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Nourrir les Hommes

Introduction

La gestion des ressources terrestres est au cœur du développement durable au même titre que les besoins vitaux des populations comme la nourriture.
Notre capacité à utiliser de manière durable les ressources terrestres pour assurer la sécurité alimentaire de la population mondiale est un enjeu majeur. Pour cela, il faut connaître les besoins des populations, les moyens de production existants et la façon de les améliorer.
I. Une demande croissante mais variable selon les endroits
1. Une pression démographique plus forte
• La population mondiale connaît une très forte croissance démographique depuis 100 ans. Une grande partie des pays du monde est en effet entrée dans la phase de transition démographique.
• Cette augmentation varie selon les pays. En effet, les pays du Nord ont déjà achevé leur transition démographique : leur accroissement naturel est plus faible et leur population vieillissante. Ils ne représentent plus que 18 % de la population mondiale.
• Les pays pauvres ne sont pas sortis de la transition démographique : leur population augmente rapidement et ils représentent 82 % de la population mondiale.
• Cette situation entraîne l'augmentation des besoins en nourriture dans le monde, en particulier dans les pays les plus pauvres en forte croissance démographique.
• La croissance de la production agricole mondiale a été plus forte que celle de la population. Pourtant le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation ne cesse d'augmenter depuis les vingt dernières années.
• Ce paradoxe est lié à de grosses inégalités dans l'accès aux filières de distribution de la nourriture et dans sa répartition.
2. Un accès inégal à la nourriture
• La sécurité alimentaire s'est globalement améliorée, mais pas partout. La production agricole internationale est suffisante pour nourrir la planète, mais sa répartition pose problème.
• Les pays riches et les villes sont de gros consommateurs de nourriture : ils concentrent de fortes densités de population. Situés au cœur des circuits économiques mondiaux, ils accèdent facilement aux ressources. Ils peuvent donc importer une partie de leur nourriture. La disponibilité alimentaire des pays riches (3 300 Kca/ hab./ jour) dépasse largement la moyenne mondiale (2 500 Kca/ hab./ jour). Certains sont aussi de gros producteurs et exportateurs : ils sont en situation d'autosuffisance alimentaire.
• Les grands foyers de peuplement se trouvent aujourd'hui dans les « Suds » : à l'est et au sud de l'Asie en particulier. Ces régions du monde sont également ouvertes aux grands marchés internationaux. Elles importent de la nourriture, mais sont aussi productrices et exportent leurs produits agricoles vers les « Nords » pour avoir des rentrées financières leur permettant de se développer. Elles pourraient aussi être en situation d'autosuffisance alimentaire, et pourtant une part importante de leur population est sous-alimentée. Cependant la situation s'améliore.
• Les régions du monde où les populations ne peuvent compter que sur les marchés locaux et sur leur propre production (autoconsommation) pour s'alimenter vivent une situation plus fragile : elles dépendent de leur récolte et des conditions climatiques.
• C'est le cas d'une grande partie des populations de l'Afrique Subsaharienne. La situation de cette région du monde est inquiétante : en 2009, 32 % de la population souffrait de sous-nutrition avec des famines récurrentes. Une situation d'autant plus inquiétante que cette population va doubler dans les prochaines années.
3. Des modes de consommation différents
• Les modes de consommation et les habitudes alimentaires varient selon les régions du monde.
• Les pays occidentaux ont une alimentation riche, variée et abondante en viande. Ils sont en situation de suralimentation (3 300 kca/ hab./ jour, alors que 2 500 kca/ hab./ jour suffisent pour un individu moyen). Les problèmes liés au surpoids augmentent plus particulièrement dans la population la plus pauvre.
• Les pays les plus pauvres rencontrent davantage de problèmes de sous-alimentation (quantités insuffisantes de nourriture) et de malnutrition (rations alimentaires déséquilibrées avec des apports insuffisants en vitamines). Leur disponibilité alimentaire moyenne est de 2 100 Kca/ hab./ jour, en deçà de ce qui est nécessaire pour une personne. Mais leurs élites peuvent aussi souffrir de surpoids.
