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Valoriser et ménager les milieux

La potentialité d'un territoire est la confrontation de ses données physiques et des caractéristiques de ses milieux avec les demandes et besoins des sociétés qui l'habitent, associée à la possibilité de réaliser les aménagements nécessaires pour les satisfaire. De ce point de vue le territoire français a un énorme potentiel tant du point de vue des besoins de sa population en termes d'infrastructures de transport que de ses activités économiques, développées et variées.
Mais la densité d'occupation de la France confrontée aux aléas naturels ou technologiques auxquels elle est exposée génère des risques pour les populations, en particulier dans les régions ultramarines. La gestion de ces risques est un enjeu majeur, de même que la nécessité de protéger et de gérer durablement des milieux fragiles et convoités.
1. Les potentialités du territoire français
Un territoire favorable au développement des réseaux de transports
• D'un point de vue géographique et historique, la France est idéalement placée, au carrefour de nombreuses routes maritimes et terrestres. C'est le plus grand pays d'Europe et, du fait de son passé colonial, elle dispose de nombreux départements et territoires d'outre-mer qui lui assurent une présence sur tous les continents mais aussi sur les plus grands océans. Elle contrôle ainsi plus de 11 millions de km2 de zones économiques exclusives.
• Le territoire métropolitain en lui-même possède une triple ouverture maritime vers la Manche et la mer du Nord (la route maritime la plus fréquentée du monde : le littoral qui s'étend du Havre à la frontière belge fait partie du Northern Range), vers l'Atlantique à l'ouest et vers la Méditerranée au sud-est. Ces trois façades maritimes donnent à la France une ouverture mondiale et l'accès aux plus importantes routes maritimes internationales.
• La partie nord de la France est principalement composée de plaines et de vallées (Seine) qui favorisent les échanges vers l'axe rhénan et le Nord-Est de l'Europe (les plaines représentent les 2/3 du territoire). À l'Est et au Sud-Est, la chaîne des Alpes est depuis les temps préhistoriques un axe de pénétration et d'échanges vers l'Italie par les grandes vallées alpines. La vallée du Rhône forme un important axe de circulation entre la Méditerranée, les plaines du Nord de la France, et les Alpes. La chaîne des Pyrénées au sud, avec ses vallées en « culs de sac », est contournable par l'Ouest et l'Est.
• Pour toutes ces raisons, la France a toujours été un territoire très bien desservi et un espace de transit pour les principaux flux commerciaux et humains européens. Elle bénéficie ainsi d'un réseau de transport très dense et d'un désenclavement très poussé de la majorité de son territoire.
Des potentialités importantes pour les activités primaires, tertiaires et pour le tourisme
Le climat français est essentiellement tempéré : océanique sur la façade atlantique, plus continental à l'Est du pays, méditerranéen au Sud-Est. C'est un climat particulièrement favorable aux activités agricoles qui ont également pu se développer sur un territoire bénéficiant de vastes plaines aux sols fertiles et de plusieurs vallées de grands fleuves.
La France est une très ancienne puissance agricole, on peut même dire qu'elle est le grenier de l'Europe. Ses grandes plaines, propices à l'agriculture céréalière productiviste, sont complétées par une importante diversité de reliefs qui ont aussi permis le développement des cultures maraîchères et d'une viticulture réputée et lucrative.
Après des millénaires d'exploitation agricole et de défrichement, les milieux naturels n'existent plus vraiment en France, ils ont été remplacés par un paysage humanisé : champs et forêts plantées et exploitées par l'homme couvrent plus de 88 % de la superficie du pays. La superficie des espaces forestiers a par ailleurs doublé en 200 ans : les forêts françaises constituent ainsi le troisième massif forestier européen.
• Le potentiel industriel des milieux français semble a priori moins intéressant. La France possède peu de ressources minières et de produits énergétiques, en dehors du nickel de Nouvelle-Calédonie. Mais le territoire français a d'autres atouts : la mise en place de réseaux de transport denses de même que sa position géographique stratégique en Europe et son ouverture maritime ont été favorables au développement économique. Les matières premières minières et les matériaux de construction que l'on peut trouver en France ont aussi favorisé le développement industriel et la construction d'infrastructures et de bâti.
