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La décolonisation : la guerre d'Algérie

En une trentaine d'années (1945-1975), les empires coloniaux ont disparu. La vague de décolonisation commence en Asie, puis s'étend aux colonies africaines. Ces mouvements d'émancipation sont portés par une multiplication des critiques à l'intérieur des colonies, mais aussi au niveau international.
Isolées, les deux grandes puissances coloniales, le Royaume-Uni et la France, doivent faire face à une vague de décolonisations parfois compliquées : certaines se déroulent relativement pacifiquement (comme la fin de l'empire des Indes), d'autres tournent au drame, comme la guerre d'Algérie.
L'Algérie a un statut à part : conquise dès 1830, elle est constituée de trois départements français et fait à ce titre partie intégrante du territoire français. C'est aussi une colonie de peuplement qui compte un million de pieds-noirs (d'origine métropolitaine), pour 9 millions d'autochtones, essentiellement musulmans, et 150 000 juifs. Cette situation particulière va entraîner l'Algérie dans une guerre de décolonisation très violente. Il faudra huit ans pour que les trois départements français d'Algérie s'émancipent enfin et pour que leurs nouveaux dirigeants entament la transformation d'un territoire dévasté en un État-nation. Mais comment se reconstruire de manière durable et stable avec un héritage aussi lourd ?
1. Une radicalisation du nationalisme algérien en réponse à la politique française
• L'Algérie est une société profondément inégalitaire : les juifs ont obtenu la citoyenneté française en 1870, les musulmans ont dû attendre 1944. Mais leurs droits sont bafoués par le statut de 1947 qui donne aux pieds-noirs, minoritaires, le même nombre de députés que les musulmans neuf fois plus nombreux. Les élections sont de plus truquées : elles favorisent des musulmans pro-Français.
• Les indépendantistes algériens se sont renforcés et voient dans l'échec de la domination française en Indochine un encouragement pour se lancer à leur tour dans une lutte armée contre la France. Mais leur position s'est radicalisée dès le 8 mai 1945 lorsque les autorités françaises ont eu recours à la violence et massacré des milliers de personnes à Sétif et Guelma. Le 1er novembre 1954, la « Toussaint rouge », série d'attentats contre des intérêts français et des musulmans pro-Français, marque le début de la guerre d'Algérie. Le FLN (Front de libération nationale) va prendre peu à peu l'avantage sur les autres mouvements indépendantistes, en particulier le Mouvement national algérien créé en 1954 par Messali Hadj.
• À partir de 1956, après s'être contentée de donner des moyens à la police locale, la France se lance dans une politique de fermeté en Algérie : elle envoie le contingent. Au plus fort de la guerre, 400 000 soldats français (y compris des réservistes) seront chargés du « maintien de l'ordre » dans la colonie. Cette politique de répression est soutenue par le million de pieds-noirs algériens.
• Dans les deux camps, les cruautés se multiplient : massacres de civils musulmans pro-Français par le FLN, recours à la torture par des parachutistes de l'armée française, etc. La rupture est totale et aucune solution politique n'aboutit face à l'intransigeance des partisans de l'Algérie française et à celle des indépendantistes.
2. Une indépendance par les urnes mais un bilan humain terrible
• Sous la pression des pieds-noirs, de l'armée et de ses partisans, le général de Gaulle est rappelé au pouvoir en 1958, mais la situation est délicate.
• Le FLN ne réussit pas à s'imposer militairement face à l'armée française, mais gagne de plus en plus de partisans, jusqu'en métropole. À Paris, des travailleurs algériens favorables aux autres mouvements indépendantistes sont assassinés. La guerre d'Algérie oppose ainsi des Algériens partisans du FLN, du MNA ou de l'Algérie française (harkis) à la fois en métropole et dans la colonie. Pourtant, les journaux et les médias français ne parlent que « d'événements » en Algérie et non d'une guerre : l'opinion publique française n'a pas tout de suite pris conscience de la gravité de la situation. Peu à peu, les Français métropolitains se divisent eux aussi sur la question algérienne. D'autant plus que de jeunes appelés du contingent sont envoyés se battre en Algérie et que la presse finit par dévoiler les tortures pratiquées par l'armée française.
De Gaulle constate rapidement l'impossibilité de mettre fin à la guerre. Malgré l'opposition des pieds-noirs et la création de l'OAS (Organisation de l'armée secrète : mouvement terroriste clandestin des partisans extrémistes de l'Algérie française), il entame des négociations avec le FLN. En 1961, les Français approuvent à 90  % par référendum l'autodétermination de l'Algérie. Le processus d'émancipation aboutit à l'indépendance du pays lors des accords d'Évian signés en 1962.
• Le bilan de la guerre est terrible : plus de 25 000 soldats français et plus de 250 000 musulmans ont été tués.
3. Le FLN et l'armée algérienne s'emparent du pouvoir
• Politiquement, le FLN est le grand vainqueur de la guerre d'indépendance : en 1962, il a éliminé tous les mouvements rivaux et a triomphé de la puissance coloniale. Mais il est divisé en factions rivales. Il est finalement pris en main par Ben Bella, puis par le colonel Boumediene qui prendra le pouvoir avec l'appui de l'armée en 1965.
• La politique de l'Algérie indépendante est fortement influencée par la violence de la guerre de décolonisation. Elle se fonde tout d'abord sur une rupture totale avec la France : les pieds-noirs ont dû quitter l'Algérie à partir de 1961, de même que la plupart des harkis (Algériens partisans de l'Algérie française). Ceux qui n'ont pas pu fuir sont victimes de représailles : il y a des milliers de morts.
• Avec la Constitution de 1965, Boumediene met en place un régime autoritaire avec un parti unique (le FLN) et donne une place politique importante aux chefs militaires. L'Algérie se construit sans démocratie.
Exercice n°1Exercice n°2
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