• La majorité des pays du monde n'a pas adopté le régime alimentaire occidental et consomme encore prioritairement des céréales.
• Les différents types de demandes, l'accessibilité inégale à l'alimentation se répercutent sur les systèmes de production.
Exercice n°1Exercice n°2
II. Des systèmes de production inégalement performants
1. Des contraintes différentes
• Le système de production varie selon le niveau de développement et les contraintes naturelles (sols fertiles, climat…).
• Les foyers de peuplement des régions où les sols sont fertiles et sans contraintes climatiques (Europe, États-Unis, Chine) ont développé leur agriculture de longue date et créé des paysages ruraux caractéristiques (openfields « champs ouverts », rizières, etc.). Ils ont défriché, augmenté leur surface agricole utile (SAU) et amélioré leurs techniques agricoles.
• Mais pour nourrir une population croissante, il faudra augmenter la surface de terres cultivées et améliorer les rendements agricoles (quantité produite sur une surface donnée), en particulier dans les pays pauvres.
2. Des systèmes de production intensifs au nord
• Les grandes puissances agricoles des pays développés (États-Unis, France) ont principalement une agriculture et un élevage productivistes et intensifs. Cette agriculture s'intègre à la filière agroalimentaire :
  • les industries chimiques fournissent des intrants aux agriculteurs (engrais, produits phytosanitaires…), les industries mécaniques, des engins agricoles modernes, les laboratoires de recherche, des graines et semences performantes ;
  • les entreprises agricoles, fortement mécanisées, fonctionnent avec très peu de main-d'œuvre. De plus, elles utilisent massivement l'irrigation pour améliorer leurs rendements. La productivité de ces entreprises est très forte (rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l'obtenir), de même que les rendements agricoles ;
  • la production est destinée en majorité à l'industrie agroalimentaire qui transforme les produits agricoles en produits consommables et fournit le circuit de distribution. Mais elle est aussi exportée.
• Ce type d'agriculture nécessite beaucoup d'investissements. Or, sur le marché international, les cours des produits agricoles ne sont pas toujours très élevés. Les gouvernements des pays riches subventionnent donc leurs agriculteurs qui peuvent vendre leurs produits à bas prix. Cette pratique est dénoncée par les pays pauvres, car elle crée une concurrence déloyale.
3. Agriculture vivrière et agriculture commerciale au Sud
• Dans les pays pauvres, les deux principaux types d'agriculture sont l'agriculture vivrière et l'agriculture commerciale.
• L'agriculture vivrière : les paysans produisent pour nourrir directement leur famille (autoconsommation). Les surplus, s'il y en a, sont vendus sur le marché local.
• Des pays pauvres ont aussi développé une agriculture commerciale destinée à l'exportation afin d'augmenter les rentrées financières et donc de favoriser le développement. Cette agriculture commerciale utilise davantage de moyens modernes (intrants), mais fait encore appel à la main-d'œuvre locale : les salaires étant bas, elle coûte moins cher que la mécanisation…
• Certains pays ont suivi le modèle des gouvernements asiatiques qui ont misé sur l'intensification des cultures par l'augmentation des surfaces irriguées, la mécanisation, l'utilisation de semences performantes et d'intrants : on parle de révolution verte. Mais beaucoup de problèmes subsistent.
• En misant sur l'agriculture commerciale, certains États ont négligé l'agriculture vivrière qui nourrit pourtant la population. Ils ne cultivent qu'un ou deux produits d'exportation (comme le café en Éthiopie) : ne produisant plus assez de variétés pour le marché local, ils doivent importer des denrées alimentaires. De plus, leurs exportations agricoles dépendent des cours des marchés internationaux et peuvent être concurrencées par l'agriculture subventionnée des pays riches.