• La France n'a pas de pétrole (l'exploitation de schistes bitumineux est objet de débats) : elle a misé sur l'énergie nucléaire (84 % de l'énergie primaire), sur l'énergie hydraulique, et depuis peu sur les énergies renouvelables comme l'énergie éolienne (encore très minoritaire).
• La France possède un très riche patrimoine naturel et historique. Ses paysages attirent des visiteurs du monde entier : elle est la première destination touristique avec un très gros potentiel. Ce potentiel est également très important dans les territoires ultramarins essentiellement constitués d'îles tropicales, volcaniques, ou d'atolls.
Exercice n°1Exercice n°2
2. Fragilités et contraintes du territoire français
Des contraintes variées, des territoires soumis aux risques majeurs
• Les progrès techniques et technologiques, mais aussi le développement de nouvelles activités de loisir, ont considérablement limité les contraintes que les milieux naturels français faisaient peser sur les hommes et les activités. Les infrastructures de desserte en sont un parfait exemple. Des reliefs qui pouvaient être par le passé des obstacles difficilement surmontables ont été aménagés : tunnels, ponts, contournements ont facilité l'accessibilité de certaines régions autrefois enclavées.
Les pentes, la neige, restent des contraintes mais sont aussi des atouts touristiques dans le cadre du développement des sports d'hiver. Sans les supprimer totalement, les politiques d'aménagement ont du moins rendu les contraintes moins handicapantes pour les populations.
• En revanche, beaucoup de communes françaises vivent sous la menace de risques majeurs. On parle de risque lorsqu'un aléa naturel (évènement naturel imprévisible, mais probable, et potentiellement dangereux) peut se produire dans une zone humanisée : il n'y a pas risque si des populations humaines ne sont pas menacées.
La carte des zones à risque en France et dans ses territoires ultramarins est assez importante. Le risque d'inondation est le plus fréquent. Il concerne principalement des habitations situées à la proximité immédiate d'un cours d'eau ou construites sur des zones de polder en dessous du niveau de la mer. Or, les cours d'eau sont très attractifs, car ils concentrent hommes, activités et réseaux de transport.
Les risques sismiques et volcaniques sont également présents en France métropolitaine (Massif central), mais surtout dans certains territoires d'outre-mer (îles volcaniques). Dans ces régions tropicales, les risques climatiques sont aussi très importants (cyclones) de même que d'autres risques tels que les raz de marée.
Des enjeux importants pour les milieux fragilisés et convoités
• Tout ceci nous ramène à une des caractéristiques essentielle de l'occupation du territoire français : il est extrêmement humanisé. La pression démographique et la pression des activités (pression anthropique) s'exercent sur de nombreux milieux de plus en plus artificialisés et convoités.
Ainsi, le phénomène d'étalement urbain contribue au mitage et à la disparition de zones vertes et de zones rurales dans la périphérie des villes. Cette situation débouche d'ailleurs sur des conflits d'usages (tensions entre les différentes activités s'exerçant sur le même espace, par exemple l'extension de l'urbanisation et l'agriculture).
• Dans ce contexte, certains espaces sont particulièrement fragiles et convoités. Ce sont en particulier les espaces littoraux, forcément limités en superficie, et revendiqués par plusieurs acteurs et activités aux intérêts parfois contradictoires (promoteurs immobiliers voulant « bétonner » des espaces naturels préservés, développeurs voulant promouvoir un tourisme vert, ostréiculteurs voulant construire des locaux techniques sur des espaces intéressants pour les activités touristiques, etc.).
Dans certains territoires d'outre-mer, cette situation est parfois compliquée par une exploitation des ressources du sous-sol destructrice pour les milieux mais pourvoyeuse d'emplois (mines de nickel à ciel ouvert en Nouvelle-Calédonie représentant 95 % des exportations et plus de 6 000 emplois).
