièvre énorme, les oreilles droites, le jour, son ventre, sa route.
Attention aux homonymes : et (et puis)/ es, est (être) ; l'air (qu'on respire)/ l'aire (la surface) ; à (préposition)/ as, a (avoir).
Rédaction
Sujet d'imagination
Nous nous élançâmes sur le sentier, le visage fouetté par le vent et la pluie qui redoublaient de violence. Pourtant, je ne sentais pas vraiment les averses qui trempaient nos vêtements ni les buissons qui, courbés par les bourrasques, griffaient nos mollets : la peur me poussait à fuir la grotte. Soudain Lili passa devant moi, me fit signe de le suivre. Quelques minutes plus tard, nous nous réfugiâmes dans une cabane de chasseur à moitié effondrée mais elle offrait quand même un abri suffisant pour nous protéger de l'orage. Le ciel s'obscurcissait de plus en plus, les gros nuages noirs filaient en déversant sur la terre des trombes d'eau.
Quel soulagement ! J'avais réussi à échapper au monstre qui allait me crever les yeux. Lili aussi reprenait son souffle après cette course éperdue. Les éclairs zébraient le ciel, le tonnerre grondait. L'orage s'éloignait puis revenait : il tournait inlassablement au-dessus de nous. Le crépuscule s'installait peu à peu. Soudain, entre deux coups de tonnerre, nous entendîmes un vacarme de branches cassées, une sorte de galop puis des grognements qui n'avaient rien d'humain. Aussitôt la panique m'envahit de nouveau : tous mes membres tremblaient, mon cœur s'emballa au point que je crus que ma poitrine allait éclater. Aucun doute ! Un nouveau monstre nous menaçait ! Je regardai Lili, qui s'était rapproché de moi, gagné par la même peur ; les mêmes frissons glaçaient sa peau. Quelle était cette bête ? J'imaginais une gueule énorme, des crocs pointus, des griffes acérées prêtes à nous déchirer… Nous percevions son souffle, son odeur. L'attaque était imminente… Comment nous défendre ? Lili semblait désemparé, sans ressources malgré sa connaissance de la nature, des animaux, de la chasse… Il cherchait désespérément dans sa mémoire pour savoir quel était cet animal. En vain. Il n'était pas question que je reste là au risque d'être dévoré par ce monstre inconnu piaffant et grognant. Lili avait deviné mes pensées. Nous bondîmes ensemble hors de la cabane et nous prîmes une nouvelle fois la fuite sous la pluie battante. Catastrophe ! J'avais à peine parcouru quelques dizaines de mètres, aveuglé par la pluie, je ne vis pas un gros caillou ; je trébuchai et chutai lourdement par terre. J'étais perdu ! La bête était sur mes talons, elle s'approchait tandis que Lili poursuivait sa course sans se retourner : il n'avait pas vu ma chute et n'entendait pas mes cris de terreur. L'animal s'immobilisa, je sentis son souffle sur ma tête. Un cri horrible, mêlé au coup de tonnerre, déchira l'obscurité… Puis plus rien, rien que le silence et le bruit de la pluie qui cessait enfin. J'osai lever les yeux… je découvris la face hideuse du monstre et je le reconnus aussitôt. Ce n'était que l'âne du Père Louis ! Il avait dû sauter la barrière de l'enclos, effrayé par l'orage et il avait battu la campagne.
Je poussai un soupir de soulagement, honteux de cette peur qui m'avait gagné deux fois dans cette journée mémorable. Bien entendu je ne racontai pas ma mésaventure à mes parents, de crainte qu'ils ne se moquent de moi !
Sujet de réflexion
Élèves de la 3e B, vous savez que le collège organise un voyage en Bulgarie, en octobre. Or, certains d'entre vous refusent d'y participer parce qu'ils auraient peur. Quelle est donc cette peur qui les gagnerait au point de redouter ce voyage de découverte d'un pays nouvellement entré dans la Communauté européenne ?
Peur de l'inconnu ? Mais alors, vous ne quitterez jamais votre ville ni votre région car l'inconnu se rencontre même en France. La Provence ressemble-t-elle au Nord ? La Bretagne à l'Alsace ? Bien sûr que non. Refusez-vous de partir en vacances en prétextant que vous ne connaissez pas l'endroit où vos parents vous emmènent ? N'êtes-vous pas contents finalement de vous dépayser, de découvrir d'autres horizons, d'autres paysages ?
Peur de la barrière de la langue ? Rassurez-vous, les élèves bulgares apprennent aussi des langues étrangères, notamment le français. Certes, ils ne le parlent pas encore parfaitement mais vous réussirez à communiquer. Et si le français ne suffit pas, il restera l'anglais, langue qu'ils apprennent également, comme vous. Alors, vous voyez bien que vous ne resterez pas isolés dans les familles qui vous accueilleront. Et puis les jeunes parviennent toujours à échanger, à se faire comprendre.
Peur d'une culture étrangère ? L'Europe se constitue sur le plan politique, économique. Les frontières ont été supprimées. Vous n'allez quand même pas les rétablir et freîner le rapprochement des jeunesses européennes ? La diversité culturelle ne doit pas effrayer, au contraire, elle doit stimuler notre curiosité, notre volonté de nous rapprocher de l'autre, de sa culture, de ses traditions. Certes, ce voyage risque de bousculer un peu nos habitudes, habitudes culinaires par exemple, mais n'est-ce pas un changement positif, enrichissant pour nous comme pour nos amis bulgares ?
Enfin, la Bulgarie n'est qu'à deux heures et demie d'avion, ce n'est pas le bout du monde. C'est un pays européen qui partage avec nous l'histoire de ce continent, un pays éloigné et proche à la fois qui mérite d'être découvert sans peur mais plutôt avec curiosité et plaisir.
Nous espérons que ces quelques arguments vous auront convaincus et auront fait naître en vous le désir, l'envie de participer à ce voyage.
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