Exercice n°3Exercice n°4
III. Comment produire de manière durable et plus éthique tout en respectant les ressources ?
1. Une pression accrue de l'agriculture sur les ressources qui pose problème
• L'intensification des cultures dans les pays riches et dans les pays pauvres agit sur l'environnement :
  • pollution des nappes phréatiques, des rivières et des littoraux avec l'usage des intrants ;
  • surexploitation des ressources en eau pour l'irrigation ;
  • artificialisation des milieux naturels (transformés en paysages ruraux) ;
  • érosion accélérée des sols avec la suppression des haies pour faire des champs ouverts plus facilement cultivables (openfields).
• La désertification menace également certaines régions touchées par le surpâturage comme le Sahel, au sud du Sahara.
• Pour augmenter la production, les paysans des pays pauvres augmentent les surfaces agricoles en défrichant des milieux naturels sensibles (déforestation, cultures sur brûlis – en défrichant par le feu).
• De plus, après certaines crises sanitaires comme la maladie de la « vache folle », l'usage des intrants, des produits phytosanitaires et des semences génétiquement modifiées fait débat et on s'interroge sur les risques pour la santé humaine.
2. Quelles agricultures durables ?
• De plus en plus de personnes pensent que l'agriculture intensive et productiviste a des limites.
• Aujourd'hui, deux tendances existent pour développer des agricultures durables. L'agriculture biologique refuse l'utilisation des intrants et des OGM Elle se pratique le plus souvent sur de petites surfaces agricoles avec des cahiers des charges contraignants. Mais ses rendements et sa productivité restent limités et les coûts de production sont élevés. Très populaire dans les pays développés et auprès des populations à haut niveau de vie qui peuvent payer plus cher leurs aliments, elle atteint avec difficulté des niveaux de production suffisamment importants pour remplacer l'agriculture actuelle.
• L'agriculture raisonnée prend en compte les problèmes d'environnement en limitant l'irrigation et l'utilisation des intrants au minimum, en recyclant les déchets, en préservant la biodiversité et les paysages. Elle assure aussi la traçabilité des aliments pour éviter les risques sanitaires. L'Union européenne préconise ce type d'agriculture et baisse les subventions des agriculteurs qui ne suivent pas ses recommandations. L'agriculture raisonnée s'approche, en fait, de l'agriculture productiviste.
L'utilisation des OGM engendre une polémique : leurs partisans pensent que leur utilisation permet d'avoir une agriculture durable en supprimant l'usage des intrants ; leurs opposants n'en veulent pas, car leur impact sur la santé et la biodiversité n'est pas encore mesuré.
3. Comment approvisionner le monde de manière éthique ?
• Au-delà de la question de l'agriculture durable, se pose celle d'une meilleure répartition des productions alimentaires dans le monde, respectant les producteurs des pays du Sud et l'environnement.
• Les régions productrices sont souvent loin des régions de consommation : les transports engendrent un coût environnemental et financier important. Les agrocarburants se sont beaucoup développés. La production se fait essentiellement dans les pays du Sud, avec des effets pervers, car elle utilise de grandes superficies agricoles qui ne sont plus réservées à l'alimentation humaine et fait augmenter les cours des matières premières agricoles.
• Certains préconisent plutôt une consommation de produits locaux, comme les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) en France, qui ont leur équivalent au Japon. C'est un système de vente directe du producteur au consommateur à l'échelle locale avec un cahier des charges précis.
• Le commerce équitable veut résoudre le problème des échanges inégaux en achetant à des prix plus élevés les produits des petits producteurs du Sud. L'objectif est d'améliorer leur niveau de vie par un meilleur revenu. Les marchandises sont revendues plus cher dans les pays du Nord, mais en évitant de passer par des intermédiaires qui feraient trop augmenter les prix.
• Ce type de commerce n'est pas encore très développé dans le monde.
Exercice n°5
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