Les espaces montagnards sont également des espaces sensibles à protéger. Ils sont de plus soumis à certains risques (avalanches).
Exercice n°3
3. Les acteurs et les enjeux de la gestion des contraintes et des risques
Gérer les risques à plus ou moins long terme
La gestion des risques est un enjeu essentiel pour la France, et cet enjeu mobilise de nombreux acteurs à toutes les échelles : l'État, les collectivités territoriales, les établissements publics, les associations, les acteurs privés et l'Union européenne. Tous ces acteurs doivent aboutir à une gestion concertée des risques et à des stratégies efficaces pour y faire face.
• La première étape est la mise en place d'une politique de prévention des risques efficace. Pour cela, des Plans de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI) et des Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT depuis 2003) ont été élaborés. Ces derniers renforcent les dispositifs de la Directive Seveso.
Tous ces plans régulent l'urbanisation et interdisent la construction dans un certain nombre de terrains situés sur des zones à risque. Dans tous les cas, l'objectif de prévention et le principe de précaution sont mis en avant. Mais ces mesures n'arrivent pas toujours à temps : les inondations détruisent régulièrement des lotissements, les cyclones balayent régulièrement certains territoires ultramarins.
• Des aménagements sont également réalisés pour limiter l'impact des risques et prévenir les populations (digues, dispositifs de protection contre les avalanches, sirènes d'alarmes, etc.). Mais on privilégie aujourd'hui une gestion plus douce des milieux et plus respectueuse de leurs fonctionnement (on parle de « ménagement » en opposition aux « aménagements » qui ont un impact plus lourd sur le milieu).
• Lorsque le risque se transforme en catastrophe, les autorités peuvent aussi y faire face en mettant en place des moyens humains et matériels prévus à l'avance. La gestion des risques est plus facile dans un pays riche qui dispose d'importantes ressources financières.
Protéger les milieux fragiles et aller vers une politique de gestion durable
• Le « ménagement » des milieux est donc d'actualité. Ces derniers sont fragiles et nécessitent une politique active de protection. L'ambition affichée de la France est de mettre en place une politique de développement durable qui transparaît dans les accords du Grenelle de l'environnement en 2007. Mais les cadres de protection des milieux emblématiques existent depuis bien longtemps, avant même la création d'un ministère de l'environnement en 1971.
La politique de création de 10 parcs nationaux très protégés est au cœur des dispositifs de protection des milieux français (leur tracé fait parfois débat, comme c'est le cas pour le parc des Calanques actuellement). Elle sera complétée par la création de 10 parcs naturels marins. 46 parcs régionaux ont aussi été créés : ils ont pour objectif un développement équilibré des espaces ruraux. Enfin, des réglementations régissent plus précisément certains espaces naturels (loi littoral en 1986, loi montagne en 1985), ou inventorient les espaces naturels (ZNIEFF en 1982). Le conservatoire du littoral a été créé pour acheter et préserver les espaces littoraux remarquables menacés par les activités humaines.
• Cette politique française est complétée par une ambitieuse politique européenne qui multiplie les incitations en faveur du développement durable et de la protection des milieux. L'Union européenne « labellise » ainsi les villes qui ont des politiques durables (Nantes a obtenu le label). Elle finance des projets durables et le réseau Natura 2000 (1992) qui protège de nombreux sites en vue de la préservation de la biodiversité. Elle est aussi partie prenante dans des projets de protection transfrontaliers (Rhin, Alpes, etc.).
• À l'échelle mondiale, des conférences tentent de faire admettre une réduction des gaz à effet de serre (protocole de Kyoto en 1997), la préservation des zones humides (convention Ramsar) et la protection de la biodiversité (Nagoya). Mais le nombre important d'États présents et la mauvaise volonté de certaines grandes puissances (États-Unis à Kyoto, mais aussi pays émergents) mènent souvent à des échecs dans les négociations et à des résultats décevants (exemple type : Copenhague 2009). Pour l'heure, les conférences internationales aboutissent le plus souvent à des recommandations peu contraignantes au regard des enjeux.
Exercice n°4Exercice n°5
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