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Le chômage : des coûts salariaux trop élevés ou une insuffisance de la demande ?

Introduction

Dans les enquêtes d'opinion, le chômage reste de loin la préoccupation majeure des Français et plus généralement des Européens. Alors que les statistiques montrent en France, depuis 2008, une remontée importante du nombre de chômeurs, la question des causes du chômage, de sa persistance et de la relative inefficacité des politiques mises en œuvre pour le combattre divise les analyses entre certains courants de pensée : le chômage est-il lié à des coûts salariaux trop élevés ou est-il le résultat d'une demande insuffisante et d'une croissance trop faible ?
1. Quelle est aujourd'hui la situation du marché du travail ?
• Le chômage massif a commencé à apparaître dans les pays développés à partir du milieu des années 1970. Depuis 30 ans, le taux de chômage en France n'est pratiquement jamais descendu au-dessous de 8 % de la population active. L'embellie de l'année 2008 a été de courte durée puisqu'en 2010, le taux de chômage est repassé au-dessus de 10 %. La croissance de la production est aujourd'hui trop faible pour assurer un emploi à l'ensemble des actifs. Ce chômage touche d'abord les personnes peu ou non qualifiées mais n'épargne pas certaines qualifications. Par ailleurs, les formes particulières d'emploi (emplois précaires, temps partiel…) se sont développées en touchant plus fortement les jeunes de moins de 25 ans, les femmes, les seniors de plus de 50 ans. On constate enfin une persistance du chômage de longue durée : en 2008, 38 % des chômeurs étaient au chômage depuis plus d'un an, la proportion atteignant 55 % pour les plus de 50 ans.
Exercice n°1Exercice n°2
2. Pourquoi des analyses divergentes des causes du chômage ?
• Le chômage est une réalité multiforme et il n'y a pas de consensus parmi les économistes sur les causes de ce dysfonctionnement. On peut, en simplifiant un peu le débat, opposer les explications des économistes libéraux (appelé aussi « néoclassiques ») et celle des économistes « keynésiens ». Les premiers centrent la réflexion sur le salaire analysé comme un coût pour l'entreprise, les seconds l'envisagent sous l'angle du revenu des ménages.
3. Le chômage est-il lié à un coût excessif du travail ?
• Les économistes libéraux considèrent les salaires comme une des composantes du coût de production de l'entreprise qui, de ce fait, se répercute sur le niveau des prix de vente. Dans les pays où existe un système de protection sociale, le coût salarial total pour l'employeur comporte plusieurs éléments :
  • le salaire brut, lui-même composé du salaire net versé au salarié et des cotisations sociales payées par le salarié ;
  • les charges patronales payées par l'entreprise.
• Coût salarial total = (salaire net + cotisations sociales salariales = salaire brut) + charges patronales.
• L'analyse libérale considère qu'un coût du travail trop élevé a des effets négatifs pour l'entreprise et pour l'emploi :
  • il dissuade l'embauche de salariés et incite au remplacement du travail par du capital technique (automatisation de certaines tâches par exemple) en détruisant alors des emplois ;
  • il peut conduire l'entreprise à des stratégies de délocalisation de ses activités vers les pays à faibles salaires en détruisant des emplois dans le pays d'origine (délocalisations industrielles par exemple) ;
  • il peut entraîner une perte de compétitivité des produits fabriqués par l'entreprise par rapport aux produits concurrents en raison de prix de vente plus élevés, ce qui fait perdre à l'entreprise des parts de marché et la conduit à réduire sa production et ses embauches de salariés ;
  • enfin un coût salarial trop élevé réduit la marge de profit de l'entreprise ce qui freine sa capacité à investir pour se développer et innover et rejaillit indirectement sur l'emploi de manière négative.
• Pour être rigoureuse, la comparaison des niveaux de coûts salariaux entre pays doit cependant prendre en compte les écarts de productivité : en effet, si dans un pays X, les salaires sont en moyenne deux fois plus élevés que dans un pays Y, mais que les travailleurs du pays X sont trois fois plus productifs que ceux du pays Y, le coût salarial par unité produite sera plus faible dans le pays X que chez son concurrent Y.
Exercice n°3Exercice n°4
4. L'insuffisance de la demande explique-t-elle le chômage ?
• Pour les économistes keynésiens, le salaire doit d'abord être analysé sous l'angle du revenu : il est en effet pour la majorité des ménages, la première source de revenus. Les salaires constituent, de ce fait, l'élément majeur de leur pouvoir d'achat et de leur capacité de consommation.
• Or, la consommation des ménages est la partie la plus importante de la demande de biens et de services qui, elle-même, conditionne le niveau d'activité des entreprises et donc l'emploi. En France, la consommation des ménages représente environ 60 % de la demande effective (demande solvable s'exprimant de manière monétaire).
• D'autre part, l'évolution de la consommation des ménages a une forte influence sur l'investissement des entreprises puisque celles-ci ne peuvent envisager d'investissements de capacité que si leurs perspectives de débouchés (les « carnets de commandes ») sont croissantes. Réduire les salaires aboutirait, selon les keynésiens, à déprimer la demande de consommation et à réduire les perspectives de production des entreprises, donc leurs intentions d'embauche.
• Enfin, les cotisations sociales sont, certes, un coût pour l'entreprise, mais elles permettent le financement des prestations sociales qui constituent aujourd'hui en France environ 31 % du revenu disponible des ménages et concourent donc, de manière importante, au maintien de leur consommation.
Exercice n°5
Citation
• « Si les syndicats font augmenter le taux de salaire dans une profession ou une industrie particulière, ils rendent nécessairement le nombre d'emplois disponibles dans cette profession ou cette industrie moindre que ce qu'il aurait été autrement… Il en résulte qu'un nombre accru de personnes cherche du travail. »
Milton Friedman, économiste libéral, Capitalisme et liberté, 1976.
• « Le seul fait qu'il existe une insuffisance de la demande effective doit arrêter et arrête souvent l'augmentation de l'emploi avant qu'il ait atteint son maximum… L'insuffisance de la demande effective met un frein aux progrès de la production. »
John Maynard Keynes, Théorie générale, 1936.
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